vendredi 14 mars 2014

In love with TLV



Le jour où nous avions décidé de faire notre aliyah, nous n’avions pas d’endroit particulier pour notre point de chute, je ne voulais simplement pas vivre à Tel-Aviv qui me semblait une ville trop agitée, bruyante, trop immense et sans âme. Nous vivions à l’époque dans un petit village de 2000 âmes et de la fenêtre de ma chambre j’apercevais les moutons.


Nous avons opté pour Ashdod, ville déjà d’importance et qui avait retenu notre attention lors du salon de l’aliyah qui se déroulait à Paris. Lors de ce salon, nous avions rencontré le maire qui nous avait vanté les mérites de sa ville. Ashdod ayant une population française et étant une des premières villes d’accueil des nouveaux immigrants, ça me semblait idéal pour les enfants et moi-même.


Nous y avons atterri une nuit d’été et nous y avons passé trois ans. Je garde de bons souvenirs de cette ville et je pourrais parfaitement retourner y habiter. Je regrette de ne pas m’y être investie plus…. Les regrets arrivent toujours quand il est trop tard…. 


Alors au bout de ces trois ans me direz-vous qu’est ce que j’ai fait ?


Et bien je suis partie vivre à Tel-Aviv pardi !!


Au début un peu par obligation à cause de l’école. Mes deux filles étaient inscrites à l’école Israélienne (ma petite y a fait sa première rentrée scolaire) mais la grande au bout de deux ans a voulu réintégrer une scolarité française. Nous l’avons donc inscrite au collège de l’ambassade de France qui se trouve à Tel-Aviv, elle a galéré et passé énormément de temps dans les transports (Ashdod est à 35 bornes de Tel-Aviv) et quand la petite a eu l’âge d’intégrer le CP, nous avons décidé de la remettre elle aussi dans le système Français et de nous rapprocher de l’école.


Même pas peur, je ne sais pas pourquoi mais avec Tel-Aviv ça a été le coup de foudre immédiat. J’ai rapidement assimilé le plan de la ville, je ne m’y suis jamais perdue et je m’y suis tout de suite sentie chez moi.


J’ai aimé la promenade le long de la plage, je marchais les pieds dans l’eau en partant des quartiers de Jaffa et remontait jusqu’à l’hôtel Hilton. Il faisait chaud, l’eau me rafraichissait et il fallait me protéger parce que sinon ma peau brûlait.

Je me souviens avoir  critiqué les touristes Français qui y débarquaient chaque été, je les trouvais sans gêne ce qui peut sembler paradoxal dans un pays comme Israël ou le sans-gêne est le maître mot. Je me disais « ah ces Français »… parce que bien sûr moi j’étais Israélienne !!! 


J’ai aimé les cafés animés de jour comme de nuit, les bâtisses Bauhaus du Boulevard Rotshild, les boutiques de la rue Sheinkin qui ne désemplissent jamais, mon petit kiosque où à tout moment de la journée je pouvais m’offrir un jus de grenade frais ou encore aller chez Max Brenner pour me goinfrer de chocolat.


J’ai aimé arpenter le shouk Hacarmel les vendredis matin quand la foule s’y pressait et qu’on ne pouvait même pas avancer. Je faisais le plein de fruits et légumes pour la semaine, je m’achetais des fleurs et un poulet cuit pour le repas du midi. Il faisait chaud, il y avait du bruit, des odeurs, des couleurs, c’était la vie….


J’ai aimé prendre des petits déjeuners vers 10 h 00 le long de la plage, je pouvais alors admirer la mer, planquée sous un parasol en mangeant ma salade israélienne et mon œuf au plat. Tous les jeudis je retrouvais une amie pour déjeuner au Suzanna.


J’ai aimé la douceur des shabbat quand je fabriquais mon pain et allumait les bougies avant le coucher du soleil. Depuis notre retour en France j’ai du en faire deux ou trois fois mais je n’y arrive plus, ce n’est plus pareil. 


