vendredi 17 décembre 2010

Je n'ai rien oublié

Tel-Aviv dans la tourmente, Tel-Aviv sous la colère des cieux, c'est tellement inhabituel que ça mérite d'être souligné. J'ai reçu ces photos de mon amie Muriel qui sait à quel point je suis attachée à cette ville et à Eretz Israël.

Ces photos ont été réalisées par Gabriella Halperin que je ne connais pas mais que je félicite parce que ses prises de vue sont magnifiques.  Gabriella,  tes photos sont sublimes et réveillent en moi bien des souvenirs......

 
Cette vue est prise de Jaffa, cet endroit je le connais par coeur, je m'y suis promenée tant de fois que je pourrais y aller les yeux fermés. D'ici la vue est sublime et j'aime cette mer furieuse et démontée. J'aime les immeubles au loin dans la brume....

Peut-être que cette photo a été prise en bas, sur le port de Jaffa,  là ou la mer vient mourir sur le mur, là ou les pêcheurs aiment se poser. Combien de fois, accoudée au muret j'ai scruté l'horizon et j'ai laissé les embruns me fouetter le visage....

Je m'y promenais avec le chien. Moïse adorait cet endroit où il pouvait courir en toute tranquilité. J'y apercevais les joggeurs, les marcheurs, les gens à vélo et des promeneurs comme moi.... j'aimais y aller le matin et je ne me lassais jamais de regarder la mer....Moïse se hasardait parfois sur les rochers et comme moi il humait l'air du large....on était bien...

Je n'ai pas oublié le bruit  des vagues qui s'échouent sur les rochers, je l'entends encore c'est un bruit bien particulier, cette fois ci il doit être plus fort, j'aurais aimé y être, J'aime le grondement de la vague, il vient de loin, il roule et s'enroule, il râle et se défoule et quand enfin il se fracasse contre la roche c'est comme une délivrance.....

Je n'ai rien oublié du cri des oiseaux qui volent et virevoltent le long de la promenade. J'aime quand ils prennent leur envol par de grands battements d'ailes, une fois l'élan pris ils se laissent planer au dessus de l'eau et c'est beau..... j'ai souvent rêvé que je volais..... j'entends le bruissement de leurs ailes et leur piaillement..... il me suffit juste de fermer les yeux et de me projeter.... je suis là sur la tayelet,  je suis là tout à côté de Gabriella,  je sens les gouttes d'eau qui se posent sur moi, j'entends le ressac et au loin la circulation de Rehov Hayarkon et de la promenade herbert Samuel.....  j'entends l'appel à la prière du muezzin de Yaffo......

Il ne m'est pas inconnu, il est là sur les hauteurs de Yaffo, insouciant, indifférent,  j'ai du le croiser, lui ou l'un de ses cousins, peut-être même que je l'ai quelque part, sur l'une de mes photos, j'ai tellement photographié tous ces lieux. Je n'ai pas oublié les chats de Yaffo, ni les chats de la Tayelet qui vivent parmi les rochers, encore moins les chats du quartier de Neve Tsedek, là ou Bamba est née..... les chats de Tel-Aviv sont attachants, ils aiment les gens...

Non je n'ai rien oublié, ni le bruit ni les odeurs, ni la vie qui continue là bas sans moi. Ces photos me font du bien et me bouleversent....

Ce soir j'ai le coeur comme cette vague qui déferle et ne semble jamais vouloir s'arrêter..... je me demande simplement à quel moment elle viendra se briser sur le rocher......

Merci à Gabriella d'avoir autorisé la parution de ses photos, si vous souhaitez découvrir les autres, c'est ici .....  

mardi 7 décembre 2010

J'ai une idée !!!

Mi octobre, j’ai eu une idée de génie, de merde, qui en clair disait « il faut démocratiser un peu nos produits afin d’en faire profiter tout le monde ». J’ai donc décidé de faire quelques marchés de Noël afin d’aller à la rencontre des gens qui ne poussent jamais la porte d’un Institut de Beauté. 

« Démocratiser le produit » ça fait chouette non ? ça fait style,  c’est sûrement des restes de ma jeunesse socialo qui me fait penser à des trucs pareils,  des fois je me dis « roooo t’es trop forte toi, t’as de ces idées » !!!!  bein tu vois je me dis que des idées comme ça je ferais mieux  de m’abstenir parce que vouloir démocratiser c’est bien mais y a des limites et la réalité est toute autre.  Parfois au lieu de démocratiser, on dévalorise et là, forcément, ça marche moins bien !!!

