dimanche 27 novembre 2011

Robert


Il est 10 h 20, le salon Beauté et Bien être vient d’ouvrir ses portes et déjà les premiers clients se pressent. Je suis en train de faire une facture lorsque mon portable sonne, c’est Jules qui décroche et au bout du fil, c’est notre fournisseur Israélien. 

Le dialogue se déroule en hébreu ce qui bien vite attire l’attention des visiteurs mais surtout des exposants voisins. Toujours occupée avec ma cliente, je vois un couple d’un stand en diagonale du nôtre nous regarder et j’entends murmurer « mais oui, il parle en Hébreu ».

Bien vite l’exposant vient nous voir, « je vous ai entendu parler en Hébreux, vous êtes Israéliens ? Nous habitons Ashdod avec mon épouse. Mon cœur bat la chamade, des compatriotes là sur le stand de cette exposition c’est à peine croyable. 

Bien vite nous lions connaissance et je suis tellement heureuse de rencontrer des Israéliens que je laisse choir les clients qui attendent patiemment qu’on vienne leur donner des explications. Heureusement que mon binôme est là.

Je m’appelle Robert, on a fait notre aliya il y a plus de trois ans maintenant et j’ai hâte de rentrer en eretz parce qu’ici tout me pèse, dans 3 semaines on rentre chez nous, j’ai accompagné ma femme pour le boulot. On fait des allers retours pour les expositions.  Il dit ça simplement et posément et le « j’ai hâte de rentrer en eretz » réveille les battements de mon cœur, Robert ne sait pas que moi aussi j’ai hâte de rentrer, que moi aussi tout me pèse, mais que pour l’instant ce n’est pas à l’ordre du jour…. Forcément ça me rend triste.

Robert me parle d’Ashdod qui a bien changé, je connais tous les endroits qu’il me décrit puisque j’y ai vécu un peu plus de trois ans. Je visualise l’appartement ou il vit dans le quartier de Tel Haï, il me donne les dernière nouvelles et l’on se rend compte à quel point le monde est parfois petit, on a des connaissances communes là bas.

Robert s’anime quand il parle d’Israël, c’est magique et il m’entraîne avec lui dans ce pays que j’ai quitté il y aura bientôt deux ans. Puis il m’annonce timidement qu’il n’est pas juif, j’ai envie de lui dire que ça ne se voit pas et que peu importe sa religion parce que lorsqu’il parle d’Israël c’est son cœur que l’on entend et il s’en dégage une intense émotion. 

Quand Robert parle d’Israël, il a des étoiles plein les yeux et du soleil dans la voix.  Quand il explique tout est magique. Robert nous berce avec des mots sublimes et on sent l’amour infini qu’il porte à ce pays.  Je viens de trouver mon double au masculin, je lâche mon stand et file sur le sien pour aller visionner des photos.

On parle de tout, on parle de rien, on est fiers d’être Israéliens, on fait de grands gestes, on parle fort,  le parcours de Robert ressemble au mien.  Ca fait du bien et ça fait mal. Parfois l’émotion est trop forte, les yeux de Robert brillent, les miens sont larmoyants. 

Les larmes finissent par couler, d’abord timides elles se terminent en pleurs, des pleurs de bonheur, des pleurs de regret, quand on parle d’Israël je ne sais pas me contrôler, je me rends compte que ça devient de plus en plus difficile et le temps n’est pas prêt de m’aider, il creuse jour après jour, un immense fossé qui ne cesse  de s’éroder.

Robert nous invite chez lui, on échange nos coordonnées, je forme le vœu de pouvoir y aller.

Rencontrer des compatriotes ça fait tellement de bien mais ça met le doigt sur tellement de souvenirs qui à force deviennent douloureux que je ne sais plus. Je suis contente et triste à la fois. Les mots de Robert m’apportent du bonheur mais réveillent aussi en moi de terribles maux. Il faut pourtant se reprendre, sur une expo je ne suis pas certaine que mes yeux larmoyants puissent attirer la clientèle.

On va pourtant cartonner un max, on est débordés durant ces trois jours, pas le temps de déjeuner le midi, on rejoint notre chambre d’hôte archi crevés le soir, mais c’est que du bonheur. Notre stand attire la foule, les gens sont intéressés et très réceptifs, quel plaisir de pouvoir leur parler, leur expliquer, leur faire toucher et tester..... c'est une des premières fois que l’on travaille comme ça sur une expo, on croit rêver….. 

