lundi 19 mai 2014

Un Fragile espoir



Il y a des livres qu’on choisit et d’autres qui viennent à nous. C’est le cas pour ce bouquin que je viens de terminer et que l’on ma prêté parce que j’étais en panne de lecture.

C’est un premier roman écrit par Hannah Richell, auteure anglaise qui a fait toute sa carrière dans l’édition. Elle s’est installée en Australie et a décidé de se consacrer à l’écriture et c’est plutôt réussi.

L’intrigue :  Dora vit à Londres avec son compagnon, elle est enceinte. C'est une merveilleuse nouvelle qui réveille néanmoins chez elle les douloureux souvenirs d’un drame qui a eu lieu 11 ans plus tôt et qui a bouleversé la famille à tout jamais. 

Elle ne peut pas poursuivre sa grossesse dans de telles conditions, elle a besoin de savoir ce qui s'est réellement passé ce jour d'été sur la plage près de la demeure familiale. 

Il lui faut absolument revenir sur ce terrible accident... qui a dit la vérité ? qui a menti ? que s'est-il passé réellement ?

Dora part à la rencontre de ses souvenirs où il y a trop de souffrance, de tensions, de non dits et de secrets.... c'est vital pour elle et pour la poursuite de sa grossesse.

La famille a explosé après le drame....  chacun a pris une route différente et essaie de vivre avec ses blessures et ses souvenirs,  il est désormais temps de l’affronter pour arrêter de se tourmenter,  essayer de vivre enfin sereinement et peut-être pardonner….. 

Décors, personnages, ressenti, l’auteure nous décrit tout avec justesse et profondeur…..  Elle juxtapose présent et passé et c’est vraiment bien fait. L’intrigue est parfaite et nous laisse en haleine jusqu’à la fin du livre même si on a quelques idées sur le dénouement. 

Parfois on croit que tout peut changer mais le livre nous ramène bien vite dans sa réalité. 

J'ai beaucoup aimé.  J’attends d’un livre qu’il m’embarque avec lui dans son histoire, qu’il me fasse rêver, qu’il me fasse participer…. Je dois être captivée dès les premières pages sinon je risque de lâcher....

On peut dire que c’est mission accomplie !!

mardi 13 mai 2014

Je m'évade



Je serais certainement sur la terrasse en train de siroter quelque chose de frais, la journée aurait été chaude mais encore supportable à cette période de l’année.

Il ferait déjà sombre car le soleil se couche tôt en Israël pourtant la vie ne s’arrête pas, aux premières couleurs de la nuit tout s’agite et s’anime, comme si une deuxième journée s’annonçait.

On dînerait léger, des crudités du shouk Hacarmel, du houmous, des pitotes, une viande grillée, des fruits, avec comme bruit de fond, la vie qui s’agite au loin et les Hadachot (informations) dans le poste de télévision. 

Je débarrasserais la table vite fait, parce que j’aurais envie d’aller flâner dans les ruelles, de regarder la mer, de sentir les odeurs des grillades et des épices et de manger une glace parfumée.

On se coucherait tard, on se couche toujours tard là bas même si le lendemain on se lève tôt, d’ailleurs quel plaisir de se lever aux aurores quand il fait déjà chaud. J’allumerais le mazgan (climatiseur) parce que je ne sais pas dormir sans, le bruit me berce, me rassure presque et j’aime cet air frais qui vient doucement m’effleurer. 

Les yeux fermés, affalée sur ma chaise de bureau, je m’évade et me transporte, c’est si doux…. Ca semble tellement réel que j’ai presque chaud avec ma polaire sur le dos. Faut dire qu’il ne fait pas vraiment beau. Ce week-end j’avais l’impression d’être en automne et ça fait une semaine que je me traine une crise de cervicalgie c’est la première fois qu’elle est aussi longue et douloureuse…. 

J’ai besoin de soleil, de sentir de la chaleur,  de pouvoir sortir dans le jardin, m’aérer, me promener, m’habiller léger…. même prendre un thé sur ma terrasse c’est mission impossible. 

Je ne pensais pas que le climat pouvait jouer à ce point sur une façon d’être. Je n’y pensais pas avant d’aller vivre là bas, parce que là bas on ne se pose jamais la question du temps qu’il fera le lendemain.

