mardi 28 février 2012

Agitation nocturne


La chambre baignait dans le noir. Les ombres singulières des arbres du grand jardin se reflétaient sur les rideaux. L’atmosphère était étrange et pesante, presque moite.  Coincée entre les ronronnements du chat et la respiration saccadée du binôme, je peinais à trouver le sommeil, tournant et me retournant sans cesse attendant que Morphée daigne enfin m’accueillir. 

Le réveil indiquait 1 h 40 et je commençais à sombrer dans les précipices quand tout à coup un bruit sourd vint interrompre ma descente. Le chat fût comme électrisé, il fit un bond et en deux enjambées atterrit dans le couloir qui mène au salon. 

Le palpitant passa à la vitesse supérieure, pour moi il n’y avait aucun doute, quelqu’un venait de pénétrer par effraction dans l’appartement. En l’espace d’une seconde je secouais la masse qui dormait du sommeil du juste.

"T’as pas entendu le bruit, réveille toi, y a quelqu’un dans la maison"

"Oui c’est pas grave il va partir" me répond-t’il complètement endormi

"Nan je rigole pas, je te dis qu’il y a quelqu’un, y a eu un gros bruit ça vient de la porte, réveille toi bon sang !"

Mais le binôme est en plein rêve, il me regarde les yeux écarquillés comme s’il avait vu la vierge, grommelle et baragouine, marque un temps d’arrêt et n’a pas l’air de vouloir se lever. Je le secoue et lui répète qu’il  y a quelqu’un dans la maison mais il n'a pas l'air de capter ce que j'essaie de lui expliquer.

De guerre lasse, je me dirige vers le couloir et j’allume tout en grand, je reste figée telle la statue de sel et guette le moindre bruit. Je cherche un objet qui pourrait m’aider à me défendre au cas ou…. Et je ne trouve qu’une bougie de massage sur la commode…. 

Interpellé par mon effroi,  le binôme se décide enfin et se lève d’un coup. Je chuchote afin de ne pas éveiller les soupçons d'un éventuel visiteur et lui crie de faire attention. Il part en éclaireur et moi je suis à l’arrière, toujours avec ma bougie que je finis par reposer, consciente du ridicule de l'objet de défense.

Le binôme est en tenue d’Adam, je lui dis d’enfiler quelque chose car nu comme un ver, face à un adversaire, ça ne le fait pas, mais il est déjà dans le salon et fonce vers la porte d’entrée qui est bien fermée.

"Alors tu vois, y a rien t’as rêvé."

Au même moment le chat attire mon attention, il est en position d’attaque, les griffes plantées dans le tapis et surveille la porte de l’arrière cuisine les pupilles complètement dilatées.

Je fais signe au binôme, y a quelqu’un dans l’arrière cuisine….  je suis en grande panique, en réelle panique et le binôme s’en rend bien compte. L'attitude du chat n'est pas faite pour me réconforter.

"Comment veux tu qu’il y ait quelqu’un dans l’arrière cuisine, tout est bouclé, par où serait-il passé ?"

"Vas voir je te dis !!"

Bien sûr il n’y a personne, on regarde partout, je zieute même le balcon, mais rien….. Les arbres s’agitent toujours, les lumières des réverbères dansent sur les murs du salon et j’entends une voiture qui passe à toute allure sur le boulevard. Le chat s’attelle à son bol de croquettes et semble me rire au nez.

Je viens de voir que l’écran de mon ordinateur n’est pas fermé, je rentre dans le bureau et ......c’est là que je tombe nez à nez avec...... L'AGRESSEUR !!!! 

Il est coincé entre le mur et la chaise de bureau, dans sa chute il a entraîné quelques objets  et il git complètement éventré. Les battements de mon cœur se ralentissent, je pousse un ouf de soulagement, ce n’est qu’un classeur qui est tombé d’une étagère, je peux aller me recoucher !!!

Quand je rentre dans le lit mon binôme me gratifie d’un « t’es vraiment cinglée » et on part dans un grand éclat de rire. 

