mercredi 30 septembre 2015

LA BOUGEOTTE

J'avais pourtant juré que ça serait la dernière fois et que le prochain grand chambardement serait pour retourner en eretz !!

Non je ne fais pas un concours avec Heure-Bleue et le Goût, je crois qu'ils ont un peu d'avance sur ce coup là....

Ca me trotte dans la tête depuis un bon mois déjà et là je crois que ça se confirme, je n'ai plus envie de rester dans cette maison pour laquelle j'avais eu un gros coup de coeur il faut bien l'avouer.

Quand il y a trop de choses qui m'empoisonnent la vie j'ai envie de partir, c'est pas plus compliqué que ça, parce que comme tu le sais, je n'aime pas me forcer ni faire semblant, je n'emmerde personne et du coup je n'aime pas qu'on m'emmerde. J'ai besoin de me sentir bien chez moi et en sécurité, avec un minimum de confort et de fonctionnalité. 

Aucun de mes besoin n'est respecté et j'ai pourtant fait des efforts, sachant que la maison parfaite n'existe pas, sauf si tu la fait construire selon tes envies et encore parfois il y a des ratages.

J'ai supporté mes drôles de voisins, le bruit incessant, les cris, les hurlements des enfants, les portes qui claquent, le jardin dégueulasse, les chats pas nourris qui viennent squatter ma terrasse à la recherche de la moindre miette, la télévision qui crie à 3 h du matin, la vulgarité, la bêtise..... les enfants ont été enlevés et placés cet été, c'est un souci de moins mais le reste persiste et je suis en overdose.

J'ai supporté les fuites de la cave quand il pleut un peu de trop, on a changé trois fois les cartons qui sont posés au sol, on a écopé à 6 h le matin parfois 3 jours de suite. Ca ne fait pas partie des priorités du propriétaire, il faut vivre avec de l'eau dans la cave quand il pleut et comme ici il pleut souvent, je te laisse imaginer.... et bien j'ai décidé de ne plus écoper, ça restera en l'état....

J'ai supporté toutes les imperfections de la maison, imperfections qui s'accentuent avec le temps et qui pourraient être réglées, encore faut-il le vouloir, ça commence à faire, une maison ça vit, ça s'abîme avec le climat, avec le temps, ça bouge, ça travaille....bref quand on a une maison il faut l'entretenir si on veut la garder en bon état..... Nous avons décidé de ne plus rien faire, nous en avons tellement fait déjà.

Je ne supporte plus d'être réveillée 2 fois dans la nuit par le chien du deuxième voisin. Ce chien gueule sur son ombre, jamais les maîtres ne lui ont appris à se taire. On doit s'habituer à ses aboiements durant des heures lorsqu'il est dehors, on l'entend aboyer la nuit dès que quelqu'un passe dans la rue, il démarre au quart de tour au moindre bruit, ça peut durer 10 minutes parfois et 10 minutes la nuit c'est interminable. Les murs sont en carton, se sont de vieilles maisons, elles sont belles mais il faudrait revoir toute l'isolation.

Un peu plus loin des nouveaux sont arrivés, couple d'une trentaine d'années, 2 enfants qui jouent en hurlant, des parents qui hurlent aussi, un chien qui se prend des trempes phénoménales...... à côté d'eux, un mec qui met la musique à fond les ballons surtout quand c'est l'été.... il ne doit pas vivre sur le même fuseau horaire que nous..."ah bon ? ça gène les gens la musique dans le jardin à 2 h 00 du matin"..... 

Je pourrais écrire un roman.

On va laisser passer l'hiver puis au printemps on cherchera.... on ne trouvera pas la perle rare, elle n'existe pas. Je ne m'attache pas à une maison et pourtant je ne peux m'empêcher de penser à mon appartement de Yaffo, il n'était pourtant pas parfait mais qu'est ce que je l'aimais !! 


mardi 22 septembre 2015

LE GRAND PARDON



Les fêtes continuent....  ce soir c'est le début de Kippour et on enchaînera avec soukkot dans quelques jours.

Je suis restée à la maison, je prépare à manger pour  la rupture du jeûne demain soir. Je suis furax, je n'ai pas trouvé de poulet, je n'ai pas eu le temps d'aller à Anvers et à Lille au rayon cacher du Monop... il n'en restait plus un seul... ça me contrarie parce qu' à la sortie de Kippour on mange toujours du poulet farci que je prépare dans un bouillon auquel je rajoute des cheveux d'ange.... c'est ma belle mère qui faisait ça et j'aime bien perpétuer cette tradition.

