dimanche 8 janvier 2012

Réveillon raté

Nous avions fait notre aliya 4 mois plus tôt et j’étais au plus bas moralement, même si l’arrivée de fiston pour les fêtes me mettait un peu de baume au cœur.

Nous avions décidé de fêter l’an neuf dans la station balnéaire d’Eilat, tout le monde se réjouissait et en particulier les filles qui allaient pouvoir profiter de la piscine de l’hôtel et du soleil omniprésent pour un mois de décembre. Au programme, balade dans le désert, visite de l’aquarium, shopping et feu d’artifice pour la fête,  de quoi en ravir plus d’un.

Je n’ai jamais aimé ce passage entre le 31 décembre et le 1er janvier, pourquoi, c’est un mystère. Lors du réveillon de la Saint Sylvestre, on est censé s’éclater et commencer la nouvelle année avec de la joie, un bon repas, des bulles et tout ce qui va avec…. Je ne garde pas de souvenirs extraordinaires de fêtes où je me suis éclatée, à part peut-être une ou deux…..  Sur 49 ans de vie ça ne fait pas beaucoup, ce qui explique peut-être le pourquoi de mon adhésion à reculons vis-à-vis de ce moment particulier où il faut se dire bonne année. J’avoue que les 12 coups de minuit, les compte à rebours et autres, ça me stresse.

Quoi qu’il en soit, ce 31 décembre 2002 aurait pu être plus que sympathique, je dirais même royal, parce que tous les ingrédients étaient au rendez-vous. Nous étions partis le matin et la traversée du désert nous offrait de belles couleurs, un soleil magnifique et une température qui flirtait avec les 25 degrés. L’hôtel que nous avions réservé était agréable et proposait plein d’activités,  c’est la première fois que nous allions passer un nouvel an au soleil et, cerise sur le gâteau,  nous étions tous réunis.

Depuis notre arrivée en Israël si chacun avait trouvé ses repères, je n’avais toujours pas trouvé les miens. J’avais laissé mon travail, je n’avais plus de statut social, j’avais laissé mes amies, la solitude me bouffait petit à petit le peu d’énergie qui me restait, je ne maîtrisais pas la langue ce qui me donnait l’impression d’être une parfaite analphabète, j’avais laissé fiston en France et même si c’est lui qui n’avait pas voulu venir, je ne pouvais m’empêcher de culpabiliser.

Chaque jour je sombrais un peu plus, me demandant à quel moment je toucherais le fond et malgré la joie d’avoir tout le monde à mes côtés,  malgré les efforts incessants de mon conjoint pour m’étonner et m’épater, je n’arrivais pas à me sortir de cette déprime.

Il était 19 heures et tout le monde se préparait, nous avions prévu de dîner et ensuite d’assister au feu d’artifice qui se déroulerait sur la mer. Je ne me souviens pas de m’être particulièrement apprêtée alors qu’il est de coutume ce jour là de briller. En fait j’avais hâte que tout ce simulacre se termine, hâte d’aller enfouir ma tête dans l’oreiller et de m’endormir pour ne plus penser.

Je ne me souviens pas du repas, je crois que mon humeur maussade n’avait pas aidé à mettre de l’ambiance, j’essayais bien de faire des efforts mais je n’y arrivais pas.  J’avais les yeux rivés sur la montre et j’appréhendais les 12 coups de minuit et le moment où il faudrait se souhaiter la bonne année car je savais que je fondrais en larmes.

La petite dernière n’avait que trois ans et vers 23 h 30 commençait à montrer de signes évidents de fatigue. J’avais trouvé là un échappatoire et je m’y engouffrais bien vite. Ainsi je laissais tout le monde aller voir le feu d’artifice sans moi et malgré l’insistance de mon mari à me remplacer dans cette tâche, parce qu’il ne voulait pas me priver des réjouissances, je ne me laissais pas fléchir, bien décidée à être couchée pour ces 12 coups de minuit qui pour moi représentaient l’enfer.

