jeudi 24 avril 2014

Partir ou rester

Le 20 juillet 2012,  je postais un billet sur notre nouveau lieu d'habitation et depuis ce jour, je me sens parfaitement bien dans cette maison, on a effectué des plantations dans le jardin, fait des petits aménagements et le chat a pris possession des lieux où il règne en maître absolu.

Loin de moi l'idée de jouer les "Heure Bleue & le Goût" mais je me demande si on ne va pas une nouvelle fois déménager et j'avoue que si je le fais ça ne sera pas de gaité de coeur.

Alors voilà je t'explique. La maison est sympa, fonctionnelle, spacieuse mais, il y a un mais, elle a un grand problème au niveau de l'isolation et du chauffage qui est tout électrique. Les propriétaires ont beau certifier que c'est bien isolé, par jour de grand vent, il suffit de mettre la main près des fenêtres pour sentir le vent passer.

Lorsque j'ai reçu ma note d'électricité j'ai cru m'étrangler. Nous avons demandé à ce que la porte d'entrée soit changée, (elle était d'époque et un jour d'environ 2 cm laissait entrer le froid au fond du couloir et même la pluie parfois). Après quelques palabres, les propriétaires ont admis que ce changement était indéniable. Il a fallu 4 mois d'attente (durant lesquels bien sûr le chauffage a galopé puisqu'en plus c'était l'hiver). 

Depuis nous surveillons notre consommation de chauffage qui a été réduite avec la porte mais qui reste néanmoins élevée. Le thermostat est réglé sur 20 degrés dans la grande pièce (salle-salon-cuisine) et souvent le soir on a froid. IL n'y a pas de chauffage dans notre chambre, ni dans le couloir, et dans le bureau il est réglé pour les heures où nous y sommes. Il y a par contre deux chauffages dans la chambre de la fillotte qui sont de vrais "grille pains" qu'on est obligés de monter pour que ça chauffe. Cette chambre sous le toit est un vrai sauna l'été et une chambre froide l'hiver. 

Je fais hyper attention parce que je n'ai nulle envie d'engraisser EDF, surtout que lorsque l'on lit bien les factures, on est surpris par les taxes et autres qu'ils nous volent. Mon lave vaisselle est déclenché la nuit parce que j'ai un contrat avec des heures de nuit, idem pour le lave-linge et le sèche-linge (pas toujours évident pour ce dernier).  Je suis la reine de la programmation, tout se déclenche à heure différente et j'ai pris l'habitude. (Oserai-je te dire que la première fois la blonde que je suis a tout déclenché en même temps et à fait sauter les plombs en pleine nuit.... mouahahahaha, je l'ai dit !!)

Enervés par cette consommation excessive, nous avons fait venir un spécialiste qui a tout de suite diagnostiqué une mauvaise isolation à certains endroits, ce qui donne des grosses déperditions de chaleur et surtout il nous a formellement expliqué que les radiateurs qu'on avait était des vrais "mangeurs d'électricité" et qu'ils appartenaient à une ancienne génération. Le constat est clair, il faut changer les radiateurs parce qu'on aura beau faire, on consommera toujours de trop et ça ne servira à rien de baisser le thermostat, sauf à avoir encore plus froid !!

J'aimerais bien un système de chauffage à granulés qui pourrait chauffer presque toute la maison. Si j'étais propriétaire c'est ce que je ferais.... mais faut pas rêver.... ce n'est nullement dans l'optique de nos bailleurs.

A ce problème majeur d'autres sont venus se greffer.... on a une fausse VMC dans la cuisine, on a découvert ça en faisant notre grand ménage de Pessah, en démontant la protection, on s'est aperçus qu'il n'y avait pas de ventilation. Puis la hotte aspirante de la cuisine ne fonctionne pas (elle n'a jamais fonctionné) au début ce n'était pas trop gênant, mais maintenant quand je fais cuire du poisson je te raconte pas l'odeur dans la maison, je suis obligée d'ouvrir et ouvrir quand il fait 3 degrés dehors c'est pas génial. On a eu une fuite sur le toit qui a endommagé le mur de l'escalier..... (6 mois pour que ça soit réparé).

Je te passe les problèmes de stationnement parce qu'on a pas de place attitrée, je ne sais pas pourquoi mais ça m'agace quand je ne peux pas me garer devant chez moi, (c'est futile je le sais bien mais c'est comme ça). 

