jeudi 27 août 2015

SMILE


Il y a 2 jours je suis allée chercher le pain, c'était une jeune fille qui servait, elle avait une gueule de con, un physique ingrat et bonjour, merci, au revoir elle ne connaissait pas. Le summum a été atteint quand j'ai osé lui demander une baguette pas trop cuite, alors là je te raconte même pas, je l'ai entendue souffler et si elle avait pu me dire que je la faisais chier, elle ne se serait pas gênée.


J'avais juste envie de lui enrouler la baguette autour du cou,  de lui enfermer la tête dans un grand sac de farine et de lui dire "rentre chez toi". 

Voilà un cas typique qui m'énerve au plus haut point parce que quand tu fais du commerce il faut avoir le minimum vital, à savoir la politesse et le sourire. Y en a qui malheureusement n'ont ni l'un, ni l'autre et qui sont cons de surcroît.... 

Si je te dis ça c'est parce qu'en ce moment j'ai l'impression qu'il y a une recrudescence de commerçants  qui font la gueule, mais aussi parce que je fais partie du cru, sauf que moi je ne tire jamais la tronche,  pas au boulot en tout cas et encore moins en présence des clients.

ALORS OUI, il y a la crise  -elle a bon dos finalement parce que dès qu'il se passe quelque chose dans ce monde, c'est à cause d'elle-.... 

OUI on a tous des problèmes, parfois on pleure sur notre chiffre d'affaires et on se demande si on va réussir à payer les charges qui ne faiblissent pas.....

OUI on a le droit d'être de mauvaise humeur parce qu'on s'est pris la tête avec un proche, un voisin, un passant, le patron ou autre....

OUI on a des problèmes personnels et personne n'a le monopole, certains semblent mieux lotis, d'autres en accumulent peut-être plus que nous.....

Mais quand on arrive sur le lieu de travail, on doit laisser les soucis dehors, et ça vaut encore plus quand on a un commerce, on doit être à 150 % pour les clients parce que ce sont eux qui nous font vivre, s'ils ne sont pas là, on peut mettre la clé sous la porte !! 

Il y a ceux qui ne semblent pas avoir compris ça et quand je les vois, j'ai juste envie de leur dire "laissez votre place, il y en a 10 qui attendent et peut-être qu'eux ils sauront sourire, c'est un minimum" ! 

Sans prétention aucune, je pense qu'on peut donner des leçons, on pourrait même être maîtres d'apprentissage  pour l'accueil des clients.... chez nous le sourire est toujours là,  on blague, on bichonne, on s'intéresse, on écoute... exit la mauvaise humeur, la morosité, même si parfois on aimerait se laisser aller..... 

Des soucis on en a comme tout le monde, ni plus, ni moins, on cumule les problèmes de travail avec les problèmes personnels mais durant nos 9 h 30 de présence à l'institut, on les occulte totalement, on les laisse à l'entrée de la boutique et on les reprend le soir en ressortant. 

Le Smile est là, on ne se force pas, c'est naturel, peut-être tout simplement parce qu'on aime ça et que lorsqu'on fait du commerce il faut aimer les gens, sinon ce n'est pas a peine, il faut faire autre chose.... 

Bon je te dis pas que de temps en temps j'ai envie d'estourbir le binôme quand il se trompe dans le planning. Il y a aussi des clientes énervantes, voir insupportables,  il faut savoir se contenir.... ce n'est pas facile, je suis du genre à me barrer en vrille rapidement.... 

Dans ces cas là je souffle un grand coup, puis au pire.... si j'estourbis quelqu'un.... promis, juré... ça sera toujours avec le sourire !! 

jeudi 20 août 2015

SUD.... SUD-EST

Quand on a adoré le premier livre d'un auteur, on redoute toujours un peu de lire le second, la peur de ne pas accrocher comme au premier, d'être un peu déçu même si on a une totale confiance en l'écrivain.... 

Je dois avouer que le prologue m'a quelque peu déstabilisée mais pas pour longtemps, dès les premières pages du chapitre 1 j'ai tout de suite trouvé mes repères et j'ai compris que Joëlle nous embarquait dans une sacrée embrouille qui serait pleine d'intrigues et de rebondissements innatendus.

L'histoire tourne autour de 4 personnages qui n'ont rien en commun à part peut-être des névroses obsessionnelles qui datent de l'enfance. 

Elisabeth, une écrivaine qui semble tout droit sortie d'un film d'Hitchcock, Philippe, un psychiatre de bonne renommée mais quelque peu arrogant,  Sabine, une mamie qui n'a plus toute sa tête et un gros bourru laissé en liberté malgré son lourd profil psychologique qui répond au singulier nom d'Isidore.

Rien ne pourrait rapprocher ces 4 personnages et pourtant....