Pour moi, marché de Noël rime avec  petits chalets tout mignons dans un décor féérique…. De la neige, des étoiles qui scintillent, la bonne odeur de la cannelle et du vin chaud….. Enfin j’voyais ça comme ça puis ça existe…. Seulement…..faut juste sélectionner les  bons endroits…. Sauf que….. Dans la famille blonde je demande Ysa…..

Et là t’es en train de te dire « qu’est ce qu’elle a encore trafiqué » et t’as pas tord je te le confirme.

Tout a commencé par une nuit sombre, le long d'une route solitaire de campagne, alors qu'il cherchait un raccourci que jamais il ne trouva. Cela a commencé par une auberge abandonnée et par un homme devenu trop las pour continuer sa route. Cela a commencé par l'atterrissage d'un vaisseau venu d'une autre galaxie.

Nan, j’rigole….  quoique le premier marché qu’on ait fait pourrait bien s’y apparenter. Alors voilà je t’explique parce que je vois que tu trépignes d’impatience…..

Mi octobre donc, après ma subite illumination, j’ai traqué les marchés de Noël sur le net en sélectionnant les marchés de la région Nord-Pas de Calais. J’ai trouvé un tas de petits marchés dans des villages inconnus et d’autres dans des villes plus connues sauf que… les marchés des villes connues étaient tous complets. Première déception… mais tu m’connais, c’est pas ça qui allait m’arrêter, vu que j’avais décidé de faire les marchés et que c'était une idée fixe, je me suis  rabattue sur des villes plus petites, -c’est bien connu, à défaut de grive, on mange du merle- !!! et j’ai sélectionné quelques villages qui organisaient des marchés les samedis et dimanche et y avait de la place !!!! (en même temps j’comprends mieux pourquoi maintenant !!!!)

Le premier marché c’était l’inconnu et heureusement sinon j’y serais pas allée. Nous avions convenu avec la commune de ne le faire que le dimanche parce que nous n’étions pas dispo le samedi. Nous avions donc prévenu de notre arrivée au petit matin afin de pouvoir installer notre stand. Pas de problème nous a dit la meuf, je serais là pour vous ouvrir et vous accueillir…. Je ne sais pas pourquoi mais je l’ai crue qu’à moitié !!!!

Dimanche dès l’aube, à l’heure ou blanchit la campagne, nous avons pris la route. Il faisait un froid de canard. On a chargé la bagnole, trois voyages pour tout descendre (y a pas d’ascenseur et on est au deuxième) et nous voilà partis. Pas un chat sur l’autoroute, nous étions seuls au monde.

120 kilomètres plus tard, nous arrivions dans un village du pays minier et j’avais l’étrange impression de me retrouver dans une scène de Germinal, ce qui n’était pas pour me déplaire parce que ce livre fait partie de mes préférés, et là,  nous avons trouvé porte close. Je me suis dit que ça commençait mal.

Quand j'ai vu la gueule du gymnase où se déroulait l'expo j'étais en panique, il flottait comme un étrange brouillard qui donnait une ambiance glauque à l'endroit et j'aurais voulu ne jamais être là.

On a poireauté comme deux cons, 10 minutes plus tard arrivait un premier commerçant, suivi d’un autre et d’encore d’autres….. des gars bien du coin, avec un accent bien de chn’ord…… le décor était planté. Ils nous ont fait comprendre que c’était la désorganisation totale et qu’il fallait s’armer de patience. En même temps on avait compris.

Le marché ouvrait à 10 h 30 et les portes se sont ouvertes à 10 h 00, 30 minutes montre en main pour installer notre stand, autant te dire qu’il fallait speeder. J’avais prévu un décor de Noël style polaire avec de la fausse neige, un sapin en bois qui clignote, des ours, des lutins, bref un truc sympa qui change des pères noël et des boules de couleur ringards.

Enfin pour installer un stand encore faut-il en avoir un de prévu. Le mien avait été réservé payé et tout…. Sauf que….. bein le gars qui était chargé d’ouvrir les portes ne le trouvait pas  ni sur le plan, ni dans la salle !!!! mon nom et mon paiement étaient bien enregistrés mais la gourde chargée de l’organisation avait du nous zapper. Evidemment elle n’était pas présente et pas joignable sur son portable…..