Sinon j'ai une voisine "Oeil de Moscou" qui malgré qu'elle soit très gentille est aussi trop curieuse et parle pour ne rien dire. Elle appartient à ce monde de gens qui savent tout mieux que tout le monde et qui ont un avis sur tout !! je ne peux pas faire un pas dans le jardin sans me faire alpaguer.

Bon, je supporte, elle me dépanne avec mon chat quand je pars en week-end et nous on lui rend de menus services... c'est un échange de bon procédés, je pense qu'il est important de vivre en bons termes avec nos voisins.

Nos propriétaires ont une sale manie, quand il y a des travaux à faire, c'est le samedi matin à 8 heures, alors ça passe une fois, deux fois, trois fois mais au bout de la quatrième ça ne passe plus parce que je ne suis pas d'accord pour être emmerdée le samedi matin à 8 heures (surtout que c'est un rare jour où on peut dormir jusqu'à 10 heures). Tu sens l'embrouille venir là ? 

On s'est frittés, sans compter qu'on est prévenus, tous les chauffages ne seront pas changés et il semble que tout ce qui ne fonctionne pas ne sera pas réparé. En clair, il faut payer ton loyer, fermer ta gueule et si t'es pas content c'est pareil !!! En plus avec tous les désagréments qu'on subit, ils ont osé nous dire qu'on était pas très coopératifs !!!

Du coup depuis quelques jours je traque les annonces de maison. Pas simple, je ne veux pas passer par une agence parce que je ne veux pas payer les frais et je ne me sens pas prête de déménager tout de suite. On verra ça après les vacances certainement, sauf si on trouve un truc qui nous plait avant..... ou si on décide finalement de rester (ce qui me semble quand même compromis).

Du coup j'ai renvoyé mes travaux de peinture du mur du fond du jardin et de la rembarde du balcon aux calendes grecques. Il sera temps d'y penser lorsque l'on saura si on reste ou pas. Je voulais racheter des plantes et avais prévu des plantations pour continuer d'agrémenter le jardin, c'est en "stand bye" aussi, je ne vais quand même pas faire tout ça si on ne reste pas..

Bon et bien, on est pas plus avancés..... wait and see !!!


dimanche 20 avril 2014

Pensée d'un matin chagrin



Si on pouvait dire ce qu’on pense réellement à chaque personne qui nous entoure sans que cela ne prenne des allures de catastrophe nationale qu’est ce que ça serait bien. Seulement voilà, on ne peut pas parce beaucoup n’acceptent pas d’entendre ce qu’on a envie de leur dire ou tout simplement ce qu’on ressent.  Les gens il faut toujours leur servir du positif et les flatter mais quand il s’agit de les contredire ou de leur sortir quelques vérités, c’est la troisième guerre mondiale assurée.

On vit avec des non-dits permanents, ça empoisonne l’atmosphère, ça fausse les relations, ça frôle l’artificiel et c’est comme ça tout au long de notre vie, on ronge son frein, on ravale ce qu’on avait sur le bout de la langue pour ne pas fâcher ou parfois blesser, pour éviter les embrouilles et tout nous reste sur le cœur. On n’a plus qu’à ruminer….certains y arrivent, d’autres pas….. 

Je fais partie de ceux qui n’y arrivent pas,  je n’aime pas faire semblant, je n’aime pas ne pas dire les choses et pourtant je suis bien obligée de faire comme tout le monde parce qu’il y a des circonstances qui font qu’il n’y a pas d’autre alternative surtout quand il s’agit de proches.

Ce matin en déjeunant je faisais le point sur tout ce qui m’énervait et sur tout ce que j’avais envie de balancer à mes parents, à mes enfants, à certaines personnes que je fréquente et dont je ne sais même pas s’ils sont des amis ou de simples connaissances.

La seule personne à qui je peux dire ce que je pense c’est mon binôme, il s’en prend souvent plein les dents, on s’accroche on entend l’un et l’autre ce qu’on a à se dire, on monte dans nos tours et en général ça ne dure jamais bien longtemps. Il en prend pour son grade, il ne m’épargne pas non plus (à sa défense il est quand même moins virulent que moi). 

Parfois j’ai du mal à accepter ses reproches mais je mets mon mouchoir par-dessus et mine de rien j’analyse plus tard ce qu’il m’a dit…. Je ne suis pas toujours convaincue mais ça aide à avancer….. L’avantage c’est qu’on peut se jeter des trucs à la figure sans qu’il n’y ait plus tard de représailles ou de conséquences grave comme une rupture ou autre…. 