Il faut croire que cette année rien n'est pareil.... on mangera autre chose... on s'y est pris trop tard.... j'oublie parfois qu'on est au bout du monde et qu'on est ravitaillés par les corbeaux. Dans ces moments là je rêve d'être à Paris, Lyon ou encore Marseille, ils n'ont pas ces soucis d'alimentation.

Kippour c'est le grand pardon avec le jeûne de 25 heures, le jeûne commence tout à l'heure à 19 h 32... ça va être chaud, on a une dernière cliente qui terminera son soin vers 18 h 50, le binôme devra ensuite nettoyer et après il ira récupérer la dernière à la gare (son train arrive à 19 h 20), le temps de rentrer ça nous laissera à peine 5 minutes pour manger.... on va certainement déborder sur l'horaire, mais on n'a pas le choix...... 

Puis viendra le temps de se déconnecter et je crois que cette année je vais l'apprécier tout particulièrement même si le jeûne de 25 heures est très compliqué. D'ailleurs je vais être obligée de boire afin d'éviter de me bloquer les reins comme l'année précédente et d'en subir les conséquences une semaine durant. 

La Synagogue n'est plus en service,  il doit rester une dizaine de familles juives dans le coin...

On est encore une fois tous les trois.... ça devient une habitude.... 

dimanche 13 septembre 2015

Nouvel an


Forcément bonne année ça le fait moins bien .... on dit shana tova et on se souhaite toutes sortes de voeux comme on le fait pour le nouvel an de l'année civile... sauf que dans le calendrier hébraïque, le nouvel an c'est au mois de septembre et que nous entrons dans l'année 5776.

Une prière pour commencer le repas de ce soir, un peu comme le seder de Pessah (Pâque juive) mais avec d'autres ingrédients (selon les traditions, ici c'est Sépharade)...

Ce matin je suis allée acheté des dattes, de la grenade, des pommes, de la courge, j'ai cuisiné du sucré, préparé quelques salades, du poisson..... j'ai ouvert mon beau pot de miel que je gardais pour les grandes occasions.

Ce soir on sera comme trois malheureux devant notre table... ils sont loin nos nouvel ans Israéliens où nous étions en nombre devant des mets succulents.... 

Ici il n'y a ni l'ambiance, ni les odeurs.... ni le climat d'ailleurs....

Et comme à chaque fête.... la nostalgie me reprend !! 

mercredi 2 septembre 2015

LES RENTREES

Les photos de rentrée ont fleuri un peu partout sur le web et il y en avait pour tous les goûts. Sur Facebook il y avait des mamans rassurées parce que la première rentrée de leurs petits s'était bien passée, d'autres par contre semblaient très angoissées par un début de journée ponctué de pleurs et de déchirements.

On a toutes connu ça et je suis presque soulagée de ne plus devoir passer par ce stade des premières rentrées qui sont quand même très stressantes pour les mamans poules que nous sommes.

Les 3 rentrées de mes enfants ont été différentes. Pour mon premier c'était correct, il a un peu grogné les deux premiers jours mais ensuite tout est rentré dans l'ordre et heureusement parce que je partais travailler la boule au ventre. A cette époque j'avais la chance de pouvoir l'apercevoir durant la journée parce que la fenêtre de mon bureau donnait sur la cour d'école ça m'a beaucoup aidé. 

Pour ma seconde c'était plus compliqué. Elle sortait pourtant de crèche et allait retrouver des copines. J'ai pensé que ça ne serait qu'une formalité mais elle a beaucoup pleuré, ça a duré une quinzaine de jours, les séparations étaient terribles et j'étais désemparée. Plus je prolongeais le temps à rester près d'elle, pire c'était. On avait décidé, avec l'enseignante, que je ne devais pas m'attarder, ce que je faisais à contre coeur. C'était difficile, je quittais la salle de classe la larme à l'oeil et j'avais peur que jamais elle ne s'habitue. J'étais impuissante, j'avais beau lui expliquer encore et toujours, rien ne semblait s'arranger puis un matin elle n'a pas pleuré, le jour suivant non plus..... c'était gagné !!

L'épreuve la plus difficile a été pour ma dernière. Nous étions arrivés en Israël au mois d'août, elle venait d'avoir 3 ans et allait effectuer sa première rentrée à l'école Israélienne. Là bas on appelle ça le GAN.

Je dois avouer que j'étais en panique, elle allait intégrer une section avec plus de 30 petits, elle ne parlait pas un mot d'hébreu, on venait d'arriver et on n'avait pas encore trouvé nos marques, c'était vraiment l'inconnu.

On avait bien préparé R, on lui avait tout expliqué, en long, en large, en détails, plusieurs jours à l'avance, on était passés devant le Gan pour lui montrer, on lui avait dit qu'elle était tout près de la maison que c'était trop bien, bref, on avait mis le paquet pour la rassurer.

