samedi 24 juillet 2010

Cerveau lent

Je n’ai pas d’inspiration, je pense toujours à mille choses que je pourrais écrire et puis quand j’arrive devant l’ordinateur les mots m’échappent comme si un diablotin se tenait dernière moi en me chuchotant « tu n’écriras point » !!!

Je pourrais vous parler du boulot et des gens que l’on rencontre, certains hyper sympas, très accueillants, très intéressés, d’autres de vrais têtes de con qui attendent avec impatience que l’on se casse et qui écoutent d’une oreille nos explications…..je me demande d’ailleurs pourquoi ils acceptent de nous recevoir, c’est une perte de temps pour eux et pour nous…..

Je pourrais vous décrire les Instituts de beauté et centre de Thalasso que l’on visite, il y a des endroits que l’on ne soupçonne même pas, vrais petits paradis aux senteurs épicées, petits palais des mille et une nuit ou j’irai bien m’abandonner… j’aime me retrouver dans ces endroits dès le matin, ça me donne la pêche pour la journée……

Je pourrai vous expliquer la fatigue parfois le soir après plusieurs visites, les kilomètres parcourus et la paperasse qu’il reste à faire une fois rentrés à la maison…… vous dire que c’est un travail intéressant mais oh combien stressant, que parfois la nuit je repense aux commandes et je me dis que c’était bien plus facile quand j’étais fonctionnaire.

Vous ai-je dit que Bamba se promène sur la rambarde du balcon, elle fait tout le tour en regardant dans le vide, elle lève la tête pour scruter les mouettes dans les arbres et elle se met en position d’attaque au moindre bruit ce qui me cause des frayeurs car j’ai peur qu’elle tombe (à Tel-Aviv elle a fait deux chutes), elle se paie aussi le luxe de s’y asseoir et de me narguer ……

Vous ai-je dit que parfois j’ai encore des réflexes en cherchant Moïse qui nous a quittés il y a maintenant trois mois….

Rébecca a tapissé sa chambre de posters, il ne reste plus un centimètre carré de peinture visible, en septembre elle va entrer au collège, elle rentre aussi dans l’adolescence, je sens les premiers frémissements et il va falloir gérer…..est ce que je vais encore avoir la patience……. Est-ce que tout cela se passera en douceur…… La semaine prochaine nous irons acheter les fournitures pour la rentrée scolaire, j’ai failli tomber à la renverse quand j’ai reçu la liste de tout ce qui a à acheter, je me demande comment font les familles nombreuses qui ont plusieurs enfants scolarisés.

Ce matin Jules me disait qu’Israël faisait partie des pays où l’on vivait le plus heureux. Israël se classe 8 ème et partage cette place avec l’Australie, la Suisse et le Canada. La France ne se classe que 44 ème (Enquête du Forbes ).

On dit que l’appétit vient en mangeant….. Est ce que l’inspiration vient en écrivant ? …… je vous confirme que non….. je n’ai toujours pas plus d’inspiration……

dimanche 18 juillet 2010

Mémoire


La stèle est à l’écart, je n’y avais jamais prêté attention auparavant, je suis pourtant passée devant maintes et maintes fois depuis que j’habite ici.

Quelques noms y sont gravés, une quinzaine pas plus..... mon attention est attirée par ces enfants dont les prénoms ne sont pas mentionnés…. Ca me chiffonne, pourquoi leurs prénoms ne sont-ils pas gravés sur cette plaque de marbre ? Ces enfants ont pourtant existé, Ils avaient une vie…. Une vie partie trop vite, une vie sacrifiée, une vie qu’on leur a enlevée parce qu’ils n’avaient comme défaut que celui d’être nés juifs.

Il n’y a pas foule en ce jour de commémoration de la rafle du Vel d’Hiv. La communauté juive de Dunkerque n’est pas très grande, d’aucuns diront que c’est loin maintenant, que c’est du passé, qu’il faut passer à autre chose…..

