mercredi 2 septembre 2015

LES RENTREES

Les photos de rentrée ont fleuri un peu partout sur le web et il y en avait pour tous les goûts. Sur Facebook il y avait des mamans rassurées parce que la première rentrée de leurs petits s'était bien passée, d'autres par contre semblaient très angoissées par un début de journée ponctué de pleurs et de déchirements.

On a toutes connu ça et je suis presque soulagée de ne plus devoir passer par ce stade des premières rentrées qui sont quand même très stressantes pour les mamans poules que nous sommes.

Les 3 rentrées de mes enfants ont été différentes. Pour mon premier c'était correct, il a un peu grogné les deux premiers jours mais ensuite tout est rentré dans l'ordre et heureusement parce que je partais travailler la boule au ventre. A cette époque j'avais la chance de pouvoir l'apercevoir durant la journée parce que la fenêtre de mon bureau donnait sur la cour d'école ça m'a beaucoup aidé. 

Pour ma seconde c'était plus compliqué. Elle sortait pourtant de crèche et allait retrouver des copines. J'ai pensé que ça ne serait qu'une formalité mais elle a beaucoup pleuré, ça a duré une quinzaine de jours, les séparations étaient terribles et j'étais désemparée. Plus je prolongeais le temps à rester près d'elle, pire c'était. On avait décidé, avec l'enseignante, que je ne devais pas m'attarder, ce que je faisais à contre coeur. C'était difficile, je quittais la salle de classe la larme à l'oeil et j'avais peur que jamais elle ne s'habitue. J'étais impuissante, j'avais beau lui expliquer encore et toujours, rien ne semblait s'arranger puis un matin elle n'a pas pleuré, le jour suivant non plus..... c'était gagné !!

L'épreuve la plus difficile a été pour ma dernière. Nous étions arrivés en Israël au mois d'août, elle venait d'avoir 3 ans et allait effectuer sa première rentrée à l'école Israélienne. Là bas on appelle ça le GAN.

Je dois avouer que j'étais en panique, elle allait intégrer une section avec plus de 30 petits, elle ne parlait pas un mot d'hébreu, on venait d'arriver et on n'avait pas encore trouvé nos marques, c'était vraiment l'inconnu.

On avait bien préparé R, on lui avait tout expliqué, en long, en large, en détails, plusieurs jours à l'avance, on était passés devant le Gan pour lui montrer, on lui avait dit qu'elle était tout près de la maison que c'était trop bien, bref, on avait mis le paquet pour la rassurer.

On a eu un peu de chance, l'Atsem parlait le français mais il était bien entendu qu'elle ne s'en servirait qu'en cas d'extrême besoin, le but étant que ma fille puisse tout de suite apprendre l'hébreu. Je crois qu'elle ne s'en est jamais servi ou si peu...... 

J'avoue que j'ai d'emblée détesté ce gan, il était à 2 maisons de la nôtre, c'était une grande villa qui avait été transformée pour accueillir des enfants, ce n'était pas fonctionnel et bien loin des normes de sécurité que j'avais connues en France (avant de partir en Israêl j'étais responsable du service scolaire de la ville où je bossais).

La rentée s'est bien passée à ma grande surprise. On a en plus trouvé une petite fille qui parlait le Français, pas correctement mais c'était suffisant pour que R puisse avoir un point de repère. Je ne suis pas restée longtemps avec elle parce que j'effectuais moi aussi ma rentrée à l'oulpan (classe ou on apprend l'hébreu). Mon binôme est resté  un petit quart d'heure supplémentaire puis il l'a laissée. Il était convenu avec la ganénette (l'instit) que s'il y avait problème elle l'appellerait.

Entre temps mon autre fille a fait sa rentrée au collège (dans un collège Israélien aussi) et tout s'est bien passé.  Cette année là, au lieu de mettre tout de suite le nouvel arrivant dans la classe où il doit être normalement affecté, l'éducation nationale ou peut-être la mairie je ne sais plus bien, avait décidé de faire des classes spéciales pour les nouveaux arrivants ce qui fait que ma grande s'est retrouvée avec tous les Olim et dedans il y avait des Français, ils se sont tout naturellement regroupés entre eux et aujourd'hui encore elle garde des contacts avec ses premiers amis, une est rentrée à Paris, l'autre vit toujours en Israël, il est marié et a un enfant. 

C'est le lendemain que les soucis ont commencé, simplement parce qu'après une première matinée de Gan, R savait maintenant à quoi s'attendre et la barrière de la langue s'est avéré être un sacré handicap. 

Il y avait de gros sanglots, de la peur aussi.... elle s'agrippait à moi et ne voulait pas me lâcher....  je l'ai laissée avec son père et je suis partie parce qu'il n'était pas question d'arriver en retard à l'oulpan. J'ai pleuré le long du trajet, remettant tout en question et culpabilisant parce que j'avais entraîné mes enfants dans cette aventure alors qu'ils n'avaient rien demandé.

J'ai douté encore et toujours et les pleurs journaliers de R dès le matin n'ont rien arrangé. Je n'avais plus qu'une idée en tête, tout arrêter et prendre la route du retour, remettre la petite dans une école où on parlerait français, où elle pourrait comprendre et s'exprimer,  je n'avais pas le droit d'imposer ça à mes enfants. Je n'avais pas réfléchi, quel était leur avenir ici, est ce qu'elles allaient s'en sortir, pourquoi j'avais fait ça, quelle mauvaise mère j'étais...... les questions qui ne servent à rien et auxquelles on pense une fois que tout est fait et que c'est trop tard !! 