Ca m’apprendra à regarder Esprits criminels avant d’aller me coucher !!!

mardi 21 février 2012

La grande voleuse


Pour changer, je vais te conter une anecdote de boulot. Bon en même temps tu dois penser que c’est bien triste de n’avoir rien d’autre à écrire mais vois tu, ce taf  me pompe une bonne partie de mon existence et me permet ainsi de vivre, ce qui n’est pas négligeable…. De toutes façons, j’ai ouï-dire que t’aimais bien mes aventures et que ça te faisais  marrer, alors je ne vais pas me priver hein, parce que si quand ça m’arrive je ne suis pas vraiment hilare, je dois t’avouer que quand je les narre et bien ça me détend, tiens j’en rirais presque avec  toi !!!

Dimanche nous étions sur une expo, une première édition qui à mon avis sera la dernière, en tout cas pour nous et pour bien d’autres de mes compagnons de galère exposants. La salle était pourtant superbe, aérée, de beaux stands, des allées larges, bref tout pour plaire….mais le client n’était pas au rendez-vous, mauvaise communication, pas la bonne ville, la crise, la faute à pas de chance, j’en sais rien, je ne me pose plus la question, on passe à autre chose…. Pourtant y a quand même bien un truc qui me reste en travers, c’est de ne pas avoir pu décrocher une droite à ma voleuse en lui faisant avaler son butin !!! 

L’expo n’avait pas ouvert ses portes, nous avions installé le stand la veille comme on le fait toujours et nous aimons bien arriver une bonne heure avant l’ouverture afin de fignoler. Nous étions donc en plein « boum » comme beaucoup d’autres,  quand tout à coup, surgie de nulle part, elle est arrivée comme un chien dans un jeu de quilles. Grande de taille et coiffée comme l’as de pique, elle m’a tout de suite fait une drôle d’impression, pas par son allure parce que je ne juge jamais les gens sur un physique mais par son débit affolant et sa gestuelle. Elle parlait beaucoup trop,  bougeait et virevoltait dans le stand, faisait de grands gestes, touchait à tout et son brassage d’air a bien vite fini par me saouler. Je lui répondais par onomatopées parce que je n’avais plus beaucoup de temps.  Elle s’était trompée dans l’heure, -pensant que l’expo ouvrait bien avant-, son stand était fin prêt et du coup elle s’emmerdait royalement, une bonne raison  pour aller faire chier les autres qui n’étaient pas forcément prêts parce que moins cons qu’elle, ils avaient lu les instructions et connaissaient les heures d’ouverture du salon.

Au bout de 15 minutes, voyant qu’on ne lui prêtait guère attention, elle est partie comme elle était venue. L’expo a commencé et comme il n’y avait pas foule, au bout d’une heure la voilà de retour sur le stand. Cette fois j’ai le temps d’écouter ses palabres et elle me stresse. Elle connaît nos produits, en a déjà acheté, elle va nous en prendre, est ce qu’on lui fait un prix, avec qui faut-il négocier ?

Bien sûr qu’on lui fera un prix, on fait toujours des prix aux exposants, ils ont tous la même remise comme ça pas d’embrouille ni de jalousie. Et la voilà qui embraye, y a quoi dans cette crème et celle là elle sert à quoi, oh j’aime bien l’odeur vous avez un testeur, y a pas d’autres parfums pour celui là , t’as des échantillons à me passer que j’essaie ce soir comme ça si ça me convient j’achète demain….

Et là voilà qui ouvre les flacons, regarde les emballages, les tourne dans tous les sens et ça caquète, ça piaille et j’en peux plus, je me dis qu’il va bien y avoir un client qui va la faire décaniller et par la même occasion nous sauver mais rien….. 

C’est à quel prix, tu me le feras moins cher hein ? oh celui là je vais le prendre car j’en ai plus et celui là me plait bien aussi….

Au bout de 15 minutes d’enfer elle se casse, je regarde mon binôme et lui dit que si elle nous fait ça tout le week-end ça va pas le faire parce que là je suis à deux doigts de m’énerver d’ailleurs j’en attrape des suées.