Nous devons être à peine une petite cinquantaine sur ce trottoir, et encore parce quelques anciens combattants sont venus pour grossir le rang et soulever leurs drapeaux. Ils abordent fièrement leurs médailles et sont heureux comme tout d’être pris en photo. Ils sont les derniers témoins d’un passé enfoui que beaucoup voudraient oublier, ils ne seront bientôt plus là pour raconter.

Il fait très beau et même chaud ces 16 et 17 juillet 1942 quand les policiers et gendarmes sous les ordres du régime de Vichy sévissent au petit matin dans les maisons juives de la capitale et de la banlieue parisienne. Une opération d’envergure minutieusement préparée et commanditée par la machine nazie et brillamment relayée par les Bousquet, Darquier de Pellepoix, Legay, Tulard et compagnie, de bons Français, au service de leur patrie !!!

Plus de 4000 enfants, presque 6000 femmes et 3000 hommes sont ainsi arrêtés grâce au fichier de ce cher Tulard, André de son prénom, chargé de la question juive à la préfecture de Paris.

Beaucoup d’hommes ont réussi à s’échapper quelques jours avant, prévenus par des résistants, des opposants au régime de Vichy, des gens qui osent désobéir et qui prennent des risques pour sauver des vies. Les hommes juifs qui prennent la fuite ne savent pas que leurs familles seront arrêtées. Tout le monde pense que ce sont simplement les hommes qui sont visés et personne ne peut imaginer que femmes et enfants seront raflés.

La suite vous la connaissez aussi bien que moi….. séparation des familles, détention dans des conditions plus qu’inhumaines pendant plus de 5 jours, pas de nourriture, pas de sanitaires, pratiquement pas d’eau…. A peine croyable et pourtant tellement vrai !!!

Après 5 jours d’attente, de suicides, de tentatives d’évasion qui se soldent par la mort (la police a ordre de tirer sur les fuyards) c’est le départ pour des camps Français tels que Pithiviers, Beaune La Rolande ou encore Drancy. Ces lieux sont les derniers points d’attache avant le voyage (dans les conditions qu’on connaît) pour les camps d’extermination allemands dont beaucoup ne reviendront pas.

Je ne vais pas refaire l’histoire, bien que de temps en temps il faudrait une piqure de rappel pour que personne ne puisse oublier. Ce petit post d’aujourd’hui est dédié à ces quelques noms sur la stèle de Dunkerque, une stèle qu’on ne voit pratiquement pas et qui mériterait bien d’être dans la lumière….. ils s'appellent Meyer, Grimbert, Levy, Rosenbaum, Moisa, Stam, Urbain, Schydiowski, Brunner, Rachi, Ruk, Marix..... et ces noms apposés sur cette plaque de marbre sont les seuls témoins de leur passage sur terre....

mardi 13 juillet 2010

Bas les masques


Ils distribuent les masques à gaz, quand on est loin ça fait froid dans le dos, ça fait peur, peur pour ceux qui sont là bas, nos amis, notre famille, nos anciens voisins. On culpabiliserait presque d’être ici, bien à l’abri.

Ce n’est pas une distribution anodine, si la défense civile a décidé d’équiper la population Israélienne c’est qu’il y a danger, on pense bien évidemment à l’Iran et à son fêlé de président, Ahmadinejad.

Cette distribution me rappelle des souvenirs, je reviens presque 8 ans en arrière, nous étions installés depuis quelques mois en Israël lorsque nous aussi nous avons été chercher nos masques.

C’était peu avant le début de la guerre avec L’Irak. Nous n’étions pas dans cette guerre mais nous étions, comme d’habitude, une cible idéale. Nous nous étions rendus dans les sous-sols d’un centre commercial et avions reçu nos protections. Trois masques et un masque cagoule pour Rébecca qui n’avait que trois ans. Les masques étaient dans de petites boites en carton rigide que l’on pouvait porter en bandoulière grâce à une lanière plastique très solide. On nous a brièvement expliqué le fonctionnement, on nous a donné un petit livret et on nous a recommandé de ne pas les ouvrir. Des instructions seraient données si jamais il fallait s’en servir. Nos masques étaient accompagnés d’une piqure d’Atropine qu’il fallait s’injecter en cas d’attaque chimique.