Ils vont se retrouver embarqués malgré eux sur une route du Sud et cette épopée réservera bien des surprises et beaucoup de suspens. Elle permettra de découvrir le fond obscur de chaque personnage, de les rapprocher, -eux que tout sépare-, de s'y attacher un peu plus et peut-être d'apaiser leurs tourments et de trouver un sens à leur vie.

Joëlle a  un petit quelque chose d'Hitchcockien, Alfred se montrait souvent dans les premières scènes de ses films,  dans les livres de Jo, on retrouve toujours un peu d'elle dans le caractère de l'héroïne ce qui fait qu'on s'attache tout de suite même si parfois le personnage peut avoir des côtés déplaisants.

Comparaisons, emphases, hyperboles etc....  Joëlle multiplie les figures de style tout au long du livre et elle fait ça avec une telle aisance qu'on est parfois scotchés. 

Le livre est bien construit, elle passe d'un personnage à un autre sans jamais se perdre ni nous perdre. Les paysages et les lieux sont tellement bien décrits qu'on a l'impression d'être avec les 4 larrons sur cette route chaotique qui mène là ou Jo veut nous mener... sauf qu'on ne comprend pas tout de suite.... c'est ce qui fait tout le suspens... on croit être sur la bonne route et on se rend compte qu'on est complètement à côté.

J'ai vraiment aimé ce livre, peut-être encore plus que le premier. Je voulais le finir rapidement parce que j'avais hâte de connaître la suite mais arrivée à la fin, je ne voulais plus qu'il se termine.... trois jours après je suis toujours un peu avec Philippe Mancini, Elisabeth Dhoms, Isidore et Sabine.... c'est ce qui fait qu'un livre nous marque et qu'on l'apprécie... malgré la dernière page terminée, on est encore dedans....


"Seul on erre sans but
Quand on est deux on va toujours quelque part"


Ce sont les premiers mots du livre, je vous invite à le lire, vous ne serez pas déçus.

dimanche 16 août 2015

263 Prinsengracht - Amsterdam



"Un jour cette horrible guerre se terminera
enfin un jour nous pourrons être des êtres humains et pas seulement des juifs"
Anne Franck - 11 avril 1944



C'est un des lieux les plus visités d'Amsterdam, on a du mal à y croire et pourtant il faut se rendre à l'évidence, plus de 250 m de file d'attente et il paraît que c'est coutumier. Nous sommes les derniers au bout de la file mais nous ne le resterons pas longtemps.... autour de nous on entend parler espagnol, Italien, anglais, Néerlandais et même hébreu.

Nous allons passer plus d'une heure trente à attendre et avancer à la vitesse de l'escargot pour enfin parvenir à l'entrée de cette maison que je souhaite visiter depuis très longtemps. 

Plusieurs sentiments s'entremêlent quand on pénètre dans ce lieu et moi qui d'habitude suis si réceptive, il me faut attendre d'arriver sur le palier où se trouve la bibliothèque pivotante qui masque l'entrée de la cachette (qui est appelée aussi l'annexe) pour ressentir mes premières émotions et quand on pénètre dans la cachette il faut bien avouer que ça chamboule un peu.

Les pièces sont froides et plongées dans l'obscurité car toutes les fenêtres sont recouvertes d'un papier noir afin que l'appartement ne soit visible de nulle part.
Les pièces n'ont plus de meubles parce qu'après l'arrestation des familles, les nazis ont tout vidé. Lorsqu'en 1960 l'annexe est devenu un musée, Otto Franck, le papa d'Anne (seul survivant de la déportation) a souhaité que les pièces restent vide parce que ce vide symbolise l'absence laissée par les déportés. Il a fait fabriquer des maquettes afin que les visiteurs puissent visualiser l'aménagement de la cachette. 

Quand on a lu le livre, on arrive parfaitement à imaginer ; les actions ou conversations d'Anne Franck nous reviennent en mémoire et tout à coup on se rend compte qu'on déambule dans la cachette qui a abrité les 2 familles qui fuyaient les nazis. On n'est plus dans le livre d'Anne Franck, on est bien dans l'endroit, une réalité qui nous ramène plus de 70 ans en arrière,  on foule le sol qu'elle a foulé, on pose ses mains sur les murs de sa chambre ou elle a collé les photos de ses artistes préférés, certaines subsistent encore. On pose les yeux sur le vieux poêle qui n'a pas du beaucoup les réchauffer, il y a l'évier de la cuisine, le lavabo de la salle de bains, il reste même les Wc.... puis il y a la sous pente du grenier ou Anne aimait se réfugier pour rêver... la pièce est intacte, des vieux meubles y sont entreposés mais on ne peut pas y monter... on peut juste apercevoir une partie de ce grenier en se postant au pied de l'échelle. Combien de fois Anne l'a t'elle emprunté ?

8 personnes d'âges différents enfermées 24 heures sur 24 dans la pénombre, 7 jours sur 7, des mois, des années.....interdiction de faire du bruit durant la journée pour ne pas attirer l'attention des employés qui s'affairent en dessous dans l'entreprise d'Otto Franck et qui ignorent tout de leur clandestinité.

