mardi 26 février 2013

Pour mon père



C’est un film que j’ai vu pas plus tard qu’aujourd’hui. Je ne connaissais ni son existence, ni son titre et je n’avais pas prévu de m’affaler dans le fauteuil, surtout en début d’après-midi, heure où je suis censée bosser, mais voilà, il y a parfois des imprévus qui font bien les choses et c’est grâce à un zappage intempestif du binôme que nous avons découvert « Pour mon père » du réalisateur Israélien Dror Zahavi, diffusé sur ARTE.

Le film commence dans une voiture où un jeune Palestinien accompagné de deux acolytes pas très sympathiques passe la barrière de sécurité pour venir se faire exploser en Israël. L’endroit désigné est le Souk Hacarmel de Tel-Aviv, on ne peut rêver mieux !! 

Le jeune homme qui se prénomme Tarek se rend sur le marché mais la machine s’enraye, l’interrupteur qui doit déclencher la charge ne fonctionne pas, il va donc falloir trouver un plan B afin de réparer le mécanisme.

Seul hic au tableau, c’est le début du shabbat et Tarek va être obligé d’attendre dimanche pour commettre son méfait. Il va donc se retrouver à vivre 48 heures avec l’ennemi qu’il est venu tuer et ces 48 heures pourraient bien tout changer.

Etrange film qui met en vis-à-vis les deux sociétés avec leurs problèmes, leur histoire, leurs travers et les peurs de chacun. A un moment je me suis presque sentie mal à l’aise parce que j’avais de la sympathie pour le jeune Tarek. C’est un jeune homme qui n’a absolument rien d’un terroriste, c’est un jeune footballeur, promis à une belle carrière qui doit cesser de jouer parce que pour aller s’entraîner il doit passer la barrière de sécurité qui a été construite à Tulkarem (ville où il habite) et que ça devient de plus en plus compliqué. 

On a d’un côté, un jeune homme inoffensif qui ne veut qu’aller faire du sport,  et de l’autre, des soldats chargés de la sécurité qui doivent être vigilants parce que beaucoup de terroristes viennent de cet endroit pour se faire exploser. 

Le père de Tarek arrive, tant bien que mal à obtenir des laissez-passer mais doit subir des railleries et humiliations de part et d’autre, du côté des Israéliens parce que les passages de check point sont difficiles mais aussi dans son propre camp palestinien qui l’accusent de collaborer avec l’ennemi.

C’est pour réhabiliter l’honneur de son père que Tarek veut se faire exploser à Tel-Aviv, parce que les Israéliens ont brisé son rêve et celui de son père…. mais ça c’est ce qu’il croit. 

Au cours de ses 48 heures passées en territoire Israélien, Tarek va rencontrer des gens qui comme lui, ont une histoire douloureuse. C’est ainsi qu’il atterrit chez Katz, un vieux juif qui vient de Roumanie et qui vit seul avec sa femme. Ils ont perdu leur fils à l’armée dans d’étranges conditions et en veulent au monde entier. Un lien affectif se crée entre eux. On les voit diner ensemble pour shabbat et il est invité à passer la nuit chez eux. Dans la rue en face, il fait la connaissance de Keren, une jolie jeune fille qui a coupé les liens avec sa famille, des religieux orthodoxes. Keren est seule, elle n’a pas d’amis,  on peut imaginer le début d’une romance, histoire d’amour impossible… et c’est peut-être parce qu’elle est impossible qu’elle semble si belle.

Le film avance, Tarek découvre la vraie société Israélienne et Tarek se met à douter pour ne plus avoir vraiment envie de se faire sauter. Mais Tarek est prisonnier parce qu’il est manipulé et tenu par des vrais terroristes qui le font chanter.  Sa famille est menacée peut-il vraiment reculer ?

Une nouvelle révélation de son ex entraineur qu’il rencontre le jour de shabbat vient ébranler ses convictions. Le rêve de son père n’était pas que Tarek devienne un grand footballeur. Tarek se rend compte qu’en se faisant exploser il ne sauvera aucun honneur mais brisera la vie de ses parents….