Rébecca avait une grande cagoule de protection de couleur jaune avec un petit aérateur intégré afin de lutter contre les grosses chaleurs. Le masque de Marianne qui avait alors 12 ans était légèrement plus petit que le nôtre. Nous avions pour consigne de les stocker dans un endroit rapidement accessible et à l’abri de la chaleur et du soleil.

Je décidais de les garder dans le dressing de notre chambre, ils seraient pratiques à attraper en cas d’alerte la nuit, ce que je redoutais le plus. Des alertes de jour ne me posaient aucun problème, une alerte de nuit signifiait un grand stress pour moi car il faudrait réveiller les filles, enfiler les masques, filer se mettre à l’abri dans la chambre étanche, j’avais peur de ne pas avoir assez de temps, sans compter que j’avais prévu aussi de prendre les animaux avec nous.

En février, nous avons reçu des instructions afin de préparer nos chambres étanches, réserves d’eau, couvertures, radio, nourriture…. Je me suis mise à lire les instructions, surtout en cas d’attaque chimique, sans vraiment préparer quoi que ce soit car Jules était formel, il ne se passerait rien.

J’ai affronté cette période très sereinement, je n’ai jamais eu peur même si parfois le soir en me couchant je me disais que la sirène pourrait se déclencher dans la nuit…. Je me demandais alors comment on réagirait, est ce qu’on aurait le temps…… et je me faisais mon scénario, Jules irait s’occuper de Rébecca pendant que je m’occuperai de Marianne et des animaux.

Est venu le moment où les enfants ont été obligés de se rendre à l’école avec leurs masques. Je crois que c’est ce qui m’a le plus marquée. Voir mon petit bout de trois ans avec son petit paquet en bandoulière se diriger vers son Gane (école maternelle) m’a tout à coup fait penser que les enfants d’ici ne vivaient pas comme les autres et que finalement ils n’étaient jamais vraiment à l’abri. Si le danger ne venait pas du ciel, il venait d’un fou qui se faisait sauter dans un bus (à l’époque il y avait un attentat toutes les semaines)……

Je me suis demandée comment Rébecca vivait tout cela psychologiquement. En fait elle le vivait plutôt bien parce qu’elle n’avait pas tout compris et que finalement elle vivait la même chose que tous les autres enfants de sa classe. Elle était donc dans la normalité……

Je ne me suis pas étendue sur le sujet. Je pense qu’entre enfants ils devaient en parler à l’école et de toutes façons l’institutrice leur avait tout expliqué, il fallait bien que les enfants soient prêts en cas d’alerte. L’hébreu de Rébecca étant encore très rudimentaire, (elle n’avait que 5 mois d’école), je pense qu’elle n’avait peut-être pas tout saisi et ce n’était pas plus mal.

Nous suivions les informations heure par heure, les américains étaient aux portes de Bagdad et Jules m’a dit « si Saddam Hussein doit faire une intervention contre Israël ça sera cette nuit, avant que l’armée américaine ne rentre dans Bagdad, après il sera trop tard ».

J’ai donc préparé la cagoule de Rébecca le soir avant de nous coucher et j’ai expliqué à Rébecca que peut-être on viendrait la réveiller dans la nuit, qu’il ne fallait pas qu’elle ait peur.

Je me suis couchée un peu stressée, une sirène qui retentit dans la nuit c’est pas drôle, ça fait sursauter, surtout quand tout est calme. J’ai pourtant fini par m’endormir et il ne s’est rien passé. Quelques temps plus tard, le danger était écarté, les alertes ont été levées et nos masques ont été relégués au fin fond des armoires.

En 2006 ou 2007, je ne me souviens plus exactement,  ils sont passés dans les maisons pour les récupérer, on était presque inquiets de s’en séparer mais ils nous ont assurés qu’ils allaient les réviser, mettre de nouvelles piqures d’atropine et qu’ils nous seraient rendus dès que nécessaire.