Peut-être qu’il y a une étoile au dessus de notre stand, une toute petite étoile très discrète qui indique le chemin et comme je suis une grande rêveuse..... je me plais à imaginer que c’est Robert qui nous la envoyée.

mardi 22 novembre 2011

NANOU


Je ne me souviens plus comment on s’est connues, peut-être et c'est certain par l’intermédiaire d’une « blogamie » que nous avions en commun, laquelle, je ne saurais le dire, ma mémoire me fait défaut, je me rappelle juste que son attrait particulier pour la Guyane, lieu où elle avait vécu plusieurs années m’avait marquée, je trouvais une similitude étonnante avec mon attrait pour Israël. J’habitais encore là bas quand elle a déposé un premier commentaire sur mon blog et à mon retour en France elle était toujours là, fidèle au poste.

Nous avons échangé par blogs interposés mais aussi par messages sur FB et au téléphone. Quand elle m’a dit qu’elle se rendait chez sa maman qui habite près d’Hesdin je n’ai même pas eu besoin de réfléchir, j’ai tout de suite répondu présent parce que j’avais vraiment envie de la rencontrer.

Je n’ai pas été déçue, elle est telle que je me l’imaginais et encore mille fois mieux. Après Monette, Délia, Heure Bleue, j’ai rencontré Nanou, une femme fragile et forte à la fois, une guerrière qui est toujours sortie victorieuse de ses multiples combats même si elle y a laissé beaucoup de souffrances.

Nanou et Alain avaient réservé une table pour nous accueillir dans un coquet restaurant de la Place d’Armes d’Hesdin, un lieu magique et qui ne s’invente pas puisque ce restaurant se trouve à l’angle d’une rue qui se nomme « rue de Jérusalem ».

Nanou c’est comme si je l’avais toujours connue, comme si on s’était quittées la veilles et qu’on se retrouvait autour de la table pour papoter de choses et d’autres. Alain était plus réservé, il faut dire que nos bavardages intempestifs n’ont pas laissé beaucoup de place pour que nos hommes puissent s’exprimer.

Je l’ai trouvée radieuse, une petite bonne femme vraiment très jolie et très classe, taille de jeune fille et visage à peine marqué par les signes du temps. Elle est agréable à regarder Nanou, belle à l’extérieur comme à l’intérieur, elle m’a vraiment enchantée.

Nous avons parlé de choses et d’autres, ma gourmandise prenant parfois le dessus lorsque les plats arrivaient. Des mets très fins et délicieux, j’en ai l’eau à la bouche rien que d’y penser. Nanou je t’informe que depuis je suis au régime !!! et c’est déjà – 3 kilos….. y a encore du boulot !!! 

Rencontrer les blogamies c’est génial, le virtuel se transforme en réel, on est plus devant le clavier mais bien devant la personne, pour de vrai, dans la vraie vie…..

La rencontre a été trop rapide à mon goût, nous devions rentrer, Nanou devait rejoindre sa maman, nous nous sommes promises de nous revoir, peut-être là bas dans la Drôme, peut-être chez moi…. L’avenir nous le dira.

Un grand merci à Nanou pour ces moments de bonheur qui resteront gravés. A qui le tour maintenant ? j’ai hâte de vous rencontrer !!! 


mercredi 2 novembre 2011

La maison des vivants


Comme beaucoup en ce jour de Toussaint j’ai pris la direction du cimetière, je ne l’avais jamais fait auparavant puisque j’étais loin et de toutes les façons je n’ai pas besoin de ça pour penser aux êtres chers qui sont partis.

Je suis allée saluer Metche et Petche, et si j’ai l'habitude de mettre une bruyère ou une lavande quand je me rends sur une tombe, cette fois  j’ai déposé des pomponettes, va savoir pourquoi….. à cause de mon binôme peut-être qui était pressé quand on est allés à la serre et qui ma fait un cours magistral sur le fait que je mettais un temps fou à choisir, que ce n’était pas important et que de toutes façons, ni Petche, ni Metche ne viendraient me dire quoi que ce soit sur le choix de mes fleurs. 