Il est 16 h 00, on a un peu travaillé mais faut avouer que ce n’est pas le pied. Les allées sont plutôt désertes, on se console en se disant que samedi et dimanche il y aura foule. J’ai presque oublié la grande girafe quand tout à coup la revoilou !!! Je la vois trotter au pas cadencé et je me dis que décidément on est vernis !!!

Elle me demande si j’ai des produits encore en stock et si je sais exactement ce que j’ai…. Je lui réponds évasivement parce qu’il y a deux clients qui arrivent. Elle farfouille toujours partout et ça commence à se compliquer parce qu’à 5 dans le 9 m 2 avec en plus les meubles et la banque d’accueil ça le fait pas. Je ne prête plus attention à elle, j’encaisse un achat et mon binôme a déjà entrepris des explications avec un autre client.  

Je ne me rends même pas compte qu’elle est partie et c’est tant mieux, c’est la fin de la journée et on fait le point pour le lendemain. Mon binôme me demande pourquoi j’ai retiré deux huiles de massage de l’étagère du bas.

Je n’ai rien retiré du tout, les huiles doivent être dans la caisse, mais elles n’y sont pas. Je sais parfaitement combien j’en ai ramenées et il ne peut pas y avoir d’erreur parce que nous savons tous les deux qu’il y en avait 6 en début d’après-midi et qu’on en a pas vendu.

Le mystère s’installe, on regarde partout, on vérifie si elles n’ont pas été mises ailleurs –ce qui ne semble pas possible parce que sur les étagères tout a pratiquement toujours la même place sur chaque salon- mais que s’est-il donc passé avec ces deux huiles qui manquent à l’appel…. 

On a beau tergiverser, force est de constater qu’on s’est fait chourer nos deux huiles et que c’est la première fois que ça nous arrive. On cherche qui a pu faire ça, on refait le film, on revoit chacun de nos gestes avec les clients et vu le peu de personne qui a défilé sur le stand ce n’est pas compliqué.

Les conclusions sont simples et on ne doit pas être loin de la vérité, c’est la grande girafe qui a fait le coup et vu son comportement, ses allées et venues chez nous, tout se regroupe, ça ne peut être qu’elle. On se dit qu’on aura l’occasion de lui en causer le lendemain mais l’occasion ne se présentera jamais.

Samedi comme Dimanche, elle est aux abonnés absents, sur notre stand en tout cas car je la vois en grande conversation ailleurs  où elle va recommencer son manège, la machine semble bien huilée, le stratagème est parfait, en tout premier lieu elle repère, puis elle revient ensuite mine de rien, toujours en remuant et en faisant de grands gestes et dès qu’il y a du monde…. Elle opère !!! 

On mourrait d’envie d’aller la toper, mais sans preuve flagrante pas simple. Je voulais aller sur son stand et lui dire « dis donc tu ne sais pas ce qui nous est arrivé, on m’a piqué deux huiles tu te rends compte »….. puis je ne l’ai pas fait, l’occasion ne s’est pas présentée, on a failli se croiser une fois ou deux dans les allées, elle a tout de suite changé de chemin, visiblement pas à l’aise. 

J’ai lâché l’affaire, ça ne me ressemble pas, mais sans flagrant délit je ne pouvais rien prouver même si j’étais certaine à 150 % que c’était elle.   J’ai pensé à la justice divine,  nous avons réussi à sauver notre expo, nous avons très peu gagné mais tous nos frais ont été amortis, d’autres s’en sont moins bien tirés.  

Elle n’a pratiquement rien vendu, -tant pis pour elle-  c’est peut être un hasard mais j’aime à croire que j’ai été vengée…. "Bien mal acquis ne profite jamais"…..   gniark gniark gniark !!!

samedi 11 février 2012

Défouloir


J’ai eu beau faire valser quelques dossiers dans le bureau lundi matin, je ne me suis pas sentie apaisée pour autant. Je ne décolère pas, je cherche ce qui pourrait bien m’apaiser et je viens de me souvenir que j’ai un espace ici, en friche certes (mince j’ai pas posté depuis plus d’un mois), qui finalement pourrait bien me servir de défouloir et me calmer avant le week-end, parce que ce Week-end je ne travaille pas et ça c’est plutôt une bonne nouvelle.