Voilà qu’ils sont distribués et dans certains endroits depuis quelques mois….. Je n’irais pas chercher les miens…. Ils doivent m’attendre quelque part…. Je ne peux pas m’empêcher de penser que c’est là bas que nous devrions être….. Mais le destin en a décidé autrement.

samedi 10 juillet 2010

A s'arracher les cheveux !!

Vous vous souvenez certainement de ma dernière expérience capillaire, et bien, j’ose à peine vous le dire, mais j’ai récidivé !!!

Ca ma pris tout à coup comme ça mercredi en fin d’après-midi. Nous étions au centre ville en train de faire les soldes et n’ayant pas trouvé de coiffeur qui pouvait me prendre aux heures qui me convenaient je suis allée m’acheter une couleur et j’ai eu la sombre idée d’acheter un produit pour décolorer, histoire de pouvoir recolorer après, allez savoir pourquoi.

Une fois rentrée, je décide de tenter l’expérience, vu que le lendemain après-midi nous avions rendez-vous dans un institut à Lille. Je lis bien la notice car il est important de respecter les consignes et hop je me lance, mais alors pas stressée du tout, 20 minutes de pose sur les longueurs et ensuite sur les racines, au bout du temps j’allonge le tout avec un peu d’eau chaude et le tour est joué…..

Je me disais que le blond allait être sympa, certainement très cendré et que peut-être même je ne recolorerai pas tout de suite. J’ai laissé poser en pianotant derrière mon ordi sans vraiment me rendre compte de la tournure que ça prenait.

Finalement c’est au rinçage que le choc a eu lieu. Je suis ressortie avec une couleur indescriptible qui n’existe même pas dans les manuels. Ce n’était pas blanc, ni jaune, peut-être orange quoi que…… brans le bas de combat, Jules à l’avant poste « Bibiche tu peux courir chez M me chercher une couleur…..

« Et bein voilà, tu fais des conneries et après c’est moi qui doit trouver la solution, M ferme à 19 h 30, je ne vais pas avoir le temps »…… « Mais si mais si, dépêches toi, je ne peux pas rester comme ça !! »

Jules est revenu avec un blond légèrement plus foncé et moi, très confiante je me suis dit qu’après le repas je retenterai la coloration et que mon oranger/roux/jaune ne serait plus qu’un mauvais souvenir.

J’ai bien tenté, j’ai tout fait comme c’était écrit mais ça n’a rien changé. J’ai commencé un peu à paniquer et j’avoue que j’ai mal dormi.

Jeudi matin j’ai tenté de trouver un coiffeur qui pouvait me prendre en urgence et réparer les dégâts mais il semble que sur Dunkerque ça soit compliqué, il y a pourtant 70 salons de coiffure. On pouvait me prendre en fin d’après-midi ou le lendemain, manque de personnel, c’est les vacances et patati et patata. Sauf que je ne pouvais pas attendre, il n’était pas question pour moi de sortir avec ma citrouille sur la tête et encore moins de me rendre à mon rendez-vous dans cet état.

« Je vais retenter un coup de poker » dis-je au Jules « Tu vas retourner me chercher une couleur »….. « Mais ça va pas non !!! Tu vas finir par complètement abimer tes cheveux, il faut aller chez un coiffeur »…..

Alors le Jules est parti en ville et, guidé par je ne sais quelle étoile, il est entré, au feeling dans un salon de coiffure. Il a expliqué mon problème et la coiffeuse en chef a tout de suite accepté de me prendre. « Nous sommes débordées mais nous ne pouvons pas la laisser comme ça, dites lui de venir, elle passera entre deux ».

Penaude j’étais lorsque je suis entrée dans le salon et j’ai senti mille paires d’yeux se tourner vers moi. Certaines avaient envie de rire mais se retenaient, d’autres me regardaient comme si je débarquais de Mars.