Le gars bien gentil a pris les devants « on va pas perdre cht’emps, y reste eune dmi heure, mi j’vas aller chercher eune tab pis vous allez vous inchtaller là » !!!!

Et en deux temps trois mouvements, on s’est retrouvés installés entre la buvette et…… Nanard le marchand de bonbons et de Barbe à Papa !!!!

Ah ça casse, ça casse tout de suite le moral et t’as qu’une envie c’est de rentrer chez toi, sauf que tu viens de te taper 120 bornes, que t’es levé depuis 6 heures du mat, que t’as payé ton emplacement et que tu respires un grand coup en te disant ça va le faire. Puis Nanard il est gentil, non c’est vrai il est gentil, gros nounours, tu comprends rien quand il parle mais il est adorable, on pouvait quand même pas laisser tomber Nanard !!!!

En 45 minutes le stand était monté, y avait pu qu’à attendre le client et quand on attend on a froid, parce qu’il faut que je t’explique qu’on était dans un vieux gymnase pas chauffé, en fait le chauffage ne tenait plus qu’à un fil et il a rendu l’âme….. on était près de la porte d’entrée qui devait rester ouverte en permanence pour accueillir le badaud….. j’ai attaqué au vin chaud histoire de me réchauffer, il était même pas bon puis je me suis dit que j’allais pas pouvoir consommer du vin chaud toute la journée sinon j’allais très vite rouler sous la table.

A 11 heures 30 on a fait notre première vente ce qui nous a un peu boostés et à 12 heures les squatteurs de buvette sont arrivés. Pastis, whisky, vin chaud, bière, y en avait pour tous les goûts. A 13 heures je me suis dit que j’aurais mieux fait de tenir une buvette au moins j’aurais fait fortune, c’était le seul endroit de la salle où il y avait un attroupement continu. Quelle journée de merde !!!!

Le Maire à joué les prolongations au comptoir jusqu’à 4 heures de l’après-midi , à chaque fois que je le regardais il avait un verre de jaune à la main, il allait pouvoir ouvrir un bar lui aussi,  il est d’ailleurs venu saluer le Jules comme s’ils se connaissaient depuis toujours, l’était pas bien frais le garçon !!!  Le médecin du village est reparti en titubant, sa femme était obligée de le retenir, j’ai espéré qu’il ne soit pas de garde ce jour là. La commerçante en face a plié bagage à 15 heures et nous avons tenu jusqu’à 17 heures. Nous étions gelés et inertes et avons fait un chiffre d’affaires mirobolant.....  ni l’endroit, ni le public n’étaient adaptés pour ce genre de vente. Je peux te dire que dans ce lieu j’ai dévalorisé mon produit et j’ai eu honte mais j’ai eu honte…. tiens là tout de suite ça me stresse encore rien que d'y penser !!!!

Je suis rentrée fatiguée, stressée et en colère contre moi-même d’avoir fait une telle connerie et de ne pas avoir préalablement mieux étudié les endroits où nous aurions pu exposer. Je m’en suis voulue de mes idées farfelues de démocratisation.

Heureusement les WE se suivent et ne se ressemblent pas. Samedi et Dimanche, nous avons exposé dans une jolie salle, bien chauffée avec de beaux exposants ( y avait même un marchand d’art  t’as qu’à voir !!!!)

Un marché de Noël combiné à un Téléthon, un feu d’artifice, une organisatrice au top qui nous a accueillis avec café et  pain au chocolat le matin,  apéro de bienvenue le midi, et surtout des clients intéressés, qui posaient des questions et achetaient….. un  pur bonheur, un marché sur lequel je me suis éclatée…..

Bein tu sais quoi, j’ai découvert que j’aimais vachement bien jouer à la marchande….. faudrait que je demande au père Noël s’il veut pas m’offrir une boutique…. Mais attention hein, une belle boutique, en centre ville….. une boutique aux airs un peu chic..... parce que mon produit le vaut bien !!!!! tiens, en vla une idée qu’elle est bonne……

lundi 22 novembre 2010

Mon Jules, ce héros....

A cette époque, Israël était notre destination de voyage. Nous rêvions d’y habiter mais n’avions pas encore fait le grand saut, chaque visite nous rapprochait un peu plus de notre idéal et les retours en France étaient moroses.

Nous étions en 1997 et avions décidé de nous rendre en Eretz pour les fêtes de Pessah, Rébecca n’était pas née, Marianne et Romain étaient en vacances avec leur père.