Mais je vois que tu aimerais connaître l’objet de mon courroux et si tu lis attentivement ce post jusqu’à la fin et bien tu découvriras qu’une simple exposition ratée peut bien vite me donner des envies de meurtres. 

Le week-end dernier nous étions donc dans l’ex ville d’Heure Bleue d’ailleurs à ce sujet j’avais dans l’idée d’aller faire une petite photo de son ancienne maison mais vu le temps de chien qu’on a eu, (jusqu’à moins 11 degrés et 10 cm de neige posé sur du verglas) je me suis ravisée, parce que dans cette ville, dégager les routes ils ne connaissent pas !!! 

C’était la première fois que nous allions là bas –et c’est la dernière- et je crois que j’ai tout de suite compris au montage du stand le jeudi que ça n’allait pas être folichon. Bein oui tu sais bien que j’ai un sixième sens bien aiguisé, je n’ai rien dit au binôme qui m’aurait encore traité de « pessimiste, porte poisse, oiseau de mauvaise augure ou autre » mais j’en pensais pas moins !!!

Déjà au montage ça a merdé t’as qu’à voir !!! on venait de se taper quelques heures de route et on est arrivés dans une salle glaciale (ils avaient pas trouvé le bouton du chauffage) et pas moyen d’aller faire pipi parce que les toilettes étaient fermées (ils avaient du paumer la clé) !!! On a monté nos étagères et mis en place notre barda avec manteaux et écharpes sur le dos et je me suis persuadée que je n’avais pas envie d’aller aux toilettes malgré les trois verres d’eau que j’avais lampés avant d’arriver !!!!  

Le lendemain nous sommes arrivés de bonne humeur, j’avoue que la mienne s’est bien vite étiolée vu qu’ils n’avaient toujours pas trouvé le bouton du chauffage. (soi-disant que le chauffage s’était éteint dans la nuit, une panne inexplicable) mouahahahaha, ils sont très drôles dans l’ex ville d’Heure Bleue !!

On a passé la moitié de la journée avec le manteau sur le dos et ça a commencé à chauffer timidement vers la fin de l’après-midi. La journée a été moyenne et j’ai bien senti que les deux jours restants ça serait pas Byzance, heureusement qu’on avait des voisins hyper sympas.

Mais c’est d’autres voisins que je vais te causer, je les avais dans ma ligne de mire en diagonale. Un grand stand, deux fois le mien et de beaux produits je dois l’avouer. Un truc qui jette, des flacons transparents et des couvercles en or, un écran qui diffuse des vidéos (mon binôme en rêve mais pour l’instant je n’ai pas prévu ça au budget) de beaux PLV, ça faisait vraiment très chic. Meuh non j’étais pas jalouse !!! 

Ils étaient 5 dans le stand, deux mecs et trois meufs et ça s’agitait dans tous les sens, de quoi te donner le tournis.  Il y a un mec qui ne cessait pas de lorgner dans notre direction et forcément ça a commencé à un peu m’énerver, tu me connais !!! J’ai donc demandé à B, notre adorable voisine d’en face d’aller trainer du côté du stand pour glaner des informations sur les produits. 

Elle revient et me dit ce sont des produits Israéliens. Fichtre, j’ai failli tomber de ma chaise !!!  des produits israéliens que je ne connais pas, ça m’a contrariée et du coup j’ai focalisé là-dessus pour le restant de la journée. J’ai mandaté une autre copine afin d’avoir confirmation et je me suis dit que le lendemain j’irais voir moi-même parce que j’avais une folle envie de tout vérifier et de connaître la composition des produits. 

Samedi la neige s’est invitée timidement, nous dormions dans une chambre d’hôte à 8 km de l’expo, et quand j’ai ouvert les volets je n’étais pas vraiment ravie, pourtant le paysage était magnifique, mais c’est certain que le temps n’allait pas arranger nos affaires. Moi qui d’habitude suis pire que les gosses quand il neige, là on peut dire que ça m’a coupé le sifflet. 