Comme il m’a énervée, du coup ca a été vite fait,  c’est bien la première fois que j’achète ce genre de fleurs, pas que je les trouve moches, mais je les trouve banales, puis il y en a partout, j’aime sortir du moule et ne pas faire comme les autres, du coup mes fleurs à pompons ça m’a contrariée.

J’ai choisi une jaune vif pour Petche et une dans les tons violine pour Metche, elles étaient bien fournies et volumineuses, ce qui m’a un peu consolée malgré tout. Les pompons tiendront mieux que ta bruyère ou ta lavande, surtout avec le gel me suis-je dit pour me conforter dans mon choix.

J’aime me promener dans les cimetières, ma préférence va aux cimetières de campagnes, ces petits cimetières en pleine cambrousse où le temps semble s’arrêter. Les cimetières de ville ne m’attirent pas, trop impersonnels, presque anonymes, trop grands, trop tristes.

Le cimetière où reposent Petche et Metche n’est ni grand, ni petit, c’est le dernier cimetière avant la frontière Belge, le petit cimetière de Bray-Dunes, il est calme et tranquille, presque accueillant, je le trouve beau.  C’est le cimetière que j’ai toujours connu durant mon enfance. Metche m’y emmenait, il y avait toujours quelqu’un à aller honorer d’un bouquet de fleurs et d’autres à aller saluer. Elle y aurait passé des heures, certainement que j’ai hérité d’elle cette prédilection pour ce lieu hétéroclite.

J’avais envie de m’y promener mais la pluie s’est mise à tomber, une pluie fine, un crachin…. Peut-être que Petche et Metche étaient en colère avec mes pomponettes !!!  J’ai réalisé en regardant la tombe que ça faisait 30 ans que Petche était parti, l’année prochaine ça fera 20 ans pour Metche.

Je n’ai pourtant rien oublié, ni le pas de Petche dans l’escalier qui remonte péniblement le grand faitout de soupe de la cave, ni celui de Metche qui va et vient aux quatre coins de la maison. Je n’ai même pas besoin de fermer les yeux pour me souvenir de chaque trait de leur visage. Le chignon gris de Metche, dont les épingles tiennent parfaitement, ses tabliers légendaires à carreaux ou à fleurs, ses infusions à base de plantes, son pot de crème Nivea qui ne la quitte jamais et le café qui ronronne en permanence sur le poèle à charbon, prêt à accueillir le visiteur.

La casquette de Petche, celle avec une belle ancre devant, en bon marin qu’il est, il ne la quitte pas, je n’ai jamais vu Petche sans sa casquette, sauf ce jour terrible  où il repose dans son cercueil…. Quand il est en colère, sa casquette part légèrement de travers, mais Petche est rarement fâché, c’est une bonne pâte, il arrive que Metche dépasse un peu les limites, il élève légèrement la voix et l’affaire est réglée. 

Qu’est devenue cette casquette, elle doit être quelque part dans une armoire de la maison, il faudrait que j’aille voir, j’y trouverais certainement ses chemises molletonnées à gros carreaux et tout un tas d’autres affaires, à moins que Tonton ait tout jeté. 

Ma mémoire est intacte,  je peux remonter très loin dans mon enfance, sans faire aucun effort, certainement parce que Petche et Metche ont pour moi beaucoup compté et que ce sont mes plus belles années à leurs côtés. 

Il y a cependant une chose que j’ai oublié et qui tout à coup m’a rendue triste, c’est le son de leur voix, j’ai beau triturer ma mémoire dans tous les sens, rien à faire, je n’arrive pas à retrouver les intonations ni les sons de l’un ou de l’autre…. Peut-être que ça fait trop longtemps maintenant……la seule chose dont je me souvienne, c’est qu’ils parlaient en flamand, c’est d’ailleurs pour ça que je le comprends…..

Que reste t’il au fond de tous ces gens qui reposent dans ces boites sous terre,  des souvenirs, des noms et des dates gravés sur des plaques, signe de leur passage sur terre, j’ai réalisé qu’un jour moi aussi je dormirais quelque part, où et quand, je n’en sais rien mais ça m’a fait peur.