J’ai expliqué mes diverses manipulations à la coiffeuse et elle m’a dit qu’elle allait tenter de rattraper le coup. Je suis tombée dans un salon de coiffure super sympa où toutes les clientes habituelles se connaissent, c’était ambiance très familiale, ça m’a tout de suite plu.

La coiffeuse était perplexe devant la couleur, c’est du jamais vu m’a-t-elle dit !!! bein oui c’est du « fait maison » lui ai-je répondu. On a bien rigolé. Elle m’a mise en garde sur mes futures manipulations en insistant sur le fait que j’avais un super cheveu qui avait tenu le coup et que ça n’était pas donné à tout le monde, cedi dit, il fallait que je cesse de le maltraiter !!!

Résultat, elle a réussi à me refaire un blond beige assez sympa et j’ai été prise d’une nouvelle lubie, j’ai coupé…. Et bien coupé….. un carré court dégradé, ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé !!! Le jules ne m’a pas reconnue quand il est venu me rechercher….

Faut le temps que je m’habitue…. J’ai toujours eu les cheveux plus ou moins long….. je ne me reconnais pas quand je passe devant le miroir, mais ça va le faire !!!

En tout cas, pour plus de sécurité et afin de ne pas recommencer mes folies « cheveulesques, » j’ai déjà pris rendez-vous pour fin août, faut pas tenter le diable non plus !!!

jeudi 8 juillet 2010

Ces chers voisins


Bonemine habite l’appartement au dessus du mien. Elle frise les 65 ans et tout ce que Dieu ne lui a pas donné dans la taille il lui a donnédans la langue. Elle est mariée à Assurancetourix qui ressemble à s’y méprendre à notre barde préféré sauf que lui ne chante pas et heureusement pour nous car ils sont déjà assez bruyants comme ça.

Dans notre mésaventure nous avons de la chance. Bonemine et Assurancetourix possèdent un autre lieu d’habitation quelque part dans la forêt des Carnutes et ils voyagent entre leurs deux résidences, ce qui nous laisse un paquet de jours dans le mois où nous pouvons goûter au calme et ne pas vivre complètement à leur  rythme qui est assez hétéroclite.

Mais voilà il y a Tanguy, et Tanguy ce n’est pas une mince affaire. Tanguy vient de plus en plus souvent squatter l’appartement parental quand ses illustres père et mère s’en vont humer l’air ailleurs et il n’est pas franchement discret. Un éléphant dans un magasin de porcelaine ne ferait pas mieux !!

Dès les premiers jours de notre installation nous avons tout de suite été surpris. La bâtisse est ancienne, elle date de 1956 et n’a pas vraiment été isolée. Tous les appartements sont équipés de parquet et le parquet ça craque, surtout quand il a été mal posé et qu’il n’a pas été mis sur une dalle béton. Nous avons aussi une cheminée dans le salon qui a perdu sa qualité initiale puisqu’elle ne sert qu’à décorer…. Elle a aussi une fonction d’amplificateur de son et nous avons très vite pu le vérifier.

Au bout de 4 jours Jules a été obligé de monter pour demander à Bonemine de bien vouloir baisser le son de sa télé qui criait à tue-tête à minuit. On ne pouvait pas dormir et de notre chambre on avait le son et on pouvait imaginer l’image. Vous vous doutez bien que Bonemine n’a pas apprécié, mais bonne joueuse elle s’est de suite exécutée. Elle ne veut pas avoir d’ennuis entre voisins et elle est consciente que l’immeuble résonne et qu’il faut faire attention.

Peu après tout s’est calmé…. Bonemine a pris l’habitude de baisser le son de sa TV mais elle a sorti une nouvelle botte secrète, ses talons hauts !!! Du soir au matin, du matin au soir, à midi ou à minuit, Bonemine arpentait les 4 coins de son appartement tel un mannequin qui prépare son premier défilé. Ca nous a très vite énervés et surtout c’était insupportable d’entendre des petits claquements tout au long de la journée.

Jules est de nouveau monté…. En guise de talons, Bonemine avait tout simplement chaussé des mules roses à pompons avec des petits talons en bois. « Je suis en chaussons » dit-elle…. Bein oui Bonemine, des chaussons qui font du bruit, c’est pas vivable.