Après un dérapage bien contrôlé par Alain Prost mon binôme, nous sommes arrivés à bon port, légèrement en retard.  Le personnel du stand « clinquant » était déjà en rang d’oignons, dans les starting blocks, prêt à dégainer au moindre client. 

Je ne peux pas dire que la journée a été mauvaise, mais ça n’a pas été excellent non plus, on a fait beaucoup moins de chiffre par rapport à d’habitude et moi quand c’est comme ça je stresse, je m’énerve, je m’agite, je râle, enfin je te laisse imaginer. Certains clients ont été légèrement chiants et il était temps que cela se termine parce que j’avais la langue qui me démangeait et je me connais, je me barre bien vite en vrille si on me titille de trop !!! 

Le clou du spectacle a eu lieu une heure avant la fermeture. Vu le peu de monde, j’étais partie flâner dans les allées, jacter avec quelques copines rencontrées sur d’autres expo (bein oui, on finit par se connaître et c’est souvent les mêmes que l’on revoit) et voilà t’y pas qu’à mon retour sur mon stand un des vendeurs du « stand clinquant en diagonale » était en pleine conversation avec mon binôme et vas y que j’te tape dans le dos, que je rigole et tout le St Frusquin.

J’arrive il me salue « Shalom, ani A….  Naim meod »…. J’ai cru m’étouffer, j’ai regardé mon binôme, incrédule en lui disant « Mais il est de chez nous »…. J’aurais mieux fait de dire « mais on est de chez lui » parce que lui c’était un vrai de vrai, un sabra (le sabra c’est celui qui est né en Israël).

Et nous vla partis à discuter de tout, de rien, de nos produits, des siens, il se doutait bien qu’on était Israéliens, mais il n’était pas certain, c’est pour ça qu’il lorgnait toujours de notre côté, il attendait un signe. Du coup j’ai pu enfin aller voir ses produits et constater qu’ils étaient bel et bien fabriqués en Israël mais rien à voir avec les miens, composition totalement différente, pas de label Mer Morte, pas de concurrence donc, -enfin c’est ce que je croyais-. On s’est tapés la discut, il nous a offert un café et nous vla copains comme cochon de stand !! 

Dimanche matin quand j’ai ouvert les volets le manteau blanc s’était renforcé et là j’ai tout de suite pensé que les 10 000 visiteurs prévus sur l’expo ne viendraient pas. Quel est le con qui va prendre des risques et affronter le mauvais temps pour venir nous voir (sans compter que la préfecture avait lançé une alerte radio, restez chez vous qu’ils disaient, ne sortez pas si cela n’est pas nécessaire !!) 

Pour calmer mon angoisse, je me suis jetée sur le croissant et le pain tout frais de la boulangerie du village que le propriétaire de la chambre d’hôte avait été chercher spécialement pour nous. Le binôme était très calme, comme à son habitude, la vie est belle, tout va bien, une bombe peut tomber à côté de moi je ne bougerais pas !!!

Après 10 minutes pour essayer de sortir la camionette bloquée dans la neige et patinant sur le verglas on s’est enfin retrouvés sur la petite route qui nous menait au bagne à l’expo, 40 minutes pour faire 8 bornes, du grand n’importe quoi !!!  Le stand clinquant était fin prêt, avec du renfort, l’associé en chef qui surveillait le déroulement des opérations.

Pas un chien à l’horizon, à part celui de B, la voisine du stand en face, un adorable Shi Tzu avec qui j’ai passé du bon temps à jouer. Le stand clinquant était plein, ça faisait des essais de masques et de crèmes de toutes sortes. 

Deux ou trois personnes m’ont interpellé en disant, « vous aussi vous faites les produits de la Mer Morte » ?  Comment nous aussi, mais on est les seuls !!! ah non Madame, là bas aussi c’est produits Mer Morte !!

Je suis restée comme deux ronds de flan, comment mon compatriote pouvait-il se targuer de vendre des produits Mer Morte alors que ce n’en étaient pas !!!