J’ose espérer que Petche et Metche me voyaient de là haut, j’ai regardé le ciel attendant un signe qui n’est pas venu..... Je me demande s’ils ont aimé les couleurs de mes pomponettes !!!!

samedi 29 octobre 2011

Une minute d'extrême énervement


La semaine est terminée et tant mieux, j’ai envie de dormir, en fait j’ai envie d’hiberner, pourquoi on n’aurait pas le droit d’hiberner après tout ?  Je me mettrais au chaud dans ma grosse couette et je me réveillerais aux premières lueurs du printemps, ça m’éviterait de voir et d’entendre toutes les conneries qui se trimballent un peu partout sur le net. Ca m’éviterait d’être en décalage permanent avec le monde et les gens qui m’entourent, ça m’éviterait de ne pas penser à là bas où mon âme et mon esprit errent en permanence.

En décalage je le suis, je m’en rends compte quotidiennement et bien que j’essaie de m’accrocher aux branches je me demande si la branche ne va pas finir par céder. Mercredi soir j’assistais en direct sur FB à la sirène qui se déclenchait sur Ashdod, il était 23 h 20  et tandis que mon amie Chantal et sa famille couraient se mettre à l’abri dans leur miklat, je stressais comme une bécasse derrière l’ordi jusqu’au moment où elle est revenue me rassurer. L’engin était bien tombé, un bruit abominable, certainement pas loin, où ? ….. ils n’en savaient rien.

Le réseau social s’est affolé, enfin le réseau social juif, parce que les autres mouhahahaha……  On parlait de partout, on se filait les infos…… j’ai tout de suite mis une annonce sur mon mur FB, parce que je pense que tout le monde doit savoir et pas seulement les juifs,  tout le monde doit savoir que malgré nos efforts pour la paix, malgré que l’on ait relâché 1027 palestiniens, malgré que Bibi soit prêt à geler les implantations pour négocier la paix, les palestiniens de Gaza reprennent leurs habitudes, enfin quand je dis reprennent, le mot n’est pas juste, continuent serait plus approprié !!!! 

Ma publication est restée sans réponse, comme à chaque fois, dès que je mets une info ou Israël est agressé, bizarrement il n’y a aucun écho. J’ai pensé que quelques uns me diraient « ah bon mais que se passe t’il, tu peux expliquer » ?

Ce soir là j’avais envie de crier, de dire Putain mais vous m’entendez ou non ?  ça vous écorcherait de me dire quelque chose, un simple mot, une demande d’information, de la compassion, un encouragement…… des fois je crois que je suis parmi les Bisounours, dans le monde de l’arc en ciel, j’ai juste oublié que la jungle dans laquelle je vis, les arc en ciel n’existent pas…… ni les Bisounours d’ailleurs !!!!    J’avais la rage, j’ai pensé à mon amie Chantal et à Ilay son petit fils de 13 mois,  en si peu de vie il connaît déjà le son de la sirène et le chemin des abris et ça m’a révoltée.

Oui j’avais la rage, ce silence m’a dérangée et c’est là que je me suis rendue compte que j’étais dans le décalage complet.  Finalement qui d’entre vous le sait que mercredi soir des missiles Grad sont tombés près d’Ashdod. Ca n’a pas été relayé aux infos comme d’habitude, pourquoi informerait-on les européens, ça ne va pas dans leur sens, on informe seulement quand Israël agresse, parce que le méchant c’est Israël bien évidemment. 

Au moment ou j’écris ce post, ça recommence, Chantal et David retournent dans leur abris avec leurs enfants, Rachel et Yossef aussi, Michaëla doit faire de même, il y a aussi Déborah et plein d’autres encore, je ne pourrais pas tous les nommer mais c’est à eux que je pense à ce moment précis…… 

On est samedi, faut croire que le samedi tout est permis !!! 4 missiles Grad tirés sur Ashdod, un est tombé en plein centre ville sur un immeuble, il y a des blessés, d’autres sont tombés dans la région d’Ashkelon, sur Beer-sheva,  sur Ofakim, j'ai des amis là bas aussi !! 

Bref, c’est le grand feu d’artifice, sauf que celui là n’a pas de couleurs et qu’on applaudit pas à la fin. Celui là peut être meurtrier et il est lancé pour tuer.  Les palestiniens s’amusent comme des petits fous….. Je pense qu’ils veulent pousser Israël à intervenir et à bombarder Gaza, comme ça on pourra encore une fois nous taxer de salopards comme d’ habitude, et on dira « vous avez vu, les Israéliens ne veulent pas la paix », bien sur on évitera de vous raconter tout ce qu’on s’est pris dans la gueule avant !!!! 