Comme à chaque fois nous parcourions le pays de long en large, nous nourrissant des paysages Israéliens, aveuglés par les couleurs que l’on ne trouve nulle part ailleurs, charmés par la gentillesse des gens et toujours très étonnés par la désinformation qui sévissait sur les chaînes de télévision française.

On se partageait toujours entre Eilat, la Mer Morte et Jérusalem, le parcours était bien ficelé, les hôtels réservés à l’avance et le programme aussi, il fallait être méticuleux car nous voulions en profiter un max et voir le plus de choses possibles.

Ce jour là nous étions à Jérusalem et j’avais tout à coup décidé que je voulais aller voir la tombe d’Oscar Schindler ce qui n'était pas prévu.  Nous savions qu’il était enterré quelque part sur le Mont Sion et il ne nous restait plus qu’à prendre la bonne direction pour y arriver.

Mais la bonne direction dans Jérusalem ce n’est pas toujours évident, surtout pour les néophytes que nous étions à l’époque. J’ai commencé à trouver que les quartiers étaient bizarres et que les routes devenaient étroites. Jules était certain qu’on allait très vite regagner un grand axe routier et retrouver des panneaux qui nous indiqueraient notre chemin.

Jules et son éternel optimisme, toujours persuadé de sa bonne étoile, agile comme le chat qui retombe sur ses pattes, se prenant pour un phénix. Je crois que ce jour là, mon héros a quelque peu été égratigné. Il a fini par se rendre compte que nous étions paumés.

C’était l’heure de la sieste et il n’y avait pas beaucoup de monde, « on demandera notre chemin dès qu’on apercevra quelqu’un » me dit-il d’un ton assuré mais moi assurée je ne l’étais pas car j’avais déjà une petite idée de l’endroit où l’on pouvait se trouver ayant aperçu quelques minutes plus tôt un âne famélique attelé à une charrette sur laquelle était disposé de la ferraille.

Mes soupçons furent bien vite confirmés. On arriva tout à coup dans une ruelle plus étroite que les autres où il nous fallut ralentir et presque rouler au pas afin d’éviter des jeunes qui jouaient au football.

Dans notre voiture de location à la plaque d’immatriculation israélienne, on ne passait pas inaperçus et on s’est très vite retrouvés encerclés par les jeunes qui nous regardaient et tentaient d’ouvrir les portes que Jules avait eu le réflexe de bloquer.

J’ai eu un moment de panique, c’était angoissant et suffoquant de voir tout ce monde agglutiné autour de la voiture et c’était l’inconnu. Qu’allait-il se passer, est ce qu’ils allaient nous balancer des cailloux, essayer de briser les vitres du véhicule. Que pouvait-on faire tous les deux enfermés là dedans avec au moins 30 personnes dehors.

Les loustics commençaient à bien s’échauffer. Je regardais le Jules, je me disais que notre heure était venue et que deux semaines avant, des gens avaient été blessés de la même façon parce qu’ils avaient loupé une route et s’étaient retrouvés dans un style de quartier comparable à celui là. Ma claustrophobie ne faisait qu’augmenter ma panique et je commençais à avoir du mal à respirer. « Calme toi, respire un grand coup je vais leur parler » me dit le Jules d’un ton calme.

Je me suis dit qu’il était devenu fou, et que s’il sortait c’était certain il allait se faire étriper. Je me souviens de lui avoir dit de foncer dans la foule et je pense que si j’avais eu le volant c’est ce que j’aurai fait mais mon héros a gardé son sang froid et avec un flegme britannique il a baissé la vitre du véhicule.

Le silence s’est fait tout autour de la voiture et le Jules a commencé à parlementer en arabe. Je crois que c’est ce qui nous a évité les embrouilles. Les jeunes très étonnés lui ont demandé d’où il venait, il leur a raconté qu’il était né en Tunisie et pour les amadouer leur a même sorti quelques versets du coran.

Droit dans le mille qu’il a tapé mon Jules, c’est tout juste si les jeunes ne voulaient pas qu’on aille se boire un coup ensemble. En deux temps trois mouvements, ils étaient devenus potes. Très vite ils se sont retirés de la voiture et seuls les plus âgés sont restés, chacun mettant son grain de sel pour nous indiquer le chemin.

Je leur faisais des sourires mais je riais jaune, je tremblais et je crois que je remerciais Dieu de nous avoir tirés de cette embuscade.

