lundi 17 février 2014

Le droit de mourir



Vous avez tous entendu parler de l’affaire Vincent Lambert, cet homme dans le coma depuis 5 ans dont la famille se déchire pour savoir s’il faut continuer l’acharnement thérapeutique ou bien cesser le maintien artificiel en vie. Vincent a exprimé verbalement à son épouse que si un jour il avait un accident et qu’il n’y avait aucun espoir médicalement parlant, il ne souhaitait pas rester dans un état végétatif. Le problème c’est que Vincent ne l’a pas écrit et que sa parole n’a aucune valeur face à un tribunal et même face à la propre famille.

Depuis, Vincent attend, son état ne s’est pas amélioré et ne s’améliorera jamais. Le corps médical est formel,  il n’y aura pas de progrès et certainement une dégradation au fil du temps.

Depuis, l’épouse de Vincent se bat pour respecter la volonté de son mari mais aussi pour qu’il puisse partir dignement. Le corps médical fait bloc avec elle et quelques membres de la famille aussi. Mais les parents de Vincent ne sont pas du même avis et s’opposent catégoriquement à toute idée d’aide à mourir.

Je n’arrive pas à comprendre cet état d’esprit. Je pense que cet homme qui ne voulait surtout pas rester en vie artificiellement a le droit de partir comme il l’avait souhaité. Je ne comprends pas que ce soit la parole des parents qui prime sur les demandes de son épouse et même de ses frères. Je ne comprends pas pourquoi on essaie de maintenir à tout prix quelqu’un en vie alors que ça ne sert à rien sinon à ajouter du chagrin à une épouse qui est déjà profondément meurtrie.

La famille se déchire, les parents ne parlent plus à la belle fille, certains frères ne parlent plus à leurs parents. L’épouse de Vincent est en survie elle aussi depuis 5 ans, elle a mis son travail entre parenthèse, passe son temps à l’hôpital auprès de son mari, déménage quand il change d’endroit. 

Fin de semaine dernière je lis un article sur le nouvel Obs concernant ce dossier et là j’apprends qu’en fait les parents de Vincent sont très religieux, trop religieux même et qu’au nom de cette religion, Vincent n’a pas le droit de partir comme il l’a souhaité. Pire, cette religion poussée à l’extrême divise la famille parce que certains des enfants ne veulent plus en entendre parler.  

Je ne critique pas les religions, je respecte le choix de chacun, mais il y a des limites et quand on arrive dans les extrêmes ce n'est jamais bon.

J’ai dit à mon binôme que si un jour j’étais dans le cas de Vincent, je ne veux surtout pas d’acharnement thérapeutique, je veux partir tranquille et qu’on me foute la paix. Je ne veux pas entraver la vie de mes enfants qui seront obligés de faire les trajets pour venir voir leur mère transformée en légume à l’hôpital, Je ne veux pas que mon binôme attende un signe du destin qui ne viendra jamais. Je l’ai déjà dit à tout le monde mais maintenant je vais l’écrire.

Maintenir quelqu’un alors qu’il n’y a plus d’espoir de retour ça me dépasse, parce qu’on torture les proches qui attendent l’irréalisable et qu’on ne sait même pas si on ne torture pas non plus celui qui est relié aux tuyaux qui le maintiennent en vie.   

Ca n’arrive pas qu’aux autres.

14 commentaires:

  1. Tout à fait d'accord avec toi. C'est ce que j'ai dit également à mon homme et à ma fille. Si pas d'espoir, que je meure. Cela fait mal sur le coup mais bon passer des années comme ça, non.

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    1. C'est clair, par contre il faut l'écrire pour ne pas avoir de mauvaises surprises au cas ou

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  2. Vu mon travail, j'ai fait une formation fin de vie. La loi dit qu'il faut désigner une personne de confiance, ça se fait dans la loi, et à cette personne on dit ce que l'on veut s'il nous arrive un malheur. Cette personne a le droit de prendre les décisions à notre place au cas où ! Seulement voilà, peu de gens le savent, mais il faut le faire, comme ça on est sûre de ce que l'on devient si on a perdu sa conscience.

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    1. Oui mais il faut que ça soit écrit sinon ça n'a pas de valeur.

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    1. Oui tragique pour tout le monde, l'épouse, les parents, la famille, et aussi pour Vincent qui peut être malgré son coma assiste à tout cela impuissant.

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  4. Non, ça n'arrive pas qu'aux autres et je suis d'accord avec toi mais c'est si difficile pour des parents d'accepter la mort d'un enfant, même si cet enfant est adulte ...heure-bleue

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    1. Bien sûr que c'est difficile d'accepter la mort d'un enfant, mais à partir du moment ou l'enfant a donné des consignes pourquoi ne pas respecter ses volontés. Moi ce qui me gène là dedans c'est cette histoire de religion qui aveugle et ordonne les prises de position des parents.

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  5. Terrible dilemne... Je suis incapable de me décider, parce qu'à tout moment, tout peut changer, même notre état d'esprit et notre envie de vivre ou de partir.

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    1. Oui c'est vrai que tout peut changer mais quand les médecins sont formels et qu'en plus la santé se dégrade et qu'on sait qu'il n'y a pas de retour possible pourquoi s'acharner....

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  6. Je laisserai des consignes mais seront-elles suivies?

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    1. Je l'espère pour toi. C'est vrai que c'est délicat mais quand une personne écrit ses volontés, il faut les respecter, enfin pour moi c'est comme ça...

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  7. je suis d'accord avec toi.... les médecins connaissent bien le cas et il est vrai que cela ne sert à rien de s'acharner
    cependant, pour des parents ce ne doit pas ^tre évident prendre la décision car même si il n'y a plus d'espoir, l'enfant est toujours là, le voit, le toucher .....ils ne "veulent" peut-^tre pas entendre les médecins...
    Je me souviens lorsque mon père était malade et en fin de vie, je me disais, il devrait partir , et mon coeur disait aussi, : "mais il est toujours là, en chair et en os, bon en os qu'en chair mais: là. C'est un petit côté égoïste . Même si la mort fût un soulagement pour tout le monde (lui, d'abord, et nous ensuite) .
    voilà,
    pas évident tout cela ;-)
    gros bisoux
    Le Lion

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    1. Non ça ne doit pas être évident pour les parents mais ils ne respectent pas le souhait de leur fils. Finalement tout le monde vit un enfer dans cette histoire.

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