Bonemine a relégué ses mules à talon au placard et a du penser que nous étions bien embêtants.

Nous avons eu 15 jours de répit, 15 jours sans aucun voisin au dessus de notre tête, quel bonheur, mais il fût de courte durée….. Bonemine et Assurancetourix ont fait un retour en fanfare un dimanche soir sur les coups de minuit….. plusieurs voyages dans l’escalier pour monter leurs affaires, et vas y que je parle fort, que je claque la porte de l’appartement….. Jules a très vite été excédé et s’est promis de les choper le lendemain matin. Ce qui fût fait et là, Bonemine n’a pas du tout apprécié…. « si vous n’aimez pas le bruit, vous n’avez qu’à vivre dans un endroit désert » a-t-elle répondu au Jules, ce qui a eu le don de l’énerver.

« Dans un immeuble Madame, il y a des règles de vie à respecter et un minimum à assurer pour ne pas déranger ses voisins surtout à des heures où l’on est censé dormir, c’est une question d’éducation….. je suis déjà monté deux fois, je ne monterai pas une troisième que ça soit clair » et tac….. Prends toi ça dans les dents mémère et mets ton mouchoir par-dessus.

Les bruits ont cessé et des efforts ont été faits, malgré quelques dérapages incontrôlés…. On peut dire, qu’il y a une réelle amélioration.

Cela faisait trois semaines que Bonemine et Assurancetourix n’étaient pas partis. Avec Jules on guettait à chaque fois le signal du départ, c'est-à-dire, les volets fermés là haut et le rideau tiré devant la porte fenêtre du salon. Mais hélàs, point de départ à l’horizon……et Tanguy a débarqué un soir vers 23 h 30, tellement bruyant qu’on a failli monter. On s’est contentés de filer un coup de balai dans le plafond et ça a calmé tout le monde. Le lendemain, notre couple d’irréductibles prenait la poudre d’escampette et il semble que depuis, Tanguy soit le gardien des lieux.

Nous vivons au rythme de Tanguy qui finalement tout seul est pire que nos deux gaulois. Tanguy arpente la maison et on se demande parfois s’il ne chausse pas les mules à pompons de sa mère. Tanguy joue à la pétanque dans la cuisine, tanguy fait du ski le soir dans le couloir qui mène aux chambres, Tanguy aime regarder la télé jusqu’à pas d’heures. On est tranquilles quand il fait sa sieste, allongé sur un transat au soleil sur son balcon.

Tanguy a environ 45 balais et il doit avoir un problème de prostate car la nuit il se lève deux ou trois fois pour aller se soulager, moi qui aie l’oreille plus que fine, j’entends tout. Il est réglé comme une horloge, toutes les nuits se sont les mêmes heures. Le pauvre, il n’est pas étanche, comme ça doit être compliqué….. Je me demande s’il n’existe pas une potion magique pour y remédier !!!

Ah, j’oubliais…. Tanguy est très matinal, à 5 h 30 du matin il est déjà en train de fourgonner dans l’appartement. Je me demande bien ce qu’il peut faire à pareille heure, je me demande tout court ce qu’il fait chez ses parents quand ils n’y sont pas, pourquoi il ne va pas travailler, bref, tant de questions sans aucune réponse……

Mais je vous rassure hein….. on arrive à vivre, on peut quand même dormir, ce n’est pas non plus l’enfer !!! d’ailleurs tiens pendant que j’écris, oh bonne nouvelle, J’aperçois Tanguy qui s’en va, bon signe il a un sac de voyage, je pense qu’il vient de partir pour une chasse au sanglier, on va être enfin tranquilles !!!

lundi 5 juillet 2010

Pretty Ysa


8 ans les doigts de pieds en éventail dans des tongues ça marque !!! 8 ans à traîner en shorts, débardeurs et robes légères, c’est le pied, 8 ans à n’avoir comme maquillage qu’une crème de jour, c’est Byzance !!! Non non je n’étais pas sur une ile perdue avec Robinson Crusoé mais c’était tout comme….

