mercredi 29 avril 2015

Le Muguet

Quand arrive le 1er mai je pense toujours au muguet de Metche. Faut dire qu’elle en avait un sacré parterre, un carré près de la citerne qui en était rempli et qui semblait croître d’année en année si  bien que les fleurs s’échappaient de l’endroit pourtant bien délimité et finissaient par s’installer ailleurs. 

Quand tout fleurissait, c’était une explosion de blancheur et de senteurs qui me ravissaient.

Je guettais l’éclosion des clochettes avec délectation et la veille du jour J, j’avais l’autorisation de préparer un bouquet pour offrir à la maîtresse. En général  j’y  ajoutais une ou deux roses et je partais ainsi avec mon trésor bien empaqueté, d’un pas léger et fière comme Artaban.

J’adorais en mettre dans la maison,  Metche avait de petits vases que je garnissais, j’humais alors l’odeur des clochettes et j’aurais pu rester ainsi des heures durant tant j’aime les fragrances de cette fleur. La forme des clochettes m’émerveillait et leur blancheur m’éblouissait.

Le carré se vidait bien vite car beaucoup se servaient, le muguet de Metche était réputé, tout comme sa soupe, ses liqueurs de Framboise ou de groseille, ses strinjes (recette de petites gaufres flamandes que l’on prépare pour le nouvel an), ses tonnes de crêpes pour mardi gras, sa potée de pommes de terre et choux et plein d’autres choses encore que j’ai oubliées.

Metche avait un grand sens du partage, chez elle c’était innée, quand les visiteurs repartaient ce n’était jamais les mains vides, elle avait toujours un petit quelque chose à donner qu’elle avait elle-même préparé et le muguet n’échappait pas à la règle.  J’ai encore en mémoire les brins mis dans du coton mouillé et de l’aluminium…. « Pour ne pas qu’ils aient soif » disait Metche. 

Vendredi, quand mon binôme me ramènera mon muguet (j’espère qu’il n’oubliera pas sinon ça va râler) l’odeur de la fleur me ramènera en arrière et je ne pourrais pas m’empêcher de penser au parterre de Metche et à son muguet.

J’aime quand des actions, des odeurs ou des objets sont associés à des êtres chers qui sont partis, ça permet de ne pas les oublier et de penser à eux avec gaîté, même si je n’ai pas besoin de ça pour me rappeler.

mercredi 22 avril 2015

Les voisins ... le retour !!

En juillet on fêtera notre première année dans la maison, enfin normalement parce qu’une maison c’est souvent comme une rencontre avec l’autre, on a le coup de cœur, on s’enflamme mais quand on vit avec, petit à petit on constate ses défauts et certains semblent tellement rédhibitoires qu’on n’a plus d’autre choix que de lâcher l’affaire.

Je ne parlerais pas de la panne de la chaudière le 31 décembre, puis le 15 janvier, puis une nouvelle fois en février, encore moins de la cave inondée lors de fortes pluies…  du plancher qui semble s’enfoncer dans la chambre d’amis, des persiennes qui se bloquent parfois, de la terrasse qu’on doit refaire en entier et qu’on laisse en suspend pour l’instant….

Le problème majeur reste les voisins….. Je pensais naïvement que ça c’était calmé, mais ce n’était qu’un leurre, ils étaient simplement en sommeil  et l’arrivée des beaux jours les a réveillés. Si pour l’instant ils ne sont pas encore trop bruyant le soir parce qu’il faut se réveiller tôt le matin pour emmener l’ainé à l’école, je n’ose même pas imaginer ce que ça va donner cet été quand les vacances seront là.

Ils sont par contre très actifs depuis quelques jours, depuis que le soleil est là et qu’on peut s’aventurer dehors dans le jardin. J’ai eu un aperçu assez net dans la journée d’hier et ça ne laisse rien présager de bon.

Quelle idée aussi d’être à la maison alors que je suis censée bosser !!

Hier vers 13 h 00 je suis rentrée pour étudier, parce que j’ai des devoirs à rendre et que pour l’instant je survole plus ou moins le programme et qu’il faut absolument que je me mette sérieusement à la théorie. Le mardi et le mercredi sont des jours plus calmes à l’Institut, j’ai donc décidé, que ces jours là et en fonction du planning, je rentrerais pour bosser.

Ca m’a fait un bien fou de pouvoir prendre mon déjeuner sur le fauteuil devant les informations. J’avais ouvert la fenêtre en grand et je commençais à vraiment apprécier jusqu’au moment ou ça a commencé à hurler à côté. La famille beauf était dehors en train de préparer un barbecue qui m’a bien vite obligé à fermer ma fenêtre tellement les odeurs d’alcool à brûler m’incommodaient.