La petite s’est tout de suite endormie. A minuit j’ai entendu les premiers pétards et des bribes de bonne année. J’ai ouvert la fenêtre, au bord de la piscine les gens s’embrassaient, les verres s’entrelaçaient, les bouchons de bouteilles virevoltaient.  Le ciel au dessus de la  Mer Rouge s’est embrasé d’un coup se parant de magnifiques couleurs. Le spectacle était féérique, les gens applaudissaient, riaient, ils étaient si heureux et je me souviens avoir pleuré sans retenue. Mon conjoint est bien vite rentré, il a laissé les jeunes s’amuser, il ne voulait pas faire la fête sans moi. Je me suis cachée dans mon oreiller, étrange façon de commencer l’année.

Quand je repense à ce premier réveillon en terre promise je me rends compte à quel point j’étais stupide de ne pas profiter à fond de ce moment. Depuis je rêve de le refaire, je sais à quel hôtel je descendrais et je connais déjà mon emploi du temps. Il faudra que l’on soit tous réunis pour que la magie opère, je pense même que je me permettrais quelques pas dans l’eau et que je profiterais du bord de plage, la tayelet d’Eilat est sublime et toujours animée, impossible de s’ennuyer, impossible de ne pas aimer.

Oh la la, j’ai plein d’idées, reste à savoir en quelle année je vais concrétiser !!!

dimanche 1 janvier 2012

Fee des voeux


Comme tous les ans, c’est l’heure de souhaiter les vœux à la famille, aux amis, aux voisins, aux passants, aux inconnus de toutes sortes, bref on va rabâcher et encore rabâcher la même phrase durant tout le mois de janvier et y a encore des crétins pour penser que tout ce qu’on demande va se réaliser.

Y en a certains que ça doit rassurer, dire à longueur de journée « bonne année, bonne santé, bonheur, argent, amour, blablabla…… ils doivent se sentir mieux. Si ils en ont envie pourquoi pas, ça ne me gène pas, bien que des fois ça m’agace, je ne me vois pas aller souhaiter mes meilleurs vœux à des gens qui me sont complètement antipathiques, et d’ailleurs je ne le fais pas. Je trouve tout  ça fatiguant et ça finit par me saouler, alors j’abrège, je souhaite les vœux aujourd’hui parce qu’on est le premier et que c’est la coutume, je vais étendre un peu sur quelques jours mais après c’est bon je dis stop. 

Je suis une sale gosse mal élevée ? m’en fous j’assume, d’abord quel est l’illustre inconnu qui a décidé ça ? Qui a décrété un jour qu’il fallait tous les premiers de l’an s’adresser au premier venu ? tu le sais toi ?  Moi je souhaite mes vœux à qui je veux quand j'en ai envie et puis c’est tout !!! 

Je plombe l’ambiance ?  Peut être bien que t’as raison, mais cette histoire de vœux c’est de la poudre aux yeux, la vérité c’est que la fée des vœux est en grève, et quand elle n’est pas en grève, elle est en R.T.T ou en arrêt maladie,  sans compter qu’elle sera bientôt en retraite et là tu pourras t’accrocher pour faire réaliser tes souhaits parce qu'ils remplaceront pas, question de budget qu'il paraît !!!

D’aussi loin que je me souvienne, est-ce qu’il y a un seul de mes souhaits qui se soit réalisé ? Là tout de suite je ne vois pas…. Les poubelles mettent toujours un temps fou à être vidées, le petit déjeuner préparé par mon binôme c'est l'arlésienne, la chambre de Melle junior est toujours en état de guerre permanent et j'arrête la liste sinon tu vas pleurer.

Pour 2012, on prend les mêmes et on recommence parce que si tu crois que pendant cette p... de nuit du 31 au 1er il y a des miracles bein c'est pas vrai !!! 

Cette année je ne me souhaite rien comme ça si j’ai quelque chose ça sera une bonne surprise !!!!

Nan je rigole, mouhahahaha  je te fais marcher et toi tu cours !!!!  y a rien de vrai dans ce que je te raconte, sauf le coup des poubelles, du bazar et du petit déj, si si promis, juré, craché !!! 

Allez, comme je t’aime bien je te souhaite tout le bonheur que tu mérites, que tes vœux les plus chers se réalisent, je te souhaite surtout d’avoir la santé, car tout le monde ne s’en doute pas mais c’est notre plus belle richesse.

Pour mes proches et moi j’ai plein de souhaits mais faut que j’aille négocier avec l’autre et c’est pas gagné, peut-être qu'il faudra que je dépose un préavis de grève !!!

Allo Fée des vœux t’as entendu ? pffff, ça commence mal, elle est aux abonnés absents !!