samedi 19 février 2011

Un triste anniversaire

J’ai profité des derniers instants, j’ai arpenté les ruelles de la vieille ville et j’ai longuement regardé la mer en me disant que le lendemain je serais loin, très loin, là bas de l’autre côté. Un rapide repas dans un restaurant du coin que je n’ai même pas apprécié à cause de mon estomac trop noué m’a laissé un goût amer. J’ai touché les vieilles pierres des maisons, j’ai fixé la baie de Tel-Aviv afin de graver les images à tout jamais dans ma mémoire. L’air était tiède ce soir là et j’avais envie de flâner, de toucher encore et toujours et de m’étourdir du bruit ambiant afin de ne plus jamais entendre autre chose…..

Puis il a fallu rentrer et boucler les valises, donner les médicaments au chat afin de le calmer et le faire entrer dans sa cage puis tout est allé très vite, dans une demi heure Sylvie et Bruno allaient arriver pour nous accompagner à l’aéroport. Ils ne savaient pas encore que Jules n’embarquait pas avec moi et qu’il me rejoindrait.

J’ai regardé l’appartement, il était presque vide, seuls restaient quelques meubles que le cousin allait venir chercher. Il ne ressemblait déjà plus à mon beau nid que j’avais pris soin d’aménager et de décorer, Je suis sortie sur la terrasse et j’ai embrassé mon olivier, je savais que je ne le reverrai jamais, cet olivier que j’avais bichonné et que je ne me lassais pas d’admirer, il faisait maintenant partie de mon passé. J’ai dit au revoir à mes trois perruches et j’ai senti ma gorge se serrer, déjà quelques larmes commençaient à tomber et je ne voulais absolument pas le montrer.

Quand nous sommes montés dans le 4X4 je ne me suis pas retournée, regarder une dernière fois ma rue et l’appartement m’aurait bouleversée….. Bruno conduisait et je parlais avec Sylvie, de tout, de rien, j’essayais de masquer mon chagrin. J’ai vu le paysage défiler, cette route jusqu’à l’aéroport combien de fois l’avais-je faite…. je la connaissais par cœur et j’aurais pu la faire les yeux fermés.

J’ai vu la boutique de mon poissonnier, je suis passée devant l’échoppe de mon ami Asher et je me suis rendue compte qu’il ne savait même pas que l’on partait…..

Nous sommes arrivés en avance, j’avais peur de rencontrer des problèmes avec le chat, finalement on ne m’a rien demandé, je me suis contentée de payer son billet et J’ai vu partir Bamba, portée par un gars qui m’a promis de bien s’en occuper et j’ai commencé à réaliser……

Puis il a fallu dire au revoir. J’avais peur de craquer alors j’essayais de penser à des choses marrantes afin de ne pas m’effondrer devant mes amis. J’ai serré Sylvie dans mes bras, puis Bruno, j’avais envie de ne plus les lâcher, de leur dire ramenez moi à la maison mais j’ai réussi à ne rien montrer et je me suis épatée….

Je n’ai pas pleuré non plus quand il a fallu embrasser Jules, je me suis conditionnée en me disant que dans quelques jours je le reverrais. J’ai pensé que j’étais trop forte et je ne me reconnaissais pas….. Nous avons passé le portillon qui mène au contrôle des papiers….. Je me suis retournée une dernière fois…… et là je me suis dit ça y est….

Nous avons erré dans le duty-free comme deux fantômes. Jusqu’à présent, cet endroit était notre lieu de prédilection lorsque nous voyagions. Nous partions toujours en avance afin de pouvoir acheter tout un tas de choses, parfums, chocolats…… on arpentait les boutiques dans tous les sens et c’était un plaisir que de s’y perdre….. on avait jamais assez de temps. Un peu de chocolat pour Rébecca et trois CD…. C’est tout ce que j’ai acheté…. Je n’ai même pas regardé le prix des parfums qui me plaisaient….

Nous avons commandé deux chocolats chauds que nous n’avons pas terminé, j’ai immortalisé l’instant par une photo, je ne sais pas pourquoi d’ailleurs et nous n’avons pas parlé. Nous nous contentions de regarder partout et j’avais envie de crier aux gens que je quittais Israël et que j’avais trop de peine. Rébecca commençait à fatiguer, il était 3 h 30 du matin et dans quelques instants nous allions embarquer.

Nous étions en queue d’avion, personne à côté de nous c’était parfait. L’avion n’était pas complet. J’imaginais Bamba en dessous dans la soute, Je la savais stressé malgré les cachets, pauvre bête, on était en train de la déraciner.

J’appréhendais le bruit des moteurs, j’appréhendais le décollage, nous étions encore en Israël mais dans quelques minutes tout serait terminé et je le savais. Quand les premiers vrombissements se sont fait sentir, mon cœur s’est emballé et quand le commandant de bord nous a informés que le décollage était imminent j’ai commencé à trembler.