J’ai testé avec des amis, ou des gens que je pensais être des amis….. Tous ceux à qui j’ai osé dire ce que je pensais (et les phrases étaient bien anodines, pas de quoi fouetter un chat crois moi) je ne les vois plus. A partir du moment où j’avais émis un avis sur ce que je pensais de telle situation, ou encore sur ce que je ressentais vis-à-vis d’une action nous concernant c’était à chaque fois fichu. Ou le ton montait, ou alors les gens faisaient mine d’être d’accord et derrière tout à coup c’était le silence, plus de réponse aux coups de téléphone ou aux texto et je comprenais bien vite qu’ils avaient décidé de couper les ponts.

En fait il faut toujours aller dans le sens du vent et dire aux autres ce qu’ils ont envie d’entendre. Si tu ne rentres pas dans ce moule, tu risques de ne pas avoir beaucoup d’amis. Je n’ai pas choisi cette alternative,  je préfère être seule que toujours devoir composer en permanence et dire aux gens ce qu’ils ont envie d’entendre. 

Ce matin j’avais une folle envie de faire mes bagages et de partir n’importe où, surtout très loin de la civilisation. Il y a des matins comme ça, quand le ciel est bas et qu’une fine pluie frappe les carreaux j’ai besoin d’évasion. 

Ce matin j’ai fait le point sur tout ce que j’avais envie de dire et que j’avais pu dire….. et j’ai surtout pensé à tout ce que je n’ai pas pu dire et que je ne dirais probablement jamais et ça m'a bien énervée.

Depuis ce matin je rumine et ça a le don de m'agacer !!

mardi 15 avril 2014

Encore un Pessah



C’est la quatrième fête de Pessah que je passe ici et à mon avis ça devrait perdurer encore, sauf miracle mais les miracles je n’y crois plus de trop !! 
 
J’ai plutôt bien assuré cette fois ci, surtout au niveau grand ménage. Tout est nickel, on y a passé la semaine à deux, on a retourné toute la maison et dimanche on était sur les rotules. 

Dimanche c’est le jour qu’on a choisi pour aller faire nos courses de Pessah, en même temps on n’avait plus tellement le choix puisque Pessah commençait Lundi. A 10 h 00 on a pris la direction d’Anvers, parce que c’était le moins loin pour nous et franchement si je n’avais pas eu besoin d’ingrédients "casher le Pessah", je n’y serais pas allée. On a tout fait au pas de course et montre en main on a du passer 1 h 30 sur place et 3 heures sur la route aller-retour.

Il faut savoir que dans ce quartier t’as plutôt intérêt à parler le Yiddish ou l’hébreu, c’est un quartier orthodoxe, les hommes en costume noir, les femmes en jupes longues avec perruques ou têtes couvertes. Pour un peu tu te croirais à Mea Shearim, quartier religieux de Yeroushalaïm. Moi j’avais l’impression d’être plongée en plein « Rabbi Jacob ». Bien que je respecte le choix de ces gens je n’adhère pas….  Je trouve que c’est de la religion poussée à l’extrême et je me demande si D. exige vraiment ça.

Hier j’ai préparé ma table, on était que trois mais c'était jour de fête quand même, il fallait marquer le coup !!  j’ai sorti la belle nappe blanche, la vaisselle de Mado (ma feu belle maman) mon plateau de seder pour la prière. J’ai préparé des petits pains à base de farine de matsa. J’ai préparé mon « Harosset » et franchement il est bien meilleur fait maison.  Je n’ai pas fait de msoki mais j’ai concocté un plat de légumes et pommes de terre mélangés avec de la viande hachée que j’ai fait mijoter au four avec plein d’épices c’était plutôt bon. J’avais oublié le dessert, pas grave, on a mangé des fruits, j’ai le temps de faire des gâteaux durant la semaine et j’ai trouvé tout un tas de recettes de gâteaux spéciaux, comme j’ai acheté de la farine de matsa je n’ai plus qu’à tester…. 

