dimanche 24 juin 2012

Paradoxe



La légère brise du « mazgan » (climatiseur) me donne un sentiment de bien être, j’aime dormir avec son ronronnement, ça me berce, ça me rassure et je n’entends rien d’autre que lui. J’y suis tellement habituée que lorsque les mois les plus frais arrivent et qu’on en a plus besoin j’ai du mal à m’en passer. En attendant je me délecte de la fraîcheur qu’il apporte parce qu’il fait déjà très chaud dehors. Nous sommes début août, il est encore tôt, tout à l’heure nous partirons direction la plage pour y passer une bonne partie de la journée.

J’entends les vas et viens du chat qui monte et descend l’escalier, il n’ose pas venir me réclamer son petit déjeuner parce qu’il sait que je ne vais pas céder, le chien dort tranquillement à mes pieds. 

Je sens une douce quiétude, je n’ai pas de stress, la vie est simple, douce et belle sous le soleil de Tel-Aviv.

Je finis par me lever et je prépare le petit déjeuner. J’ouvre en grand la fenêtre qui donne sur la terrasse, cette terrasse ensoleillée ou pousse Olivier, bougainvilliers, citronnier, orangeais et qui domine fièrement la mer. Parfois j’entends le bruit des vagues qui viennent mourir sur les rochers, ce bruit sauvage m’est familier.

Il fait chaud, j’aurais presque envie de dresser la table à l’intérieur mais je ne m’y résigne pas, commencer la journée sur cette terrasse en regardant la mer c’est un bonheur que beaucoup n’ont pas. Le parasol fera l’affaire et nous protègera comme il le fait à chaque fois.

J’aperçois au loin quelques voiliers, ils semblent immobiles et le manque de vent les fait stagner. J’entends le brouhaha de la vieille ville de Yaffo et les odeurs épicées me chatouillent les narines. 

Je ne mesure pas la chance que j’ai de vivre ici sous le soleil……

Ce matin je suis réveillée par le bruit de la pluie, les gouttes frappent à ma fenêtre et je n’ai pas envie d’ouvrir les yeux. Il est tôt mais les voisins sont déjà actifs, ils font du bruit sans se préoccuper des autres qui pourraient encore dormir, c’est dimanche et à 8 heures du matin ils passent l’aspirateur.

J’ai froid et je m’enveloppe sous la couette, le chat m’emmerde tellement que je finis par me lever. Dehors c’est gris et venteux. Mon étente à linge s’est aplatie sur le petit balcon et les branches de l’arbre immense plient sous le poids du vent, il distribue ses feuilles dans le parc, on se croirait en automne alors qu’on est fin juin.

Je ne peux pas ouvrir la fenêtre, trop venteux, trop froid aussi. Je suis stressée, je pense à la semaine qui s’annonce et à tout ce qu’il va falloir faire. J’ai le nez dans les cartons, vendredi prochain on déménage, c’est un mal pour un bien, on a trouvé une maison avec un jardin. 

La vie n’est pas un long fleuve tranquille sous la grisaille et la pluie. Le béton et l’herbe trop verte finissent par me donner la nausée, le boulot m’a complètement mangée et le stress est mon ennemi intime. 

J’entends les voitures qui passent derrière sur le boulevard et la machine à laver des voisins qui essore,  je referme vite fait la fenêtre de la cuisine parce que le vent la fait claquer. La rue au loin est vide et l’arbre me donne le tournis.  

Le thermomètre affiche 12 degrés il paraît qu’on est en été. Je regarde les cartons qui s’entassent et si je suis contente de partir parce que la maison que j’ai trouvée me plait, ce n’est qu’un plaisir en demi-teinte, j’essaie de me rassurer en me disant qu’un jour ces mêmes cartons s’entasseront sur le bateau pourtant je commence à avoir peur de ne jamais y retourner….. 

Ce matin, je mesure la chance que j’avais de vivre là bas…. Sous le soleil de Tel-Aviv 

28 commentaires:

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    1. Bein oui, le contraste parle de lui même !!