L’avion a pris la piste, puis de la vitesse et nous avons quitté le sol. J’ai collé mon visage au hublot et j’ai regardé les lumières de Tel-Aviv, j’ai longtemps fixé la côte et je l’ai vu s’éloigner, je ne pouvais plus détacher mon regard, les lumières se faisaient moins vives et je continuais de rester collée à la vitre ….. il faisait noir maintenant, Tel-aviv était loin et je me suis mise à pleurer….

A 8 h 34 je posais le pied sur le sol européen…….. Nous étions le 19 février 2010, ça fait un an aujourd’hui, c’est un bien triste anniversaire et je suis déprimée…..


 

16 commentaires:

  1. pauvre Ysa..tu es bien courageuse... je t'embrasse

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  2. C'est à peu près ce que j'ai ressenti lorsque j'ai quitté Israël mais la seule chose qui me fait sourire est de savoir qu'on sera bientôt de retour. Ce n'est qu'une question de temps : partir pour mieux revenir

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  3. Vous avez un projet de retour ? Je t'embrasse.
    Joelle

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  4. ton post me met les larmes aux yeux Ysa... je connais si bien ce sentiment , mais surtout je me rappelle comme si c'était hier, puis la suite de ton déménagement , Raoul... et tout le reste

    je voudrai vraiment te remonter le moral Ysa mais je connais trop fort cette nostalgie
    je t'envoie juste ma grande amitié
    tendresses

    et comme tu me le dis à moi, toujours....tu y retourneras Ysa

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  5. T'en fais pas Me Kind, t'y retournera et pour toujours
    tu es partie pour mieux revenir ;-))))
    bisoux
    ps: ne sois pas triste, rappelles toi, que tu étais triste lorsque tu repartais de Dunkerque pour Rouen et puis de France pour Israel (au début) ;-)
    la vie, c'est ça malheureusement mais le temps fait bien les choses et..... il faut vivre d'espoirs et de projets alors...... ;-) ;-) ;-)ils sont là tes espoirs et projets, ils permettent d'avancer.

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  6. de tout coeur avec toi, un petit coup de blues en cet anniversaire, un an déjà que le temps passe vite. Vous y retournez biensur et en évitant Raoul !!

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  7. Comme je t'imagine...
    D'abord parce que j'ai eu la chance de venir vous voir là-bas, et aussi parce que c'est exactement ce que j'avais ressenti, moi aussi, quand je quittais la France et que j'avais peur de ne jamais la revoir...il y a de cela plus de 26 ans.
    Je comprends ton déchirement mais finalement, le temps passe vite et tu retrouveras TA Terre, je le sais bien ! Ca ne peut pas se passer autrement...
    Gros bizouxxx ma belle blonde !
    Dan.

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  8. Je sais, je sens que vous y retournerez et que ce sera encore mieux ! Et bizarrement, comme si j'étais dans ta tête, c'est à moi que ça fait du bien d'y penser !!! Parce que tu retrouveras alors ton joli sourire (et que tu râleras de nouveau sur les voisins !lol) Il faut juste un peu de patience....

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  9. Ne sois pas triste Ysa ! Un câlin ? je te serre dans mes bras, gros bisous ma belle !
    je te dis aussi "à trés trés trés bientôt" ;-)

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  10. Ma grand-mère dirait : " Pleures ma fille, pleures, t'en as besoin"
    Mais regarde, nous sommes tous là pour te tenir la main. C'est peu, mais c'est une façon de te dire que nous comprenons ta peine.
    La vie est faite de séparations. Et aussi de retrouvailles.
    je te fais un gros bécot

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  12. Il a fallu deux ans pour t'habituer à vivre en Israël, un an, c'est long et court à la fois, et ll'hiver qui ne finit pas. Tu y retourneras un jour, d'abord en vacances et peut être pour y vivre...

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  13. Je sais bien que ce n'est pas facile à vivre...
    Pense au chemin en une seule année que vous avez fait ; le déménagement dans de mauvaises conditions, l'arrivée en plein hiver, des retrouvailles pas faciles...
    Mais pourtant aujourd'hui, le "gros" est derrière vous, le travail avance et j'espère que pour cet été vous aurez trouvé une maison ;
    Un jardin c'est un autre mode de vie, tu as besoin d'espace pour te retrouver...
    C'est vrai qu'il y a les vacances et puis ici ce n'est qu'un passage de quelques années...
    Vivement le printemps, l'été, tu n'es pas loin de la mer et tu es dans la région de ton enfance, profites des bons moments, le temps passera plus vite...
    Je t'embrasse fort !

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  14. Ca c'est dur! Me faire pleurer, comme ca de bon matin, m'enfin, mon Ysa, chaque jour qui passe te rapproche du jour de ton retour alors profite bien du doux pays de notre enfance et reviens vite...avec le sourire. Gros bisous ma belle

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  15. Ton histoire me touche beaucoup...

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