Oui je connais la musique, faut la fermer, encaisser les coups et tendre l’autre joue….. sauf que ça, c’était en 40, mais c’est terminé, les juifs qui se laissent faire et conduire à la mort sans résister  c’est fini qu’on se le dise….. On se défend, comme le ferait toute autre nation et c'est notre droit le plus élémentaire !!!

Oui je sais je caquète,  c’est ma minute et je ne vais pas m’en priver  !!!  La vérité c’est que je suis excédée que tout aille toujours dans le même sens, parce qu’attention,  quand il s’agit de donner des leçons, là,  y a du monde au balcon, y a du commentaire à foison et si vous saviez les conneries que je lis sur FB, des fois c’est à vomir !!!!  Le discours est toujours le même, il vient de ceux qui veulent refaire le monde assis devant leur poste de TV .

C’est marrant, on dirait qu’ils sont formatés …. « Il faut faire la paix », qu’ils disent, comme si on ne le savait pas….. « Les Israéliens doivent faire des efforts »  Bein oui, c’est toujours nous qui devons faire les efforts, c’est de notre faute, c’est de notre très grande faute..... recevoir des leçons de ces gens qui n’ont ni vécu là bas, ni même jamais mis les pieds et qui n’iront jamais, c'est pitoyable.

Ces donneurs de leçons sont les mêmes qui s’embrouillent avec leur voisin du dessus parce qu’il fait du bruit, les mêmes qui engueulent le gamin qui a rayé leur bagnole, même qu’ils auraient bien envie de lui en coller une à ce sale gosse qui fout ses sales pattes sur la voiture, les mêmes qui n’aiment pas se faire marcher sur les pieds, qui réagissent dès qu’on bouscule leur train train quotidien, mais ils ont des grands principes pour les autres !!!! 

Alors moi je leur dis à ces moralistes à deux balles, vous n’admettez pas d’être emmerdés par vos pairs, et bien nous non plus, et concernant Israël ce ne sont pas des broutilles comme vos emmerdes de voisinage, ce sont des civils qui sont visés, ce sont des missiles qui sont tirés sur la population à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, est-ce une situation normale ? Et si demain la Belgique s’amusait  à balancer des missiles sur le Nord de la France, si demain l’Allemagne tirait sur l’Alsace, qu’est ce qu’on dirait ?

« Il faut négocier » qu’ils me répondent,  il faut quitter les territoires occupés, à titre d’info on a quitté Gaza vous vous en souvenez, et bien c’est de là bas qu’ils nous canardent !!! 

A l’heure ou je vous écris, l’aviation Israélienne est en route vers Gaza, ils bombardent les zones de tirs de missile, je dis bien les zones de tir de missile, ne lisez pas « la population civile »….. mais je pense que vous entendrez tout ça ce soir aux infos…… de façon bien détournée comme d’habitude, de façon à ce que vous puissiez retenir, que c’est Israël qui a commencé !!!

mardi 18 octobre 2011

IL EST LA

 


Il vient de franchir le seuil de sa maison de Mitzpe Hila, là haut, dans le nord d'Israël et en regardant les images à la télévision je pouvais presque ressentir l'ambiance de ce village de 150 âmes. Mes larmes ont enfin pu couler librement car étrangement je n'en avais pas encore versé une seule.

Depuis ce matin et comme la majorité de mes concitoyens, j'ai passé ma journée pendue aux informations diverses et variées qui nous parvenaient de partout, parfois dans un capharnaüm tel qu'il était difficile de distinguer info et intox.


J'ai été soulagée dès que je l'ai vu en vie, même si je suis effrayée par sa pâleur et sa maigreur, par cette fragilité qui se dégage de lui, c'est comme un enfant qui revient à la vie, un enfant qu'on aurait réanimé et qui tout à coup redécouvre la lumière du jour qu'il n'a pas vue depuis longtemps.

L'attente a été longue et stressante mais il est là et cette fois ce n'est pas un rêve. Guilad est de retour, Guilad est à la maison, Guilad retrouve les siens après 1941 jours de captivité dans des conditions qui, vu son état physique, n'ont pas du être au top.