Le retour à la civilisation est moins drôle. L’habit ne fait pas le moine mais pour aller voir des clients, il vaut mieux être présentable, et visiter les centres thalasso et les instituts de beauté en tongues, ça le fait pas !!!

Je suis donc entrée en action, pretty woman n’avait plus qu’à bien se tenir, sauf que je ne suis pas Julia Roberts et c’est bien dommage…. Notez que mon Jules ne ressemble pas non plus à Richard Gere !!!

Ma première journée fut une vraie torture, je ne sentais plus mes pieds chaussés de sandales à talons…. J’avais l’impression de marcher sur des œufs et à chaque instant mes jambes menaçaient de se dérober …. J’ai même esquivé deux ou trois dérapages qui ont failli me déstabiliser…. j’admire ces nanas qui sont plus haut perchées que moi, qui marchent naturellement comme ci elles n’étaient pas chaussées et qui n’ont même pas mal aux pieds !!!

Je ne vous parle pas de mes fringues, j’avais l’impression d’être endimanchée alors que finalement j’étais simplement habillée comme je l’avais été lorsque je travaillais. A cette époque c’était tout naturel et c’était un plaisir de changer de tenue chaque jour, je passais d’ailleurs mes samedis à faire les boutiques. J’agrémentais le tout de colliers, sautoirs, ras de cou, boucles d’oreilles, tout était assorti et j’avais une sacrée panoplie, c’était un plaisir, je ne savais pas faire sans……. Le premier jour a été une corvée, j’avais l’impression de ne pas pouvoir respirer, j’avais l’impression d’être déguisée….et encore je n’avais pas abusé d’accessoires inutiles, j’avais pour tout ornement, un collier de perles fines….

Le maquillage…. n’en parlons pas, il a fallu que j’aille en racheter, le mien datait de Mathusalem, je l’avais acquis une fois comme ça à l’aéroport en partant en vacances, parce que j’en avais envie… et je ne l’avais pratiquement jamais utilisé…..on ne va pas à la plage maquillée, et quand je suis chez moi je privilégie le naturel ……. depuis le temps tout était abimé, desséché…… je suis entrée dans une boutique…. J’avais oublié qu’il existait tant de choses pour se peinturlurer….. « Je vous donne du fond de teint » me dit la vendeuse « ah non certainement pas, je n’en mets jamais »…. Faut pas déconner, je veux bien mettre un peu de fard sur les yeux, rosir mes joues, souligner mon regard mais ça s’arrête là….. le ravalement de façade ne passera pas par moi !!! ….. D’ailleurs le premier jour j’avais la peau qui me tirait de partout, les yeux qui grattaient et j’avais la furieuse envie de me les frotter, comme font les ratons laveurs, c’est la première fois que j’avais envie d’être un raton laveur….. La première chose que j’ai faite en rentrant chez moi…. Direction la salle de Bains pour tout enlever !!

Vous allez me plaindre j’espère bien !!! c’est pas une vie de devoir se déguiser comme ça…… Allez, je vous laisse, je m’en vais sauter dans mon jeans et débardeur, et je vais trainer pieds nus sur le parquet, ça va me changer les idées !!!

vendredi 2 juillet 2010

9 ans



A cette heure là nous nous étions déjà dit Oui, nous avions déjà fait un premier vin d' honneur dans une vieille bâtisse proche de notre maison et avions ensuite parcouru les 35 kilomètres pour nous rendre sur le lieu ou se déroulerait la suite de la cérémonie avec nos proches.

La Grange du Bourgoult, que de souvenirs, le décor était somptueux, les invités n'en croyaient pas leur yeux et il faisait si chaud, beaucoup plus chaud qu'aujourd'hui.....

