mercredi 4 novembre 2015

Tranches de vie

La semaine dernière Heure-Bleue et Liliplume nous ont offert de jolis textes avec un retour rapide sur leur enfance et un point sur le présent. J'ai trouvé ça très sympa et me suis dit que j'allais me prêter au jeu moi aussi, ça sera toujours mieux que de vous parler du temps qui est moche, de la boutique qui tourne au ralenti et de mes cours qui sont au point mort.

Au contraire de mes 2 blogamies, j'ai eu une enfance heureuse dont je ne garde que de bons souvenirs. 

C'est Metche qui m'a élevée dans mes premières années et ce n'est que vers l'âge de 6 ans que j'ai réellement rejoint mes parents à temps complet. Ma mère faisait ses études d'infirmière puéricultrice, elle prenait le train très tôt le matin, rentrait très tard le soir, il n'y avait pas de place pour moi dans cette histoire.

J'ai été choyée et gâtée... Metche et moi c'était fusionnel mais j'adorais Petche aussi, puis il y avait mon oncle Nono  avec qui je passais beaucoup de temps, il m'apprenait les animaux et surtout les oiseaux, on faisait de grandes promenades dans les dunes, je courais dans la mer insouciante du danger, alors il relevait ses bas de pantalons et venait me chercher...

J'ai ensuite rencontré mon amie d'enfance avec qui nous ne nous sommes pas quittées, c'était une belle amitié solide et sincère, un peu comme des soeurs, nous étions filles uniques toutes les 2 et partagions les mêmes passions pour la musique. Nous avons fait les 400 coups, ce qui donne de beaux souvenirs dont nous seules rions lorsque nous les évoquons.

A 9 ans j'ai eu un frère, j'étais trop contente et très émue, je n'étais plus seule... je m'en suis beaucoup occupée c'est là que je me suis rendue compte de la différence qu'il peut y avoir entre un enfant désiré et un enfant qui arrive par accident. L'accident c'était moi, l'enfant voulu c'était lui... ça n'a l'air de rien mais aujourd'hui encore ça laisse des traces, je vis avec plus facilement qu'avant finalement. Je me suis juste jurée de ne jamais faire de différence entre mes enfants.

Je n'ai pas fait les études que je voulais, j'ai fait la folle au lycée, puis j'ai rencontré le père de mes deux premiers enfants un jour dans une petite station de ski du Jura.... un coup de foudre, je le trouvais beau, il avait une voiture, il travaillait déjà. Il habitait en Normandie, il venait le week-end, le samedi midi il venait me chercher au lycée avec sa R 5, ça faisait bien à l'époque.

J'aurais pu partir vivre avec lui, comme ça.... mais mes parents avaient une situation qui faisait qu'il fallait se marier, ça faisait mieux vis à vis des gens, alors je me suis mariée, la robe blanche achetée à prix d'or chez Pronuptia, la belle fête et tout le St Frusquin. Un peu comme un conte de fée....

J'ai tout de suite trouvé un job, je travaillais comme secrétaire dans les Travaux Publics, j'aimais bien c'était sympa.... puis mon premier est arrivé, on a déménagé, on a acheté une maison, tout semblait si parfait.

J'ai changé de job, repris des études et réussi les concours de la fonction publique, j'ai eu ma deuxième, la maison était toujours là, une vie sympa, les vacances à la mer l'été, la montagne l'hiver.... j'ai obtenu un poste à responsabilité puis avec le temps, mon couple a commencé à battre de l'aile...

J'aurais pu rester, faire semblant, après tout on avait une baraque, de belles voiture, un peu d'argent... Monsieur batifolait de son côté, moi du mien.... on ne peut pas vivre comme ça.

J'ai rencontré mon binôme, ça n'a pas été le coup de foudre, je le détestais, je le trouvais macho, arrogant, nous n'avions absolument rien en commun, Je craquais juste sur ses yeux mais des yeux ça ne fait pas tout !!

Nous sommes allés en Israël pour un voyage d'étude et c'est là que tout a basculé. Les années qui ont suivi ont été compliquées, un divorce difficile qui n'en finissait pas, les enfants à protéger, et puis la délivrance enfin,  j'ai retrouvé le bonheur avec celui qui partage ma vie depuis 20 ans maintenant et de cette union est née ma dernière qui vit encore à la maison.

La suite, beaucoup d'entre vous la connaissent, ça a été notre aliyia et nos 8 ans de vie en Israêl puis un retour très douloureux à cause du boulot.

Je me suis souvent demandée ce que je changerais si je le pouvais.... 

Je crois qu'il ne faut pas ressasser le passé, les choses arrivent parce qu'elles doivent arriver, tout est écrit, je crois à un destin déjà tracé.