Voilà comment on se fait gâcher sa journée et voler la vedette !!! c’est la jungle et c’est la loi du plus fort.  Le stand clinquant étant avant le mien, les gens s’arrêtaient là bas et étaient persuadés d’acheter des produits de la Mer Morte. 


Tu sais quoi, les gens sont vraiment cons !!  je ne comprends pas comment on peut se laisser berner de telle sorte, tu regardes pas toi quand tu achètes quelque chose ?

Mon chiffre du dimanche a été plus que merdique, pas de monde, ma voisine B voulait plier à 16 heures tellement elle était écoeurée. Beaucoup d’exposants n’ont pas amorti leurs frais. Chez moi tout a été amorti mais franchement j’ai bossé pour la gloire et je sais pertinemment que c’est à cause du stand clinquant que je n’ai pas fait mon chiffre !! 

EN CLAIR, tu dois faire avec la crise, avec des concurrants qui n’en sont pas mais qui s’inventent une vie et aussi la météo !!! c’est quand qu’on travaille correctement ?

Mon binôme m’a dit, que veux tu, il fait son boulot de commercial, il vend, c’est le but. Bein merde alors, je ne suis pas d’accord, vendre oui, mais pas n’importe comment et pas en mentant aux gens, en plus sa vendeuse s’est permise de dire à plusieurs personnes que nos produits n’étaient pas de qualité et que les siens étaient meilleurs. Elle est gonflée la meuf, jamais je ne dis du mal d’un produit concurrent, ce n’est pas l’éthique de la maison. Peut-être finalement que je devrais être une crapule pour y arriver.

Tu es trop honnête me dit mon binôme, tu ne seras jamais riche, et bien tant pis, je ne cherche pas à être riche, je veux gagner ma vie tout simplement et de façon honnête, sans mentir aux clients. 

On est rentrés sous la neige, certaines portions d’autoroute n’étaient pas dégagées, j’ai cru que j’allais me friter avec le vendeur de la station service sur laquelle nous nous étions arrêtés pour manger un morceau. Il faisait un froid de canard, le thermomètre affichait moins 10 degrés, il y avait derrière une vitre, dans un endroit inaccessible pour nous une famille de chats, ils étaient frigorifiés, se mettaient les uns sur les autres pour se réchauffer. 

Jules a demandé s’il n’était pas possible de mettre un gros carton afin de pouvoir protéger les petites bêtes. Le vendeur nous regardait comme si on lui avait demandé de nous donner sa caisse !!! 

On a bien essayé de discuter, autant pisser dans un violon c’était peine perdue, il aimait pas les chats, il leur ferait pas de mal mais là un carton c’était trop demander !!! On avait pas accès à l’endroit ou dormaient les pauvres petites bêtes, on ne pouvait rien faire sinon j’aurais démonté un carton de chez moi pour le mettre aux chats. 

J’ai été contrariée tout le restant de la route à cause des chats, je ne me sentais pas bien de les avoir laissés comme ça dans le froid, j’ai été contrariée par mon expo ratée et j’ai pas arrêté de râler tout le long de la route, j’ai pas arrêté de dire au binôme de rouler doucement de faire attention, il y avait des portions d’autoroute pas dégagées, on roulait comme des escargots.  j’ai été contrariée de n’avoir pas pu dire ce que je pensais au compatriote du stand clinquant, ça m’avait pourtant bien démangé, est ce que parce que c’est un compatriote qu’on doit fermer sa gueule ? on est rentrés à une heure du mat, crevés, la nuit fut courte, le lever étant à 6 h 30 !!!  

J’ai été contrariée toute la semaine, pour un oui, pour un non, grand bordel dans mon bureau et dans l’appartement. J’ai fais valser les dossiers, donné des coups de pied dans les murs, j’ai même envoyé balader mon propre chat, j’ai eu des envies de tout lâcher……

Puis c’est comme toujours, on passe à autre chose et ça repart…… Quand même c’est dur la vie non ? y a toujours quelqu’un pour t’emmerder quoi que tu fasses, l’enfer c’est les autres, bein oui je le savais bien !!! 

 Mon coup de coeur du Week-end