Pessah est là pour 8 jours. En Israël beaucoup de gens sont en vacances, ils quittent le pays et quand ils ne partent pas, ils squattent dans les parcs et font « al aheche » (grillades au BBQ). C’est une ambiance particulière et agréable, on se réunit en famille ou entre amis. Ils sont moins embêtés que nous pour manger, là bas il y a plein de choses sympa et puis il fait beau, ça change tout quand il fait beau !!

Ici ça caille, hier je suis allée attacher le jasmin, j’aimerai qu’il puisse courir le long du mur, on a mis un treillis exprès…. J’ai du rester 10 mn dans le jardin, j’étais gelée….. 

Dans 2 jours les matzot auront retourné mon estomac, dans 3 j’aurais envie de manger une plâtrée de pates et encore bien d’autres choses interdites durant cette période et quand Pessah sera terminé je dirais comme chaque année « finalement ça a passé vite »…. 

Parce que le temps file à grande allure et qu’on n’a pas encore trouvé le moyen de l’arrêter….

mardi 8 avril 2014

Hostages



J’attendais la fin de la saison 1 pour en parler et je dois avouer que j’ai beaucoup aimé le premier volet de cette série Israélienne. Alors tu vas me dire, évidemment que j’ai aimé puisque c’est Israélien. Tu n’auras pas complètement tort, je suis vraiment une adepte des réalisations Israéliennes.


J’ai donc suivi avec assiduité « Hostages » (version originale «Bnei Aruba») réalisée par Omri Givon et Rotem Shamir. J’insiste bien sur Hostages version Israélienne, parce qu’une version américaine est sortie aussi, sous le même titre et j’ai lu plusieurs critiques la qualifiant de navet.


L’intrigue est toute simple, une chirurgienne de renom a été désignée pour opérer le premier ministre Israélien. Jusque là rien d’improbable sauf que la veille de l’opération, un commando débarque chez elle et prend en otage toute sa famille. Ils exigent d’elle qu’elle fasse mourir le premier ministre lorsqu’elle effectuera l’intervention chirurgicale. Elle n’a pas d’autre option possible si elle veut sauver sa famille.


Nous allons alors entrer dans une sorte de huis clos et faire connaissance avec cette famille qui habite une belle villa sur les hauteurs de Yeroushalaïm et nous rendre compte que les apparences sont parfois trompeuses. 


Yaël est une chirurgienne brillante c’est une femme courageuse et forte, qui est face à un terrible dilemme, sauver sa famille ou tuer le premier Ministre, briser ainsi son serment de médecin et trahir son pays…. je ne lui trouve aucun défaut et elle est vraiment admirable.  

Eyal son mari, principal dans un collège, semble sympa au premier abord mais il est addict au jeu  et il a mis toute la maisonnée en danger financièrement puisque la banque le menace de saisir la maison,  sans compter qu’on découvrira autre chose tout au long de la série. Je suis mitigée sur ce personnage qui finalement ne m'inspire rien de particulier sinon parfois un peu de dégout.

Asaf le jeune fils est un hacker qui pique les sujets d’examens (il a accès aux documents de son père) et les refourgue contre de l’argent ou de menus services. Il fait de la carambouille mais au fond ce n’est pas un mauvais garçon et il est parfois bien courageux face aux preneurs d’otages. Il semble avoir un problème avec son père et pense que celui-ci ne s’intéresse pas vraiment à lui. Enfin il y a Noa 17 ans qui découvre qu’elle est enceinte de son petit ami qui est à l’armée….  elle semble avoir du mal à parler avec sa mère et la trouve trop occupée par son travail.


De l’autre côté nous avons le commando composé de 4 personnes que nous allons aussi découvrir au fils des épisodes et il est surprenant de voir que l’on peut se prendre d’amitié pour certains alors qu’on en déteste d’autres. 


Je ne vais pas te dévoiler le scénario mais je peux affirmer que c’est très prenant. On alterne les périodes de stress extrême,  de peur et de calme. Quand on croit que c’est finit ça recommence de plus belle.

On se demande s’il y a une issue possible à cette histoire parce que tout le monde semble complice. On est perdus, les réalisateurs nous mènent sur de fausses pistes, quand on sent le dénouement proche et qu’on pense avoir déjoué l’intrigue,  c’est en fait un nouveau problème qui surgit.


Il faut attendre les 15 dernières minutes du dernier épisode de la saison 1 pour vraiment tout saisir on ne s’attend absolument pas à ce genre de découverte et c’est ça aussi qui fait qu’on aime cette série. On est hyper surpris à la fin et on reste bien sûr sur notre faim parce qu’on attend une suite.