J’ai aimé  les jours de fêtes et le kippour quand les rues se couvraient d’une foule blanche dès que le jeûne commençait.


J’ai aimé quand le dimanche nous partions pour Yam Hamelah (Mer Morte) afin de nous offrir un « yom Kef ». J’adorais traverser le désert et même si le dimanche soir nous devions affronter les embouteillages au retour, rien ne me semblait compliqué.

J'ai aimé aller récupérer mon binôme le vendredi après-midi à l'aéroport quand il rentrait de sa semaine en France. Je faisais ça une fois par mois et j'aimais regarder les familles qui attendaient, les cris de joie, les embrassades, les fleurs et les ballons pour accueillir les arrivants. J'ai même croisé Gad Elmaleh.


J’ai aimé me baigner dans la grande bleue quand il faisait très chaud, je pouvais parfois y rester plus d’une heure, je regagnais ensuite mon transat et sur les coups de 14 heures je m’enfilais un baguel au saumon avec du fromage fondu, une salade et des falafels, une limonada maison.


J’ai aimé la foule, le bruit et l’attente chez Aboulafia où je m’arrêtais pour acheter mes pitotes encore toutes chaudes. C’était plus fort que moi, il fallait toujours que j’en mange un morceau avant d’arriver à la maison. En face le glacier me tendait les bras et bien souvent je me laissais tenter.... 

J'ai aimé aller chez mon poissonnier de la rue Yeffet et même si je ne trouvais pas sa grande barbe très catholique, j'adorais sa dextérité à découper et préparer son poisson toujours très frais et trop bon.


J'ai aimé, j'ai aimé et c'est vrai, j’ai aimé tellement de chose que je pourrais en parler durant des heures, je me rends compte que je n’ai rien détesté, même pas les files d’attente à la poste, ni les gens qui nous passaient devant, ni les klaxon des voitures, ni les impolis qui nous bousculaient et ne savaient pas s'excuser.


Finalement j’ai aimé ce Tel-Aviv dont je me méfiais tant.... je l’aime encore et de plus en plus chaque jour.....

J'aurais pu te parler du beau temps et du brouillard qu'on a le matin... je ne sais pourquoi mais j'ai tout à coup eu envie de te parler de Tel-Aviv .... ein ma lahassot...


12 commentaires:

  1. J'ai aimé Tel Aviv, je n'aurais jamais pu vivre à Jérusalem, trop religieuse pour moi, j'ai aimé me débrouiller dans un sabir de mots de toutes les langues, je me suis perdue une fois à côté de la maison mais j'aime encore mieux ma ville, Paris...heure-bleue

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    1. Heure Bleue, je sais bien que tu es une Paris addict....

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  2. Je crois que j'aurais aimé aussi.

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    1. Oh oui, c'est trop génial, puis c'est un style de vie tout à fait différent.

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  3. c'est le genre de ville qui sait se faire aimer ! je comprends ta nostalgie de ce temps là !

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    1. Oui tout à fait, au début on a des apriori et tout à coup on découvre TLV et c'est trop génial !!

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  4. Comme quoi parfois, on a des a priori . Ne dit-on pas que l'inconnu fait peur ?
    gros bisoux
    Le Lion

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    1. Oui c'est vrai, jamais je n'aurais imaginé pouvoir vivre à TLV.

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  5. Nos amis veulent à tout prix nous faire découvrir la ville et le pays... nous irons un jour...

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    1. Tu vas adorer j'en suis persuadée !!

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  6. Superbe voyage....Tu m'as donné l'envie d'y aller; tu en parles si bien...un instant j'ai oublié tous mes soucis, merci Ysa ! Florence

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    1. Merci de ta visite Florence et je suis contente de t'avoir fait rêver.... en vrai c'est encore mieux, si un jour tu as l'occasion d'y aller, fonce !!

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