Grâce aux indications, nous avons retrouvé très vite notre chemin. Jules m’a avoué plus tard avoir eu un moment de crainte mais il ne voulait pas le montrer. Ce jour là, il a mille fois remercié son père de lui avoir fait lire le coran étant plus jeune.  A cette époque il vivait en Tunisie et son père lui avait dit que s’il voulait comprendre la religion de ses copains musulmans il devait s’instruire et lire leur livre saint.

On peut dire que nous avons été sauvés grâce au Coran et un peu grâce au Jules aussi !!!!

Nous sommes retournés à Jérusalem et n’avons pas vu la tombe de Schindler, trop d’émotion pour moi, je ne l’ai visité que l’année d’après et cette fois là, nous avions une carte routière dans la voiture !! 

lundi 15 novembre 2010

Fi d'elle

Je ne vous ai jamais parlé de « B » parce qu’à l’époque il n’y avait rien de particulier à dire sur cette femme que je pensais mon amie. J’ai tiré un trait sur « B » plus vite que je ne le pensais, elle fait partie d’un passé que j’ai enfoui et qui ne reviendra jamais, elle est rangée dans un coin de ma mémoire pour ne plus jamais en ressortir, elle est au fond d’un coffre dont j’ai rangé la clé.

Il suffit parfois d’un endroit, d’une musique, d’une parole pour faire revivre les gens dont on ne souhaite plus se rappeler parce qu’ils nous ont planté et trahi. Depuis quelques années j’ai une mémoire sélective qui me permet de trier et de ne garder que le meilleur, c’est une chance qui me permet d’avancer et de ne pas me prendre la tête. Ni remord, ni regret, je tire un trait et je passe à autre chose.

J’aime l’idée de pouvoir avancer sans me retourner et de ne pas me laisser submerger par des sentiments qui n’ont pas été partagés. May m’a dit un jour cette belle phrase d’Aristote « celui qui n’est plus ton ami ne l’a jamais été »… cette phrase est mienne désormais et grâce à elle je peux enfin laisser de côté les gens qui n’ont pas su ou n’ont pas souhaité marcher à mes côtés.

Hier, « B » a ressurgi de mon passé, tout bêtement, parmi les décorations de Noël qui fleurissent un peu partout dans les magasins. J’étais affairée à essayer de trouver des choses sobres et élégantes pour égayer mes marchés de Noël quand tout à coup, au détour d’une guirlande lumineuse, les chefs d’œuvre de « B » se sont mis à clignoter. Il faut dire que pour elle les « déco de christmas » c’était un vrai sacerdoce, maison et jardin y passaient. Elle commençait toujours vers fin novembre et chaque année concevait un thème différent. Neige artificielle sur les fenêtres, lumières de partout, tout était prévu de A à Z et si elle avait pu mettre un âne et un bœuf vivant dans sa maison elle l’aurait fait !!!

Je pourrais en rire rien qu’à évoquer « B », sauf que je n’ai pas véritablement envie de me marrer quand je repense aux années d’amitié et à la façon dont nos chemins se sont séparés.
On n’efface pas 11 ans rapidement. Si je n’ai pas toujours été fidèle en amour, - je le suis depuis que j’ai rencontré mon homme, le Jules avec qui je partage mes joies et mes peines depuis maintenant 14 ans- je peux me vanter de l’avoir été en amitié. Une amitié sincère et solide, sans défection, être présente dans les joies comme dans les peines et surtout dans les peines parce que c’est là qu’on voit les vrais amis. Je n’ai pas démérité avec « B », ni avec les autres, toutes celles qui un jour ont changé de direction et qui m’ont zappée sans que je n’aie le temps de me retourner.

J’ai fini par me demander si je n’étais pas trop exigeante vis-à-vis de l’autre, si je ne l’étouffais pas par tant de démonstrations d’amitié. Je me suis posée des tas de questions, me remettant en cause à tout moment, essayant de m’imputer la faute, de trouver la faille que je n’avais pas su combler. Mes questions sont restées sans réponse, et j’ai lâché l’affaire en prenant pour devise « qui m’aime me suive » tout en prenant le risque d'être seule, ce que je préfère à être mal accompagnée.

 
On m’a taxée de « sauvage » ne comprenant pas que je souhaitais simplement me protéger. On m’a taxée de « snob » parce que je restais bien souvent en retrait. On me croit distante alors que je meurs d’envie de partager. Si tout cela m’a interpellée et gênée, aujourd’hui je l’assume parfaitement, je sais ce que je vaux, je sais ce que j’ai à l’intérieur et je sais que je peux me regarder tous les matins devant le miroir sans rougir. Je me fiche pas mal de ce que peuvent penser les gens.