Je ne peux m'empêcher de penser aux terroristes bien grassouillets relâchés ce matin, ils étaient en pleine forme, teint de jeune fille, pêche d'enfer, faut croire qu'ils n'ont pas du être maltraités dans nos prisons Israéliennes malgré tout ce que le monde peut raconter comme conneries à ce sujet.

Ils ont été accueillis en héros par leurs pairs.... fêter des gens qui en ont tué d'autres, qui ont commis des attentats sur des civils, ça ne choque pas l'opinion publique, je n'ai vu personne condamner quoi que ce soit sur le net, mais j'oublie qu'avec le peuple palestinien tout est permis..... 

Je ne vais pas faire de polémique, ma joie est trop belle, mon émotion trop forte, ce soir je ne veux penser qu'à Guilad et à son retour parmi les siens. L'imaginer retrouver cette maison qui l'a aidé à tenir lorsqu'il était au plus bas, et surtout, imaginer le bonheur de sa maman quand elle a tenu son fils dans ses bras, ce fils qu'elle n'avait pas vu depuis plus de 5 ans.

Noam et Aviva n'ont jamais baissé les bras, ils ont mené un combat de tous les instants pour sauver leur fils, générant avec eux un élan de solidarité bien au delà des frontières d'Israël. Guilad est devenu notre symbole et la preuve que pour Israël, la vie n'a pas de prix et qu'on abandonne jamais un soldat. L'espoir a fait tenir tout un peuple, aujourd'hui 18 octobre 2011 nous sommes récompensés.

Il va certainement falloir du temps à Guilad pour se reconstruire, pour réapprendre à vivre, pour parvenir à retrouver tous les petits gestes quotidiens qui faisaient sa vie d'avant. Une vie qui ne reviendra jamais, on ne peut pas sortir indemne de 5 ans de captivité. Guilad y arrivera grâce à l'amour de ses proches, grâce à la solidarité des gens qui ont été là pour lui et qui le seront encore.

Il y a quelques minutes, le compteur qui est dans la colonne de droite de ce blog vient d'afficher "LIBERE", je me demandais à quel moment il basculerait. Il va me falloir le retirer, j'ai presque peur de l'enlever, il y a si longtemps qu'il est là, comme s'il faisait partie de moi.....

Bienvenue à la maison Guilad, mon rêve vient de se réaliser.

mardi 11 octobre 2011

Et si c'était vrai ?

J’avais préparé un article tout gentillet que je prévoyais de mettre en ligne ce soir mais vu l’actualité et la joie que les nouvelles me procurent, il est évident que j’ai envie de vous parler de Guilad.

Guilad je l’ai souvent mis à l’honneur sur ce blog, j'ai d'ailleurs une pensée pour lui dans mon article précédent.  Il est présent aussi sur mon second blog « sur la route d’Israël », à ce propos, il est toujours en transformation pour devenir un site qui sera très sympa je vous le promet, mais c’est beaucoup de travail, on a peu de temps, le site est crée, mon binôme a fait le désign, et croyez moi c’est de la bombe, c’est  beaucoup plus attrayant qu’un blog,  pas mal d’articles y sont déjà transférés, j’espère pouvoir le mettre en ligne avant la fin de l’année.

Mais je ne vais pas vous parler de ce blog ce soir parce que ce soir ce qui me met en joie c’est ce que je découvre au fil des heures aux actualités Israéliennes et sur les murs  FB de mes amis Israéliens et juifs de France. On ne parle plus que de ça « un accord aurait été signé avec le Hamas, échange de 1000 prisonniers Palestiniens contre notre Guilad, il pourrait être libéré dans les prochains jours ».

Mon binôme qui est à la pointe des informations puisqu’il a une oreille greffée en permanence sur les informations Israéliennes me l’annonçait déjà en fin d’après-midi. Je l’ai un peu envoyé bouler, je lui ai rappelé qu’il m’avait déjà dit ça un soir quand nous vivions encore à Yaffo, il était certain de ses informations et ça avait été un fiasco total, sans compter toutes les fausses informations qui ont souvent circulé, qui nous ont donné de l’espoir pour ensuite nous laisser dans un total désarroi. Je ne voulais donc pas y croire.