Je n'avais d'yeux que pour le buffet que nous avions choisi pour nos invités, ils ignoraient alors que ces trois buffets n'étaient qu'une mise en bouche. Derrière eux,  la porte de la salle ou se déroulerait ensuite la soirée avec repas et spectacle, était bien fermée et ne laissait rien filtrer, seuls les serveurs, Claude notre disc-jockey et sa femme chargée du timing s'affairaient et donnaient leur avis à notre décoratrice qui mettait la dernière touche au décor oriental des "mille et une nuits".

Tout le petit monde se bousculait devant les trois buffets, le buffet norvégien, le buffet Israélien et le buffet chinois.... je me souviens d'avoir eu très envie d'y aller moi aussi, mais le photographe s'impatientait, il fallait faire les photos, le soleil commençait à décliner.....

 Nous avons pris la pose dans tous les recoins du domaine pour terminer par la photo finale dans le champ de blés..... j'en avais marre, j'avais soif, j'avais faim, j'avais envie de m'amuser, j'avais envie de papoter avec mes invités....et j'avais surtout énormément envie de goûter à ces buffets si somptueux, si beaux pour la vue, si bien décorés.

Quand nous sommes revenus de buffet il n'y en avait plus et déjà les portes de la Grange s'ouvraient pour laisser place au dîner. Les invités étaient stupéfaits, à l'entrée ils étaient accueillis par un jeune homme qui offrait aux dames un brin de jasmin, ils étaient ensuite dirigés vers des tables qui se nommaient Ispahan, Byzance, Bosphore, et ils découvraient au fond de la salle un décor magnifique,  digne d'accueillir Jasmine et Aladin.

Nous sommes entrés les derniers et la fête a commencé, c'était émouvant, surprenant, rien à voir avec un mariage français.... il n'y avait pas de temps mort, danseuses orientales, changement de vêtements, arrivée des mariés portés sur des trônes,  jeunes filles habillées en tenues d'orient, le moment du Henné que tout le monde découvrait, puis l'allumage de la ménorah.... la femme de Claude tenait son timing d'une main de maître....

9 ans après que reste t'il de tout cela...... de jolies photos, un film d'une heure trente sur une K7 vidéo que l'on s'est promis de faire transformer en DVD et qu'on a toujours pas fait, deux alliances qui sont toujours à nos doigts et qu'on a jamais enlevées.....

9 ans après, quelques personnes qui partagaient notre joie ce jour là ne sont plus là, certaines sont décédés, d'autres se sont tout simplement éloignés de nous.... parce que c'est la vie,  les vrais amis sont rares..... l'amitié n'a pas résisté aux kilomètres qui nous séparaient..... 

9 ans après, nous sommes toujours là et 14 ans de vie commune n'ont pas réussi à nous séparer, n'en déplaise à ceux qui ne nous donnaient que quelques mois.... ces gens là nous trouvaient trop différents, pas la même culture, pas la même religion, pas la même façon de penser.... notre couple dérangeait, notre couple choquait.... les gens n'avaient pas compris que nos différences c'était notre richesse.....

Alors aujourd'hui et bien Oui, je rempile, pour combien de temps Dieu seul le sait..... Notre vie commune ce n'est pas la folie des premiers instants, mais la flamme est toujours allumée même si parfois elle vacille, parce que nous sommes fatigués, parce que ces derniers temps nous n'avons pas été épargnés, parce que nous avons dépensé beaucoup d'énergie à nous battre et que nous avons peut-être oublié de nous aimer.

Oui aujourd'hui je rempile, parce que ça serait stupide de tout laisser après les tempêtes que nous avons traversées..... le bateau tangue parfois très fort mais jamais il ne chavire.......

Oui, je rempile mais s'il te plait, fais des efforts, arrête de laisser traîner tes chaussettes près du lit, arrête d'oublier tes papiers quand tu prends la voiture ça t'évitera de te faire arrêter et de te faire aligner parce que tu ne peux pas présenter ton permis de conduire, arrête de perdre tes lunettes, tu peux pas savoir comme ça m'énerve !!!

Oui je rempile parce qu'au fond je t'aime, et je n'ai pas signé seulement pour mille et une nuit.....