Je vous parle de « B » comme je pourrais vous parler de « N » ou encore de « P » mais je crois que c’est « B » qui détient le pompon en matière de trahison....  peut-être qu’un jour je vous raconterai….. quand les lumières de Noël seront éteintes et quand « B » sera enfouie à tout jamais, au fond de ce coffre dont j'aurais enfin le courage de jeter la clé.

mardi 9 novembre 2010

La Bouffonne (part 2)

Le lendemain matin, nous passons deux heures avec le rendez-vous de début de Matinée. Un homme charmant qui nous reçoit dans son bureau, nous offre du Café et du thé, un entretien très intéressant qui devrait être fructueux mais nous ne pouvons nous attarder plus longtemps, nous devons passer chez la Bouffonne avant de rejoindre la banlieue de Pontoise.

La veille j’ai refait le devis sur mon logiciel de gestion commerciale et puisqu’elle m’a signé la commande j’ai également préparé celle-ci, notre rendez-vous est une simple formalité, une signature et le passage de la carte magique dans mon appareil. Je ne sais pas pourquoi mais y a comme un truc qui cloche. Je me garde bien de le dire au Jules car il s’énerve de suite et me dit toujours que je ne sens que les choses négatives, je suis pourtant persuadée que cette vipère nous prépare un coup de jarnac.

Nous nous garons solennellement devant l’antre de la bête,  la boutique de la cliente en chef. Le Jules entre très vite, comme s’il avait été catapulté à l’intérieur, trop content certainement de récupérer une commande, je traîne les pieds, je sens des ondes négatives dans l’air, je voudrais retarder le moment mais il faut bien y aller.

Elle est dans une toute petite pièce juste derrière le comptoir et semble très animée. Elle nous salue rapidement et continue sa conversation téléphonique. Je l’entends s’énerver avec son interlocuteur « si c’est comme ça j’annule mes prélèvements » !!!

Cette phrase m’interpelle et me conforte dans l’idée que nous avons face à nous un bien étrange personnage. Hier déjà elle nous sortait ses théories à deux balles sur la confiance, j’ai bien l’impression que cette sorcière n’a confiance en personne et peut-être même pas en elle-même.

Encore une fois elle se glisse vers nous comme si elle rampait et elle me fait penser à un serpent à sonnettes. Elle prend une grande respiration comme si elle allait nous annoncer la mort de son poisson rouge. J’ai déjà déposé mes documents sur le comptoir sans grande conviction mais dans le but d’abréger l’entretien car nous avons de la route et des rendez-vous. La surprise ne se fait pas attendre, elle commence son one man show.

« J’ai bien réfléchi, je ne vous connais pas alors je ne vais pas passer la commande » J’ai une furieuse envie de me retourner vers mon binôme pour lui lancer à la figure « j’ai gagné » mais comme je ne lui avais rien dit de mes pressentiments je m’abstiens.

Le Binôme voit rouge et demande des explications ce que bien évidemment Vipère au Poing ne peut donner, alors elle brode…. « en fait je ne vais pas passer commande tout de suite, puis j’ai essayé de vous joindre, je n’arrive pas à vous avoir « bein oui cocotte, si on croit pas celle là tu nous en raconteras une autre….. « puis c’est vrai je ne connais pas votre Société, mais bon, ma fille m’a dit de ne pas me fâcher avec vous parce que peut-être qu’elle vous passera une commande après »

Les machoires du Jules sont crispées, ce sont des signes annonciateurs qui ne trompent pas, je connais mon loustic par cœur et je sais qu’il va déclencher l’ouragan alors je prends les choses en mains et je suis d’un calme Olympien que d’ailleurs je ne reconnais pas.

Je laisse la bouffonne déblatérer et je récupère mes documents sur le comptoir, je les glisse dans mon cartable et je me dirige vers la porte. La Bouffonne semble surprise de mon attitude. Je la regarde et lui dit « vous avez raison Madame, nous ne devons pas travailler ensemble ».

Le Jules ne pipe pas, il me connaît et a compris qu’il fallait me laisser faire. Il est lui-même très en colère, il connaît ses limites et à ce moment précis se dit qu’il vaut mieux qu’il se calme. La bouffonne semble étonnée aussi, elle embraie une nouvelle fois sur l’histoire de la confiance, en essayant de noyer le poisson « vous comprenez dit-elle en balbutiant, comment travailler comme ça, il n’y a aucune confiance de part et d’autre ».