On a eu un peu de chance, l'Atsem parlait le français mais il était bien entendu qu'elle ne s'en servirait qu'en cas d'extrême besoin, le but étant que ma fille puisse tout de suite apprendre l'hébreu. Je crois qu'elle ne s'en est jamais servi ou si peu...... 

J'avoue que j'ai d'emblée détesté ce gan, il était à 2 maisons de la nôtre, c'était une grande villa qui avait été transformée pour accueillir des enfants, ce n'était pas fonctionnel et bien loin des normes de sécurité que j'avais connues en France (avant de partir en Israêl j'étais responsable du service scolaire de la ville où je bossais).

La rentée s'est bien passée à ma grande surprise. On a en plus trouvé une petite fille qui parlait le Français, pas correctement mais c'était suffisant pour que R puisse avoir un point de repère. Je ne suis pas restée longtemps avec elle parce que j'effectuais moi aussi ma rentrée à l'oulpan (classe ou on apprend l'hébreu). Mon binôme est resté  un petit quart d'heure supplémentaire puis il l'a laissée. Il était convenu avec la ganénette (l'instit) que s'il y avait problème elle l'appellerait.

Entre temps mon autre fille a fait sa rentrée au collège (dans un collège Israélien aussi) et tout s'est bien passé.  Cette année là, au lieu de mettre tout de suite le nouvel arrivant dans la classe où il doit être normalement affecté, l'éducation nationale ou peut-être la mairie je ne sais plus bien, avait décidé de faire des classes spéciales pour les nouveaux arrivants ce qui fait que ma grande s'est retrouvée avec tous les Olim et dedans il y avait des Français, ils se sont tout naturellement regroupés entre eux et aujourd'hui encore elle garde des contacts avec ses premiers amis, une est rentrée à Paris, l'autre vit toujours en Israël, il est marié et a un enfant. 

C'est le lendemain que les soucis ont commencé, simplement parce qu'après une première matinée de Gan, R savait maintenant à quoi s'attendre et la barrière de la langue s'est avéré être un sacré handicap. 

Il y avait de gros sanglots, de la peur aussi.... elle s'agrippait à moi et ne voulait pas me lâcher....  je l'ai laissée avec son père et je suis partie parce qu'il n'était pas question d'arriver en retard à l'oulpan. J'ai pleuré le long du trajet, remettant tout en question et culpabilisant parce que j'avais entraîné mes enfants dans cette aventure alors qu'ils n'avaient rien demandé.

J'ai douté encore et toujours et les pleurs journaliers de R dès le matin n'ont rien arrangé. Je n'avais plus qu'une idée en tête, tout arrêter et prendre la route du retour, remettre la petite dans une école où on parlerait français, où elle pourrait comprendre et s'exprimer,  je n'avais pas le droit d'imposer ça à mes enfants. Je n'avais pas réfléchi, quel était leur avenir ici, est ce qu'elles allaient s'en sortir, pourquoi j'avais fait ça, quelle mauvaise mère j'étais...... les questions qui ne servent à rien et auxquelles on pense une fois que tout est fait et que c'est trop tard !! 

Je m'en suis voulue encore et toujours et personne n'arrivait à me raisonner, même pas les 2 filles qui finalement au bout d'un bon mois avaient trouvé leurs marques et exprimaient leur joie de vivre dans ce nouveau pays.  La déprime s'était installée chez moi prenant racine pour au moins deux bonnes années.... encore aujourd'hui je me demande comment ça a pu m'arriver.

D'Israël je n'ai que trois ou quatre mauvais souvenirs et cette première rentrée en fait partie... ça me stresse rien que de l'écrire et si je devais revenir en arrière je pense que je ne pourrais pas l'affronter.... même si je sais que finalement quelques temps plus tard, tout était réglé et que les filles gardent des souvenirs mémorables de leur vie d'écolière, collégienne et même lycéenne pour ma deuxième et que bien sûr, elles ont adoré.

Aujourd'hui M a une licence et un master et elle bosse. Pour R c'est plus compliqué, après une année de seconde, elle a tout remis en question, elle effectuera une rentrée le 21 septembre dans une école à 100 bornes d'ici.... ça fera l'objet d'un prochain billet... parce que c'est encore des soucis en perspective et que c'est loin d'être gagné. R a subi de plein fouet le retour en France et ne s'est jamais vraiment habituée.

Sinon moi aussi hier j'ai fait une sorte de rentrée, j'ai repris mes cahiers, préparé mes plannings pour étudier et suivre les cours en live sur ma tablette, j'ai même voulu étudier un chapitre en biologie....  je n'ai pas réussi à me concentrer, au bout de 2 heures j'ai tout envoyé bouler... 

De ce côté là non plus c'est pas gagné....