Le langage fleuri était de sortie, c’est bien simple on n’entendait qu’eux, et ça ne donnait qu’une envie, se boucher les oreilles pour ne plus entendre le débit de conneries.

Je suis montée vite fait dans mon repaire pour étudier, pensant que je ne les entendrais plus. Grave erreur parce qu’après le repas qui a bien duré plus de 2 heures, ils se sont mis à nettoyer le jardin. Le frère était venu à la rescousse et les 2 « gras double » s’activaient à coup de pelle et de gros rires visqueux se moquant de la maîtresse de maison qui elle-même était en train de vociférer sur le chien puis sur le gamin qui embêtait sa sœur et qui bizarrement n’était pas à l’école.

Ca a duré toute la journée, je ne te parle même pas des portes qui n’ont pas cessé de claquer, des cavalcades dans les escaliers, des cris des uns et des autres. A 18 h j’étais épuisée et je n’avais absolument pas réussi à étudier.

Ce matin je suis à la maison et je peux t’assurer que depuis 7 h 30 c’est déjà bien animé. La chance sera peut-être avec moi, le ciel est nuageux, il y a un peu de vent, ils devraient rester à l’intérieur.

Je n’ose pas imaginer ce que ça va donner cet été. C’est certain que je ne vais pas pouvoir supporter toute cette vulgarité et ce manque d’éducation, les cris incessants et les hurlements.

Tu crois qu'il y aura du déménagement dans l'air ?

mercredi 8 avril 2015

PESSAH

Pessah a des allures de grand n’importe quoi cette année, j’espère être pardonnée de ne pas avoir tout fait correctement ou plutôt d’avoir simplement fait ce que j’ai pu.

Il y a d’abord ce grand ménage et quand je dis grand ménage,  ce n’est pas seulement un petit coup d’éponge par ci, un coup d’aspirateur par là…. Non tout y passe, du sol au plafond, dans le moindre recoin des armoires….. On trie, on jette, on remplace, on lave et on chasse le moindre morceau d’aliment qui n’est pas autorisé à Pessah, on cashérise la vaisselle, le micro-ondes, le four, on nettoie à fond le frigidaire, le lave-vaisselle…..  bref, si tu veux t’inscrire pour les 12 travaux d’Hercule, tu as là un bon entraînement qui te laisse le plus souvent sur le flanc si tu n’es pas organisée.

Au matin du premier soir du seder, on brûle les derniers restes de hametz  (pain, farine et tout le St Frusquin) et la fête peut commencer, à nous le pain azyme, la fécule de pommes de terre et les restrictions alimentaires.

Pour l’instant je m’étais toujours tenue à ce genre d’exercice plus ou moins bien et si c’est harassant, une fois le travail terminé, on y trouve une sorte de bien-être, un peu comme un nouveau départ,, un semblant de sortie d’Egypte bis, sauf que là tu es certain de ne pas errer dans le désert durant 40 ans…. Quoi que……

Cette année, avec ce nouveau job et des horaires sur la corde raide, je n’ai pas pu m’organiser correctement, j’ai plutôt été débordée, n’ayons pas peur des mots, je n’ai absolument rien maîtrisé !!

Il a fallu faire les courses, comme on est ravitaillés par les corbeaux parce qu’ici il y a trois juifs qui se battent en duel, il faut faire des kilomètres. Le binôme est parti en catastrophe un jour avant la fête à Anvers pour aller s’approvisionner. Le GPS ne fonctionnait pas, Waze n’en faisait qu’à sa tête, bref, il a fait la tournée des grands ducs et au retour il a zappé une bretelle de sortie et il s’est retrouvé à Bruxelles.

Ensuite il a un peu merdé sur les courses. Je n’avais pas fait de liste mais après tant d’années où nous faisons le ravitaillement de pessah ensemble, j’ai pensé qu’il était grand maintenant pour se débrouiller tout seul….quelle idée……. Il n’a pas pris les trucs habituels, il a voulu innover et franchement ce n’est pas une réussite. Après l’énervement je me suis dit qu’il y avait plus grave dans la vie.

Nous avons fait le grand ménage dans la foulée en rentrant le soir, la cuisine simplement par manque de temps, c'était fatiguant, ça n'en finissait pas, une sorte de 10 plaies d’Egypte version minimisée.... je me suis baptisée de divers noms d’oiseaux puis j’ai fini par houspiller le binôme, fallait bien que ça tombe sur quelqu’un et je n’avais que lui sous la main, pourtant qu'est ce qu'il a nettoyé !! 

Pessah ici c'est pas vraiment Pessah, c'est tristounet et même si  je mange mes matzot,  me fabrique des pitotes à la semoule de pain azyme, me fais des gâteaux au chocolat sans farine….. J’ai,  comme à chaque fête, un peu le mal du pays….