Je l’arrête tout de suite, je la regarde froidement et droit dans les yeux comme je sais faire quand on me prend pour une conne « Vous avez raison Madame, il n’y a pas de confiance, mais juste de votre part et pas de la nôtre, dans de pareilles conditions, je ne souhaite pas travailler avec vous ni prendre votre commande, j’ai l’habitude de travailler en totale confiance avec mes clients, quand la confiance n’est pas au rendez-vous, ça n’est pas la peine et ça ne m’intéresse pas. Au-revoir Madame."

La Bouffonne reste coite. Droite comme un I elle prend racine au beau milieu de son foutoir et ne sait que répondre. Elle montre des signes d’énervement, s’agite de petits tics nerveux. Nous montons dans la voiture et ne parlons pas nous non plus, afin de ne pas rompre cet instant et en savourer toute l’intensité.

Ce n’est que quelques kilomètres plus tard que nous analysons la chose, on vient de paumer une commande….. et on éclate de rire !!!!

samedi 6 novembre 2010

La Bouffonne

L’endroit est sympathique même s’il fait un peu fouillis par endroits. On a du mal à imaginer un institut de beauté surtout quand on voit la vitrine ou s’étalent sacs, bijoux et objets baroques. A l’intérieur il y a même quelques vêtements, des vêtements qui semblent sortis d’un autre temps.

Elle nous accueille en souriant et nous lance un joyeux « non vous n’avez pas rendez-vous avec moi, c’est ma mère qui vous recevra mais je pense qu’elle a du oublier !!! » le décor est planté, au moins celle là elle ne triche pas et ça a le mérite d’être clair. Ca commence bien !!

On attend comme deux ronds de flan, on se regarde sans parler mais on se comprend.

Elle revient et nous dit « c’est bien ce que je pensais elle vous a oubliés mais bon ne vous inquiétez pas, elle arrive, elle termine son dessert.

Elle fait irruption comme par enchantement et nous lance à tue tête « ah bein vous tombez mal, j’ai mes enfants et petits enfants à la maison, ils sont venus déjeuner »…. On la regarde surpris, il faut dire que l’image est cocasse, elle semble sortie de nulle part et apparaît, tel un farfadet au beau milieu de la pièce où nous commençons à prendre racine.

La première chose que je remarque c’est sa tenue, elle a du l’avoir dans son magasin, sur elle ça fait pas vilain, ça suit bien avec le personnage, c’est pas un truc que je porterai, d’ailleurs j’ai jamais vu un truc pareil porté.

Elle nous sert la main, elle va nous recevoir, où on se met ? bein on reste là, elle dégage une table vitrine au beau milieu de la boutique et je dépose délicatement mes gommages, crèmes et autres sur le verre qui abrite des bijoux bien clinquants. « Installez-vous je reviens » et elle repart en direction de l’arrière boutique tel un serpent qui se glisse dans un sous bois.

On attend et ça dure. On chuchote tout bas. Je n’ai qu’une envie c’est de me tirer de là mais je ne peux pas, il faut apprendre la patience. Je pense juste que cette dame, malgré son âge avancé n’est pas très bien élevée.

Elle revient en se justifiant. « Excusez-moi, j’ai terminé mon dessert », décidément elle n’en finit pas avec son histoire de repas. « Allez-y, je suis à vous ».

Je commence mes habituelles explications ainsi que mes démonstrations. Je ne la trouve pas très assidue et tout à coup, en plein milieu d’une démo elle nous plante de nouveau « je reviens » nous dit-elle....ce qu’elle fait....,  5 bonnes minutes plus tard.... « je suis allée boire mon café, mes enfants ne vont pas tarder à partir »….. mon binôme lui lance hypocritement « ne vous inquiétez pas Madame, on sait ce que c’est »…..

Je suis plus qu’agacée, peut-être que ça commence à se voir parce que la Bouffonne semble prête maintenant à nous écouter jusqu’au bout..... mais ça c’est ce que je crois, car quelques minutes plus tard, elle va de nouveau nous laisser choir royalement pour aller dire au-revoir à ses progénitures qui vont ensuite défiler dans le magasin.