Tout pourrait être simple, mais Tarek est prisonnier, prisonnier des autres, des salopards qui le font chanter, prisonnier de lui-même…. On sait déjà comment tout se terminera…. Parce qu’il ne peut en être autrement…..

Les dés sont jetés et je rêve de pouvoir les arrêter…. 

J’ai vraiment aimé ce film qui met le doigt sur les bonnes questions…. Je n’ai malheureusement pas les bonnes réponses sinon tout serait si simple et il n’y aurait pas de conflit.

Ce film c’est une fiction,  je me doute bien que dans la réalité un terroriste n’a pas ce genre de sentiments…. Mais il montre encore une fois, si besoin était, qu’il y a de chaque côté des âmes de bonne volonté qui aspirent à la paix. Je sais qu’il y en a beaucoup côté Israélien, j’ose espérer qu’il y en a de l’autre côté aussi.

J’aime les films des réalisateurs Israéliens, J’aime la manière dont on dépeint cette société, même si parfois c’est exagéré, même si des fois ça ne me semble pas toujours objectif. 

Dans ce film il y a un message qui passe, après chacun le ressent comme il le veut.... il faudrait vraiment être aveugle pour ne pas être touché.

 Le film en hébreu s'appelle "Sof shavouah be Tel-Aviv" ce qui veut dire fin de semaine à Tel-Aviv

23 commentaires:

  1. La zapping a parfois du bon et procure souvent de bonnes surprises.

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    1. On n'alllume jamais la TV le midi, en fait je ne la regarde que le soir et là je ne sais pas pourquoi j'ai allumé... des fois c'est bizarre....

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  2. Dommage, je n'ai pas le réflexe télé mais, tu le sais, les mères font un maximum pour la paix, elles se rencontrent israéliennes et palestiniennes, elles ont en commun d'avoir perdu un enfant pour une guerre imbécile, toutes les guerres sont imbéciles....heure-bleue

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    1. D'accord et pas d'accord.... oui il y a des rencontres mères palestiniennes et Israéliennes, mais.... je mets un bémol... je n'ai pour l'instant jamais vu de mère Israélienne envoyer son fils avec une ceinture d'explosifs et dire qu'elle en a encore d'autres à sacrifier.... même si ça fait bondir, il faut le prendre en compte....

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  3. j'espère aussi qu'un jour ce "rêve" se réalisera. . Il y a bien 40 ans, je correspondais avec une américaine amie de ma sœur ainée qui vivait là bas et était de couleur. Elle et ma sœur sont décédées depuis. Nous en sommes venus à "parler" d'Israël et je lui ai toujours dit que dans 50 ans, la situation serait identique, sinon pire. Tant qu'il y aura des extrémistes des deux côtés , il existera se problème, qui est capable un jour, d'enflammer toute la zone...( Bien sur, nous nous écrivions en Français puisqu'elle était native de Haïti)

    Bonne fin de journée.!

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    1. Je pense que la paix n'est pas pour demain... alors bien sûr on dira que c'est de la faute des Israéliens..... on dit toujours ça, c'est tellement plus simple...

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  4. Je vois que ton binôme est aussi zappeur que le mien ;-)
    gros bisoux
    le Lion

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    1. Oui et c'est pénible, du coup je garde la télécommande près de moi. Enfin ce qui est bien c'est que c'est toujours moi qui décide du programme, il est pas chiant pour ça le binôme, il s'adapte !!

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  5. J'adore tes interrogations.
    Ce sont les nôtres depuis si longtemps...
    Tu n'as plus qu'à acheter deux DVD pour les envoyer à Avigdor Lieberman et Khaled Mechaal, des fois que ça leur fasse pousser un cerveau...

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    1. Tu ne penses quand même pas que cette interrogation vient de surgir de mon cerveau de blonde... je suis comme toi même si on est pas d'accord sur ce conflit, ça m'interpelle depuis longtemps. J'en reparle aujourd'hui tout simplement parce que j'ai vu ce film.... Il y a des fois... j'ai la désagréable impression que dans ton esprit, je suis cataloguée "gourde de service".