8 personnes qui doivent composer ensemble, dans une promiscuité perpétuelle, sans aucune intimité, 8 personnes qui vivent constamment la peur au ventre parce qu'elles redoutent d'être découvertes et arrêtées.

8 personnes qui dépendent les unes des autres mais surtout de 4 employés qui sont dans le secret, 4 employés qui sont chargés de les nourrir, de les protéger, de leur donner du courage et de l'espoir.... 

Et il y a Anne Franck,  une jeune fille talentueuse et courageuse qui ne peut pas vivre sa vie comme les autres adolescentes de son âge, alors elle s'évade en écrivant, c'est sa seule thérapie qui l'aide à affronter cet enfermement forcé. Cet enfermement qui lui permet de se maintenir en vie, pour une heure, un jour, un mois, une année ou peut-être pour toujours.  Elle ne baisse jamais les bras et elle dit "quand j'écris je me débarrasse de tout, mon chagrin disparaît mon courage renaît".

Sur un journal qui lui a été offert pour ses 13 ans,  Anne Franck noircit les pages, jour après jour elle raconte et décrit sa vie dans la cachette parce qu'elle veut, après la guerre, que cette vie soit connue de tous.

Dans l'annexe, le livre devient plus que réalité, s'il n'y avait pas tant de monde en train de tournoyer dans les différentes pièces, peut-être même qu'on pourrait entendre Anne Franck murmurer "faire du vélo, danser, siffler, découvrir le monde, me sentir jeune, savoir que je suis libre, voilà à quoi j'aspire"....

Le 4 août 1944, Anne et sa famille sont arrêtés, ils ont été dénoncés, par qui ? le mystère demeure... certains disent que c'est un voleur qui est entré dans l'entrepôt en dessous, il a entendu du bruit et prévenu la police,  d'autres pensent que la dénonciation viendrait de la famille d'un des 4 protecteurs..... 

Le 3 septembre 1944 les 8 personnes sont déportées.... Otto Franck sera l'unique rescapé.

Le 05 avril 1944 Anne écrivait "Je veux continuer à vivre, même après ma mort".... elle ne saura jamais à quel point son voeu est accompli, son journal fait partie des livres les plus lus dans le monde entier et sa maison transformée en musée ne désemplit pas.

Anne Franck est toujours là dans les photographies, les court métrages, les objets et je la vois écrire son journal ici au 263 Prinsengracht, une belle bâtisse qui surplombe le canal par un beau jour d'été. 



En face de la bâtisse du 263 Prinsengracht

lundi 10 août 2015

VACANCES

5 jours.... 5 petits jours de repos.... oui je sais ce n'est pas Byzance mais c'est quand même mieux que rien..... je me suis fait un planning d'enfer, afin de ne rien oublier, en oubliant simplement que quand on est en vacances il n'y a pas de planning, pas de programme, pas d'horaire, on fait ce qu'on veut !!

Mais cette année je ne fais pas ce que je veux, à part une journée ou deux où je vais lâcher prise, le reste est consacré au boulot de la maison, au grand nettoyage et retouches de peintures à l'Institut et à la préparation de la braderie qui a lieu le 15 août. 

Ce n'est pas réjouissant finalement, mais j'ai envie de regarder le côté du verre à moitié plein... on aurait pu ne pas fermer du tout.... puis faut savoir ce que l'on veut, quand on ouvre une boutique, il est difficile de pouvoir prendre des vacances la première année.... ça fera 8 mois déjà... il y a des hauts et des bas mais on ne lâche pas l'affaire....

Je suis fatiguée, physiquement et moralement parce que même en congés, on n'arrive pas à se déconnecter. Ces 8 mois sont passés si vite et ont été tellement intenses. J'aimerais penser que le plus dur est passé, qu'on a enfin trouvé notre rythme de croisière mais tout est tellement aléatoire.... 

J'aime ce que je fais, je crois que c'est le plus important, partir bosser et kiffer, même si c'est difficile, même si ça ne marche pas toujours comme on veut, quoi qu'il puisse arriver, au final on aura au moins essayé !!

Je rêve de plage et de soleil, ne rien faire juste lézarder... un jour peut-être... peut-être un jour....

Ca fait longtemps que je ne suis pas venue te visiter, j'ai 5 jours pour le faire et aussi pour décider si je continue ce blog ou si je le ferme définitivement, faute de temps ou peut-être parce que je suis désorganisée tout simplement. Je vois des tas de blogamies qui communiquent à longueur de temps, certaines ont plusieurs blogs, elles sont sur les réseaux sociaux en permanence et pourtant elles bossent elles aussi......je dois être plus con que la moyenne c'est pas possible ! 

Allez je file, j'ai une bonne odeur de cookies qui me monte au nez, ma grande fille est en train de cuisiner... ça fait du bien parfois de se faire dorloter....

See you soon