vendredi 4 avril 2014

Shabbat chagrin



Un matin tu te lèves et tu te dis que c’est vendredi. Pendant que tu prends ton petit-déjeuner,  tu repenses à tes vendredis là bas où même si c’était souvent le même rituel c’était vraiment trop bien. Penser à Tel-Aviv dès le matin c’est pas un bon plan, ça présage d’une journée un peu nostalgique voire même chagrin.

Et comme toujours tu ne peux pas t’empêcher de faire le parcours dans ta tête. Pas besoin de fermer les yeux pour te transporter, tout est resté bien stocké dans la mémoire et c’est comme si c’était hier. C’est à peine croyable cette capacité à ne pas oublier, je m’en étonne parfois parce que je suis capable d’oublier ce que j’ai fait la veille.

On se levait tôt, parce que se lever tôt en Israël c’est un plaisir et on peut encore rester sur la terrasse sans souffrir de la chaleur. Imagine un peu le kif,  tu prends ton thé face à la mer, une mer d’huile aux dégradés bleutés… il fait déjà bon mais c’est encore supportable, tu n’as pas besoin du parasol pour te cacher… tu n’as rien de particulier à faire, tu es là, tu observes, tu écoutes et tu humes l’air, cet air chaud et si particulier de Tel-Aviv…. ça n’a pas de prix !! 



L’étape suivante c’était le shouk Hacarmel, pas trop tard pour éviter la foule  parce que le vendredi c’est le moment où tout Tel-Aviv se retrouve là. Le shouk Hacarmel c’est comme se plonger dans la caverne d’Ali Baba, cet endroit regorge de trésors et si tu aimes fouiller, c’est l’endroit à ne pas zapper !! C’est bruyant, c’est vivant, c’est gai et coloré…. 

J’avais toujours le même rituel pour ce marché, mon marchand de légumes, mon marchand d’olives, et le traiteur à l’entrée du shouk où parfois j’achetais mon repas pour shabbat. Je n’oubliais pas non plus de prendre mon poulet cuit pour le vendredi midi. Parfois je flânais et traversais tout le marché pour acheter un truc dont je n’avais nullement besoin, comme ça juste pour le kef !! 



Lorsque l’on rentrait je préparais ma hala (pain de shabbat) j’aimais bien préparer mon pain, même si il n’était pas toujours réussi. L’après-midi c’était la promenade dans les ruelles de la vieille ville de Yaffo ou alors sur la plage. Arpenter les petites rues pavées de la cité antique avait sur moi quelque chose d’apaisant.

La nuit tombait vite, j’allumais alors la bougie et je faisais la prière… le shabbat entrait ainsi dans la maison….. 

J’aimais ces vendredis qui tenaient plus à de la routine qu’à autre chose, on dit que les habitudes ça tue, pourtant ce n’est pas l’impression que ça me donnait, je trouvais ça plutôt rassurant et je suivais le mouvement, le mouvement d’un pays qui se prépare à accueillir le Shabbat, le jour du repos.

Si je te disais que depuis que je suis en France je n’ai pratiquement pas fait de pain pour Shabbat et que j’ai zappé plein de fois la prière parce qu’on est en expo, qu’on est au handball ou autre…..

Je galère pour mes courses, je galère pour les fêtes, je galère pour tout…. 

Alors tu me diras "mais qu'est ce que tu fous là"

Et je te répondrais..... "je ne sais pas"

14 commentaires:

  1. Tu cultives la nostalgie morose en ce moment.

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    1. Ca ne me quitte vraiment jamais, j'aime bien me replonger dans ses souvenirs intacts, même si parfois c'est douloureux.

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  2. Très émouvants tes souvenirs "chagrin" de Shabbat à Tel-Aviv ma Havera ++++
    La vie ne se passe pas toujours là où on voudrait et il y a des hauts et des bas mais LA VIE est ainsi faite et dès que le soleil réapparaîtra tu te sentiras mieux ...
    Mille pensées positives ma belle et gros bisous à partager avec les tiens.

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    1. Et non, quand on est partis c'était pour toujours. Les problèmes de boulot ont fait qu'on est revenus, mais il faut parfois revenir pour mieux repartir... de toutes les façons c'est notre objectif et ça se fera....

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  3. Tel Aviv me manque parfois mais je n'ai pas envie de retourner y vivre. Il m'arrivait de faire Shabbat avec des amis, j'allais acheter mes fleurs au shouk, et surtout je payais un œil, la viande pas cacher coupée par un boucher parisien...Ici, j'ai mon fils, ma belle fille, mes petites filles et ça vaut tous les pays du monde...heure-bleue..

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    1. Tu as raison, ça vaut tous les pays du monde.... mais Israël ça me prend au tripes, je ne peux pas l'expliquer...

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  4. haaa nostalgie...... quand tu nous tiens :-(
    gros bisous réconfortants
    le Lion

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    1. Bein oui Lion, ça va, ça vient, c'est comme ça, c'est la vie...

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  5. je te comprends moi c'était pour mon Sud, j'ai vécu 30 ans en région parisienne comme en touriste, en attente, de passage ........................

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  6. Bein voilà, je suis la touriste... en attendant de repartir...

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  7. pas facile d'être loin de l'endroit qu'on aime...

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    1. On fait avec, je n'ai pas le choix pour l'instant...

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  8. J'arrive ici via notre amie Heure Bleue.
    Je voulais vous dire que j'aime ce que vous avez écrit de vos souvenirs de vie à Tel Aviv. C'est beau, tendre, émouvant. Quand ma grand mère était de ce monde elle faisait les petits plats de Pessah. Je me souviens d'un "gâteau" aux épinards et pain azyme. Et aussi des oeufs durs rouges parce qu'elle mettait des oignons dans l'eau de cuisson. Et surtout son fameux gâteau que nous appelions "pichti" à base de fruits secs pilés, arrosés d'un sirop de sucre. J'ai cherché la recette et la seule approchante je l'ai trouvée dans un livre "La cuisine de ma grand mère judéo espagnole" et il s'appelle Tipichti... c'est presque le même, sans doute lui manque t il le talent de ma Mamy.

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    1. Bienvenue ici Françoise, les amies d'Heure-Bleue sont mes amies aussi !!! J'ai de superbes souvenirs de vie à Tel-Aviv, c'est certainement pour ça qu'ils sont aussi douloureux. Le gâteau Pichti doit être bien bon. Je vais aller regarder sur le web. Mais effectivement il ne sera jamais aussi bon que celui de ta mamy.

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