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  2. Il faut vivre au jour le jour, tu vivras peut être à nouveau là bas mais pour l'instant, imagine toi dans ta nouvelle maison....heure-bleue

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    1. C'est ce que je fais et je te raconte pas le balagan ici !!

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  3. Ha nostalgie quand tu nous tiens .... j'ai vécu 35 ans avec ce noeud dans l'estomac en pensant à mes Cévennes, enfin j'y suis ! faut pas désespérer

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    1. Heu.... Mae... j'vais pas attendre 35 ans quand même !!

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  4. Haaa ça y est me Kind, t'as trouvé ton bonheur, t'as rien dit encore
    c'est où???
    j'espère que vous allez pouvoir profiter un peu du jardin ;-)
    bises
    Le Lion

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    1. Ah lion je l'ai dit sur FB t'as pas du voir !! je suis pas loin de chez toi, après la Clinique Vilette.

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  5. Ma Belle Blonde ! Je reconnais ta terrasse et je comprends et partage ta nostalgie.
    Les choix que l'on fait dans sa vie ne sont pas toujours faciles mais on ne les fait pas par hasard : ton amour pour Eretz est tellement fort que je crois fort à ton retour "chez toi" !
    Ne perds pas espoir, continue d'avancer et tu trouveras "ta Terre" encore plus belle, plus désirable lorsque tu fouleras à nouveau son sol !

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    1. Yaffa Cheli, on était bien quand même sur cette terrasse !! j'espère que tu dis vrai, que j'y retournerai, puis c'est vrai qu'on a rendez-vous sur le pont des souhaits !!

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  6. Bonjour Ysa ! le contraste est saisissant en effet ! Sans doute que tu reviendras vivre la bas . En attendant je te souhaite une super journée !

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  7. Ah ma Havera ... le spleen de ce beau pays comparé à ta vie de labeur dans une région "du nord" où le soleil ne brille pas aussi fort, où il n'y a pas de bougainvillées, où ... où ...
    Viens dans le sud ! Tu te régaleras du champ des cigales et je t'emmènerai voir nos beaux champs d'oliviers et les jardins fleuris, la mer, les plages, .....
    Tu as IMPERATIVEMENT besoin de vacances ma Havera ...
    Mille bisous et courage +++++
    PS : je t'envoie une bachassée de soleil !

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    1. Les vacances c'est pas pour maintenant, en octobre j'espère aller au soleil !!!

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  8. J'ai oublié de te dire que je me souviens comme si c'était hier de cette photo de ta terrasse !

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    1. Oui c'est vrai que je l'ai montrée sur mon autre blog

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  9. Coucou Ysa, bon courage pour ton déménagement, je sais ce que c'est...et n'oublies pas les chat, d'accord ? bise, bon week end.

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    1. A y est, déménagement bouclé, tout est réinstallé, reste des cadres et les rideaux (qu'il faut changer d'ailleurs) mais leat leat (doucement) comme on dit chez moi

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  10. je comprends exactement ton sentiment. c'est un peu triste mais c'est la vie je crois...

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    1. Merci Poppilita et bienvenue chez moi.... oui c'est triste et oui c'est la vie, des fois on a pas vraiment le choix !!

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  11. Laissez déborder le soleil qui est dans votre coeur, il finira bien par illuminer et la nouvelle maison, et le nouveau jardin, et la nouvelle région...
    Bon courage !

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    1. Merci Bonheur du Jour et bienvenue ici, le soleil est un peu en berne aussi dans le coeur mais la nouvelle maison est sympa, tout finira par s'arranger !!!

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  12. Au début du billet, j'ai eu une sensation de chaleur, comme si le soleil venait me chauffer le visage.. et puis en continuant la lecture, je me suis vite rappelée que mes pieds étaient gelés, et que les sandalettes n'étaient vraiment pas de circonstance.
    Je te souhaite de retourner vivre là-bas, un jour, peut-être.

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  13. Merci Norzem, un jour viendra certainement mais je ne sais pas quand !!

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  14. P'tit coucou ysa, t'as un coucou de la part du rouquin, tin tin tin...et bon week end.

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    1. Oh mais je l'adopte tout de suite le rouqin.... le problème c'est Bamba, suis pas certaine qu'elle appréciera un autre chat !!

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