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  6. Coucou Ysa, je ne connais pas ce film, et comme je vais peu au cinéma...je lis que tu te prends pour la gourde de service ? mais non mais non, hi hi...des bisous et bon jeudi...

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    1. Je ne le connaissais pas non plus jusqu'à ce qu'il soit diffusé sur ARTE mais franchement j'ai aimé, ce n'est pas un film récent, il a été tourné en 2007 je crois. Concernant la gourde de service..heu... joker !!

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  7. un week end tragique ...........et une zapette de prémonition, un très beau film je l'avais vu

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    1. Ah bein on est d'accord, c'est un beau film, j'ai déjà envie de le revoir !!

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  8. Meuh non, tu n'es pas "gourde de service".
    Tu sais bien qu'on n'est pas d'accord politiquement (ce qui n'empêche pas l'affection)
    C'est juste que je ne m'attendais pas à ce que tu parles comme ça de ce film, vu que tu es plus "likoud" que "havoda"...
    (quoique tu continues à lahavod malgré ta retraite...)

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  9. Mouahahahah, moi aussi je t'aime le Goût. Je ne suis pas spécialement Likoud, quand je suis arrivée en eretz j'étais Avoda à fond la caisse, puis au fur et à mesure j'ai un peu changé en voyant tout ce qui se passait sur place. Quand Sharon s'est désengagé de Gaza, j'ai applaudi et je me suis dit, ça y est, on la tient cette fichue paix. Mais klum, ça n'a rien fait. Cette paix je la veux autant que toi, mais pas à n'importe quel prix. Avec Jules on a beaucoup parlé avec les Palestiniens, on avait des potes palestiniens dans les souks, on buvait le café ensemble et on s'embrassait, j'adorais ça... J'ai toujours dit deux états puisqu'on ne peut pas vivre ensemble... chacun chez soi et on emmerde pas l'autre... peut-être qu'un jour les mentalités changeront.... mais faut quand même avouer qu'il y a plus d'Israéliens pro paix que de l'autre côté. Ah c'est un long débat, un jour on en causera ensemble autour d'un couscous et tu verras qu'on a des points qui rassemblent. Le ver dans la pomme c'est Gaza et le Hamas. Allez shabbat shalom haver....

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  10. Wouah ! Tu donnes tellement envie de le voir ce film ! Le côté humain que tu décris fait rêver : si seulement c'était possible...

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    1. Faut que tu le voies Yaffa cheli, je sais qu'il te plairait, on se ressemble tellement dans nos idées...

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    2. Tout à fait d'accord ! S'il repasse je ne le louperai pas ma Belle Blonde euh Brune euh non, Blonde ;-)

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  11. Quelle tristesse cette barrière qui sépare deux monde mais pas seulement ... De part et d'autre des HOMMES tout simplement avec, comme tu l'écris, leurs douleurs, leurs blessures, leurs drames ... Ah cette guerre ne finira donc jamais !
    Je n'aurai pas regardé ce film car je le trouve trop réaliste et triste, pardon ma Havera !
    Mille bisous et douce journée.

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    1. Je crois qu'il faut regarder parfois des choses que l'on a pas spécialement envie de voir, J'ai envie de regarder tout ce qui concerne Israël et j'aime beaucoup les films Israéliens même si, comme je le dis, parfois je ne trouve pas que ça soit objectif. Concernant ce film c'est très bien décrit et le ressenti des deux parties est exact.

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  12. Comment peut-on à ce point se haïr ? Je viens de voir sur ARTE un magnifique documentaire sur le schin beit, où des anciens des services expliquent leurs regrets des occasions manquées. Cette terre n'est faite que de ça...

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  13. Mais la terre en général, des conflits il y en a partout et parfois de bien pires... le silence sur ce qui se passe en Syrie en est un bel exemple. Quand les gens arrêteront de se focaliser sur Israël, d'envoyer des flottilles qui ne servent à rien sinon à encore plus enflammer les foules, à juger ce pays sans le connaître, sans jamais n'y avoir mis les pieds, et bien peut-être que les choses évolueront.... mais pour l'instant on en est bien loin !!

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