Je m'en suis voulue encore et toujours et personne n'arrivait à me raisonner, même pas les 2 filles qui finalement au bout d'un bon mois avaient trouvé leurs marques et exprimaient leur joie de vivre dans ce nouveau pays.  La déprime s'était installée chez moi prenant racine pour au moins deux bonnes années.... encore aujourd'hui je me demande comment ça a pu m'arriver.

D'Israël je n'ai que trois ou quatre mauvais souvenirs et cette première rentrée en fait partie... ça me stresse rien que de l'écrire et si je devais revenir en arrière je pense que je ne pourrais pas l'affronter.... même si je sais que finalement quelques temps plus tard, tout était réglé et que les filles gardent des souvenirs mémorables de leur vie d'écolière, collégienne et même lycéenne pour ma deuxième et que bien sûr, elles ont adoré.

Aujourd'hui M a une licence et un master et elle bosse. Pour R c'est plus compliqué, après une année de seconde, elle a tout remis en question, elle effectuera une rentrée le 21 septembre dans une école à 100 bornes d'ici.... ça fera l'objet d'un prochain billet... parce que c'est encore des soucis en perspective et que c'est loin d'être gagné. R a subi de plein fouet le retour en France et ne s'est jamais vraiment habituée.

Sinon moi aussi hier j'ai fait une sorte de rentrée, j'ai repris mes cahiers, préparé mes plannings pour étudier et suivre les cours en live sur ma tablette, j'ai même voulu étudier un chapitre en biologie....  je n'ai pas réussi à me concentrer, au bout de 2 heures j'ai tout envoyé bouler... 

De ce côté là non plus c'est pas gagné.... 

17 commentaires:

  1. La rentree ici c est dans 15 jours pour les enfants,nous verront bien ;o)

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    1. Beaucoup plus tard que chez nous alors....

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  2. Toi tu en as eu trois, donc plus de souvenirs. Pour la mienne aucun souci pour sa première rentrée. Certaines autres ont été plus difficiles, mais dans l'ensemble tout était OK, je t'imagine très bien les larmes aux yeux. Tu as la même ici

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  3. J'allais à l'Oulpan en passant par Gan Meïr, j'habitais juste à côté, je ne garde pas un souvenir merveilleux de mon passage à l'Oulpan, pas de française.
    En revanche, il m'arrivait d'aller au Gan chercher les enfants d'une amie, ta fille n'aurait eu aucun problème, ça parlait français dans la cour...

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    1. Tu sais quand il n'y a pas de Français dans la classe d'Oulpan c'est peut-être mieux, ça nous oblige à tout de suite parler hébreu, sinon pendant les récré et même durant le cours, on se parle en Français. A Ashdod il n'y avait que des Français dans ma classe et juste une famille qui arrivait d'Inde.... Quand je retournerais en eretz, la première chose que je ferai sera de me réinscrire à l'oulpan pour parfaire mon hébreu.

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    1. Oui on en a tous connus plus ou moins....

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  5. Hihi, je t'imagine bien avec les couettes et les socquettes blanches devant ta tablette !!!
    J'imagine aussi combien ta fille a dû être perdue dans une classe où on parlait hébreu ! Mais si j'ai bien compris, depuis, non seulement elle s'est intégrée, mais en plus, c'est le retour en France qu'elle vit mal !
    Allez, courage, cette terre, vous l'avez dans votre coeur (et puis vous y retournerez) rien ni personne ne changera rien à ça !
    Donc bonne rentrée à la "maman" et à sa fille ;-) Bisous !

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    1. La pauvre oui elle était perdue, quand j'y pense ça me file des frissons. Me concernant c'est pas gagné, j'aime la pratique mais la théorie ça me gonfle grave, surtout la biologie et je manque de temps, je n'arrive pas à trouver le bon timing pour bosser à l'institut et étudier en même temps.

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  6. Haaa pas facile ces rentrées scolaires pour les petits Je remarque cependant et d'après les parents des enfants que nous avons eu à la crèche, que les rentrées se passent plutôt bien l. Après , il est vrai que dans le cas de R la barrière de la langue et le changement d'environnement a dû jouer en grande partie sur son sentiment de sécurité (les repères)
    pour moi pas de rentrée puisque pas partie en vacances encore mais ça arrive, finalement j'aime bien partir quand tout le monde revient ;-)
    bisous
    le Lion

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  7. Pas eu de soucis pour aucun de nous trois à nos rentrées des classes en Allemagne.
    Nous avons commencé à 2 ans et tout c'est fait tout seul!!!

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  8. Intéressant le récit de la rentrée de tes enfants... Je te l'ai déjà dit mais tu as bien du courage de reprendre le chemin de l'école. Courage

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  9. tu as eu du courage de supporter tout ça en t'en sentant coupable d'imposer ça à tes enfants. Et finalement ça s'est très bien passé. Comme quoi on se mine toujours à tort....

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  10. j'aime bien tes souvenirs de rentrée , Ysa . Un peu de nostalgie et hop !! On repart de plus belle !

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  11. A 100 bornes pour R ! Ben cela ne va pas être facile +++

    Bon courage pour ta "rentrée" ma Havera ...

    Pour moi, c'est bien loin tout ça d'autant que notre petite fille est loin et que pour elle "la rentrée" se fait les doigts de pied en éventail car elle est bonne élève.

    Gros bisous à tous trois

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  12. Parfois des moments difficiles à passer pour les petits, mais plus tard de bons souvenirs... bonne continuation, bonjour belge

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