Hier j’ai fait une grosse soupe de légumes pour me réchauffer, mes pommes de terre venaient d’Israël ça m’a consolée. J’ai rallumé mon chauffage parce que j’étais gelée, la facture d’électricité va encore grimper mais quand on a les cervicales abimées, le froid est un ennemi qu’il ne faut pas négliger.

3 minutes de rêverie et de bonheur, un gros soupir, dehors le soleil fait une apparition timide….

Demain peut-être qu’il fera beau, peut-être pas…. De toutes façons est ce que j'ai vraiment le choix ?

mercredi 7 mai 2014

24 jours



Je suis allée voir ce film hier soir parce qu’il fallait que je le fasse, c’était une façon pour moi de rendre hommage à Ilan mais aussi de montrer mon soutien  à sa maman et sa famille.


Le film n’est pas violent dans les images mais il nous bouscule, nous chamboule, nous bouleverse du début jusqu’à la fin. Zabou Breitman est magistrale dans le rôle de Ruth Halimi, elle est Ruth Halimi et nous entraîne avec elle dans la terrible attente ou s’enchaînent de furtifs moments d’espoir mais où règnent surtout le désespoir et le chaos.


24 jours d’angoisse, d’attente et de néant pour les proches,


24 jours de barbarie extrême et insoutenable pour Ilan, 


24 jours où une bande de salopards déverse sa haine, sa violence physique et verbale sur un jeune homme parce qu’il est juif,


24 jours  pour une police parfois hésitante où on finit par se demander si elle a mené l’enquête de la bonne manière et s’il n’y avait pas eu moyen de faire autrement.


Ce film retrace tout ça et bien plus encore. 


Depuis hier il n’est déjà plus diffusé dans certaines salles par manque de spectateurs et il n’a fait que 60 000 entrées pour l’instant.


Je n’arrive pas à comprendre et je ne veux même pas essayer. Les gens préfèrent aller voir des conneries style le mec araignée qui saute d’un immeuble à un autre pour sauver le monde.


Je pense que ce film devrait être vu par tout le monde et surtout par les lycéens, il pourrait s’articuler autour d’un travail pédagogique sur l’antisémitisme puisque c’est bien de cela qu’il s’agit, même si au début la justice ne voulait pas le reconnaître.


C’est comme si personne ne voulait voir, comme si tout le monde avait envie d’enfouir ce fait divers, l’oublier, ne plus jamais en parler…. Il faut pourtant bousculer la mémoire de temps en temps, pour que l’histoire ne se répète pas… c’est d’ailleurs pour ça que Ruth Halimi a autorisé Alexandre Arcady à produire ce film….. Pour qu’une telle barbarie ne se reproduise jamais.


Hier soir je pensais à la maman d’Ilan…. A son courage extraordinaire et à sa vie qui est partie le jour où on a retrouvé Ilan agonisant, le long de la voie ferrée…. 


A la fin du film, le corps d’Ilan est exhumé (1 an après les faits) pour rejoindre un cimetière de Jérusalem où il repose désormais en paix.  Le commissaire demande à Ruth Halimi pourquoi elle s’inflige cette nouvelle souffrance….. Ruth lui répond « dans 20 ans, ils sortiront tous de prison…. Je ne veux pas qu’ils viennent une nouvelle fois cracher sur la tombe d’Ilan ».


Cette phrase très forte me trotte dans la tête… les membres de ce gang sortiront un jour de prison mais Ilan ne reviendra jamais. 


24 jours c’est un film que je vous invite à aller voir et ce n’est pas un film fait seulement pour les juifs comme j’ai pu l’entendre. Ca concerne tout le monde parce que personne n'est à l'abri.



Avec ce film, Ruth Halimi revit à nouveau ce calvaire des 24 jours.....

Avec le manque de spectateurs et le peu d’enthousiasme autour de cette production,  on est en train d’assassiner Ilan une nouvelle fois. 


Si tu as 5 minutes, je t'invite à lire (sous la bande annonce directement sur la page Youtube) les commentaires stupides et effrayants qui montrent à quel point l'antisémitisme est plus que présent, même si beaucoup prétendent le contraire.