Tu sais quoi, c’est à peine terminé que j’ai déjà envie de regarder la série en replay et bien sûr, j’attends avec impatience la saison 2, en espérant qu’il y en aura bien une. Je le veux, je le veux, je l’exige !!! 


C’est ça le problème des séries, on découvre des choses sympas, on aime et on voudrait tout de suite continuer à suivre les autres épisodes. Mais pour ça il va falloir être patient en espérant que Canal + achète la suite ce qui n’est pas gagné. Ca dépendra de l’audience certainement et des critiques. Concernant celles-ci elles ne sont pas mauvaises du tout bien au contraire..... Alors wait and see !! 


Pour ma part j’attends aussi la suite de « Hatufim » qui est la version Israélienne de Homeland, la saison 1 a été diffusée sur Arte, j’espère qu’ils nous mettrons la saison 2. 


On passe toujours notre temps à attendre, que c’est énervant !!

vendredi 4 avril 2014

Shabbat chagrin



Un matin tu te lèves et tu te dis que c’est vendredi. Pendant que tu prends ton petit-déjeuner,  tu repenses à tes vendredis là bas où même si c’était souvent le même rituel c’était vraiment trop bien. Penser à Tel-Aviv dès le matin c’est pas un bon plan, ça présage d’une journée un peu nostalgique voire même chagrin.

Et comme toujours tu ne peux pas t’empêcher de faire le parcours dans ta tête. Pas besoin de fermer les yeux pour te transporter, tout est resté bien stocké dans la mémoire et c’est comme si c’était hier. C’est à peine croyable cette capacité à ne pas oublier, je m’en étonne parfois parce que je suis capable d’oublier ce que j’ai fait la veille.

On se levait tôt, parce que se lever tôt en Israël c’est un plaisir et on peut encore rester sur la terrasse sans souffrir de la chaleur. Imagine un peu le kif,  tu prends ton thé face à la mer, une mer d’huile aux dégradés bleutés… il fait déjà bon mais c’est encore supportable, tu n’as pas besoin du parasol pour te cacher… tu n’as rien de particulier à faire, tu es là, tu observes, tu écoutes et tu humes l’air, cet air chaud et si particulier de Tel-Aviv…. ça n’a pas de prix !! 



L’étape suivante c’était le shouk Hacarmel, pas trop tard pour éviter la foule  parce que le vendredi c’est le moment où tout Tel-Aviv se retrouve là. Le shouk Hacarmel c’est comme se plonger dans la caverne d’Ali Baba, cet endroit regorge de trésors et si tu aimes fouiller, c’est l’endroit à ne pas zapper !! C’est bruyant, c’est vivant, c’est gai et coloré…. 

J’avais toujours le même rituel pour ce marché, mon marchand de légumes, mon marchand d’olives, et le traiteur à l’entrée du shouk où parfois j’achetais mon repas pour shabbat. Je n’oubliais pas non plus de prendre mon poulet cuit pour le vendredi midi. Parfois je flânais et traversais tout le marché pour acheter un truc dont je n’avais nullement besoin, comme ça juste pour le kef !! 



Lorsque l’on rentrait je préparais ma hala (pain de shabbat) j’aimais bien préparer mon pain, même si il n’était pas toujours réussi. L’après-midi c’était la promenade dans les ruelles de la vieille ville de Yaffo ou alors sur la plage. Arpenter les petites rues pavées de la cité antique avait sur moi quelque chose d’apaisant.

La nuit tombait vite, j’allumais alors la bougie et je faisais la prière… le shabbat entrait ainsi dans la maison….. 

J’aimais ces vendredis qui tenaient plus à de la routine qu’à autre chose, on dit que les habitudes ça tue, pourtant ce n’est pas l’impression que ça me donnait, je trouvais ça plutôt rassurant et je suivais le mouvement, le mouvement d’un pays qui se prépare à accueillir le Shabbat, le jour du repos.

Si je te disais que depuis que je suis en France je n’ai pratiquement pas fait de pain pour Shabbat et que j’ai zappé plein de fois la prière parce qu’on est en expo, qu’on est au handball ou autre…..

Je galère pour mes courses, je galère pour les fêtes, je galère pour tout…. 

Alors tu me diras "mais qu'est ce que tu fous là"

Et je te répondrais..... "je ne sais pas"