Les heures passent et semblent confirmer que Guilad pourrait bien rentrer à la maison. Je n’ose y penser, je retiens mon souffle et mes larmes, et si c’était vrai ? 

Je reste prudente même si l’information est maintenant très officielle et émane du cabinet du premier Ministre Israélien. Il semblerait qu’elle soit également confirmée par la branche du Hamas.

Nous allons lâcher 1000 prisonniers, dont Marwan Bargouthi qui n’est quand même pas un modèle de sainteté il faut bien le dire et encore le mot est faible,  parmi ces 1000 prisonniers il y a un paquet de terroristes qui ont tué des civils Israéliens alors je comprends que les familles endeuillées soient un peu réfractaires à la libération de ces salopards…. Parce que finalement ces terroristes ne purgeront pas leur peine et n’auront pas la punition qu’ils méritent…..comment ces familles pourront-elles faire leur deuil dans de telles conditions…… c’est un sujet délicat, un terrain glissant sur lequel je ne m’aventure pas, parce que c’est difficile puis nous n’avons pas la certitude qu’une fois relâchés, ces énergumènes bien remontés n’aient pas des idées « kamikaziennes » contre l’état d’Israël.

Je suis partagée parce qu’il me semble impossible d’avoir une idée franche et tranchée, difficile de se positionner et là j’avoue que pour la première fois, j’ai, ce qui s’appelle « le cul entre deux chaises ».  Si je me mets à la place de la famille d’une victime et qu’on libère l’assassin de mon frère, de mon cousin, de mon amie, de mon fils,  je serais la première à hurler et à trouver cela révoltant et injuste, je me battrais pour que justice soit faite et que le monstre qui a commis cet acte odieux reste emprisonné à vie. 

Si je me mets à la place de la famille de Guilad,  bien sûr, je suis la première à crier « oui libérons ces prisonniers palestiniens afin que Guilad puisse rentrer » parce qu’il ne peut pas rester dans cet enfer, parce que s’il est en vie il faut tout faire pour qu’il rentre à la maison, parce que ça a assez duré, parce qu’on a pas le droit de rester sans rien faire, parce qu’il faut examiner toutes les solutions possibles……

Il y a une phrase qui me revient là tout de suite en mémoire….. « qui sauve une vie sauve l’humanité »

Ce soir je suis pleine d’espoir mais de doutes aussi. La question qui me hante est « est ce que Guilad est en vie » ?  Je suppose que si le gouvernement Israélien a signé cet accord c’est qu’il a eu des preuves en retour, parce que je ne veux pas penser à nos derniers échanges de soldats. Ehoud Goldwasser et Eldad Regev, prisonniers du Hezbollah et du Hamas nous avaient été rendus dans des cercueils à la frontière de Rosh Hanikra (frontière au nord d’Israël avec le Liban).

Je ne veux pas penser au pire, mon mot de ce soir c’est « Hatikva » qui veut dire l’espoir et quand l’espoir renaît, on se sent tout à coup pousser des ailes. J’imagine déjà la joie que je vais ressentir, les larmes de bonheur que je vais verser et la bouteille de champagne que je vais déboucher….

L’espoir renaît mais je reste prudente, parce que là bas, tout peut très vite changer, un accord peut très vite être annulé, je n’ai aucune confiance au Hamas…. D’ailleurs au moment où je vous écris, il y a des tirs de kassams provenant de la Bande de Gaza sur la ville d’Ashkelon….. c’est dire si tout ça est bien fragile. 

Ce soir Je vais m’endormir avec des étoiles plein la tête, mes rêves seront lumineux comme la ville de Jérusalem, roses comme les montagnes du Néguev au soleil couchant, et chauds comme le sable du désert. Je vais me lover dans les eaux de la Mer Morte et je me laisserais bercer jusqu’au lever du jour….. ce soir j’ai un air qui me trotte dans la tête……. L’espoir, oui l’espoir……

Aussi longtemps qu’au fond du cœur
L ’âme juive vibre,
Vers les confins de l’Orient
Un œil sur Sion observe.
Nous n’avons pas encore perdu notre espoir
Vieux de deux mille ans,
De vivre en peuple libre sur notre terre,
Terre de Sion et de Jérusalem.