Je suis à plus de la moitié de ma vie, j'ai toujours autant de complicité avec mon binôme, nous 2 c'est très fusionnel. Mes deux grands ont leur vie, ils ont plutôt bien réussi,ça me rassure, il reste à trouver un fiancé pour ma deuxième mais elle est tellement indépendante que ça semble compliqué.  La dernière est avec nous, depuis la rentrée elle est plus sérieuse, j'avais rêvé de grandes études pour elle comme l'avait fait sa soeur, elle en était parfaitement capable mais après une année de seconde ou elle n'a fait que déranger la classe et des bagarres à n'en plus finir entre nous, je l'ai laissée faire ce qu'elle voulait, de l'alternance, ça lui plait énormément et les résultats sont excellents. Elle m'a promis d'aller jusqu'au BTS... je n'y crois qu'à moitié.... Mon grand-père me disait toujours, il n'y a pas de sot métier, le plus important c'est de faire ce que l'on aime.... 

Depuis 20 mois je suis mamie, j'espère pouvoir connaître mes autres petits enfants à venir et rester le plus longtemps possible avec mon binôme..... j'aspire à du calme et de la sérénité, choses que je n'ai pas en ce moment....., je voudrais voir New-York et aller rendre visite à mon beau frère qui vit à Bangkok (ça fait 16 ans qu'on ne s'est pas vus). Je voudrais retourner vivre en Israêl..... je voudrais tant de choses...... 

Je ne sais pas ce que l'avenir me réserve et c'est certainement mieux comme ça !! 

19 commentaires:

  1. Un joli bilan de vie avec de très nombreuses expériences.

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    1. Oui avec des hauts et des bas... je ne vais retenir que les hauts...

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  2. Et Jules, il est toujours arrogant ? Viens chercher ta viande à Rungis comme le fait un copain de l'Ours, on bavardera...

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    1. Non, il ne l'était pas vraiment mais c'est moi qui le trouvais comme ça, avant de le connaître vraiment... il avait la même idée de moi, j'étais snob, inabordable etc.... comme quoi parfois on se trompe sur les gens.... on essaiera de venir vers janvier ou février... je te le dirai

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  3. Enfance heureuse mais tout de même cette blessure d'avoir été rejetée par ses parents les six premières années, ce n'est pas rien ! Mon gendre a été élevé lui aussi par sa grand-mère russe à Moscou, il l'adorait. Ses parents venaient le voir le week-end. A cinq ans ils l'en ont arraché pour partir en Algérie (pays du père) et là bas ont eu deux autres garçons qu'ils ont élevé eux (avec, beaucoup, l'aide de l'ainé)

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    1. Je ne sais pas si c'est ça qui me blesse parce que j'ai vraiment été heureuse de vivre avec Metche mes premières années. Je crois que c'est la différence entre mon frère et moi et maintenant entre ses enfants et les miens qui m'affecte le plus... je ne comprends pas comment on peut privilégier un enfant à un autre....

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  4. Le rejet, je connais, la séparation aussi.
    Des vies pas toujours faciles mais qui sont remplies de bonheur!

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    1. Oui et les bonheurs n'en sont que plus intenses....

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  5. c'est un bilan que tu as su rendre positif !! une belle vie en somme

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    1. Peut-être mais mon retour en France reste un échec que je n'arrive toujours pas à digérer.

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  6. Tu t'en sors bien toi aussi de ce retour en arrière qui permet de te connaitre un peu plus.

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    1. Je ne sais pas.... j'ai tendance à voir le négatif et à occulter le positif alors que je devrais faire le contraire...

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  7. Je connais aussi le rejet j'ai couru après l'amour de ma mère longtemps, quand j'ai eu ma fille, je n'ai pas compris , ou j'ai tout compris, bref, je n'ai pas compris comment cette mère pouvait rejeter son enfant, moi , et j'ai laissé tomber, je me suis occupée que de ma fille

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    1. On ne peut pas parler totalement de rejet, ma grand-mère m'a gardée parce qu'elle faisait ses études d'infirmière.... c'est la différence entre frère et soeur, entre l'enfant désiré et l'enfant accident.... quand je lui en parle elle me dit que ce n'est pas vrai mais c'est un sujet brûlant... comme si on ne devait pas en parler, alors on est sur des non dits.... ce n'est jamais bon....

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  8. Alors comme ça, tu as batifolé...
    Finalement, on a tous des vies compliquées.
    Mais c'est bien. On pleure, on rit, on vit quoi...

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    1. Batifoler c'est pas bien compliqué tu sais !! C'est maintenant que ça serait plus dur, vu les dégats causés par l'âge.... mais ça tombe bien je n'en n'ai plus besoin !!

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  9. J'ai laissé un commentaire mais il n'apparaît pas...

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    1. Le commentaire était en attente, je ne sais pourquoi, des fois ça passe et des fois ça ne fonctionne pas...

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    2. Le commentaire était en attente, je ne sais pourquoi, des fois ça passe et des fois ça ne fonctionne pas...

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