Une fois les salamaleks terminés, elle est enfin à nous. Elle semble être intéressée, elle veut les prix, rien que les prix, toujours les prix, alors les prix on lui donne, « chut « nous dit-elle, pas trop fort, il y a des clientes dans les deux cabines. Voilà qu’on se met à chuchoter. J’ai l’impression de préparer le complot du siècle, on doit être curieux à voir de l’extérieur.

Elle nous explique qu’elle prend bientôt sa retraite, que c’est sa fille (celle qui nous a accueillis) qui prend la relève et qu’elle est intéressée par nos produits. C’est la première parole que je trouve intéressante parce qu’entre le café, le dessert et les petits enfants, j’ai failli m’endormir !!!

Nos produits lui plaisent, elle craque sur les gommages et leurs odeurs exotiques, elle aime nos crèmes hydratantes, la crème pour les mains est trop douce, elle vient de l’essayer deux fois, et ça elle pourrait les revendre, tiens, ce conditionnement là est pratique pour la cabine…

Je propose de lui envoyer une offre et là elle me regarde et me dit avec assurance « une offre ? mais quelle idée, je vais commander tout de suite » !!! je reste coite et mon binôme vient tout de suite à mon secours. Il nous arrive de prendre des commandes sur place mais c’est plutôt rare, en général les commandes se font dans les semaines qui suivent nos déplacements.

Je sors mon carnet, ma calculatrice, mes prix et on y va. On prépare une commande sympa et on lui accorde même une petite remise supplémentaire puisqu’elle commande tout de suite.

Forcément tout ça marche trop bien, le hic n’est pas encore arrivé mais je le sens venir…. A grand galop…. Une fois que tout est signé elle nous assène un « je ne veux pas verser d’acompte, alors là il n’en n’est pas question….. « Bein écoute nénette c’est écrit dans nos conditions de vente alors tu vas pas nous prendre la tête non plus » !!!

Je laisse mon binôme en action sur ce coup là, après tout c’est sa partie, chacun sa merde…. Moi je me prends la tête sur la partie technique, les textures, les composants, à quoi servent les minéraux, non y a pas de conservateur, non Madame il n’y a pas de paraben c’est comme le port salut c’est écrit dessus…..

S’ensuit une discussion endiablée, la dame à la robe en forme de poire nous fait un exposé sur la confiance, on se croirait dans un amphi en train d’écouter les sornettes d’une illuminée.......« Ah vous savez j’ai du métier, je ne me laisse pas faire, puis je ne vous connais pas »…. Et patati et patata, la confiance ceci, la confiance cela…….. Tête de nœud, nous non plus on ne te connaît pas, qui nous dit que tu vas nous payer quand on livrera ta marchandise….puis c’est comme ça, c’est la règle, c’est pour tout le monde pareil, tu n’y échapperas pas !!!

Ces discussions stériles ont le don de m’énerver, j’ai presque envie de tout remballer et de me tirer, je boue à l’intérieur et surtout je ne comprends pas, c’est la première fois qu’on me prend la tête avec les conditions de paiement, jamais personne ne trouve à y redire, ce sont des conditions normales. Finalement au bout d’âpres discussions, la Bouffonne accepte nos conditions.

Trop beau pour être vrai, je sens que dans quelques instants elle va de nouveau se barrer en vrille et la suite ne se fait pas attendre…. voilà qu’elle embraye sur le mode de paiement, histoire de saborder un peu plus le truc,…… c’est dommage nous dit-elle d’un air moqueur….. ça serait bien pratique de payer par carte Bancaire.

Alors la ma cocotte tu vas être servie parce que la carte Bancaire on l’a !!! et hop prends toi ça dans les dents….. et oui on arrête pas le progrès, l’appareil qui te permet de régler avec ta petite carte magique on l’a, oui oui on l’a, ah ça t’en bouche un coin hein ? ….. sauf que l’appareil et bien… je l’ai oublié chez fiston, je l’ai laissé en charge et franchement je ne pensais pas en avoir besoin.

Bon c’est pas grave, on peut repasser demain matin parce qu’on a un rendez-vous dans la même ville et ça nous permettra de mettre la commande sur informatique, ça fera quand même plus pro……

Tu attends la suite ? bein je m’en vais chercher ce fichu appareil à CB que j’ai bêtement oublié et je te raconte après ok ?

dimanche 31 octobre 2010

Rencontre

Je rentre de tournée…. Mouahahaha, on a presque l’impression que je suis une vedette quand je dis ça…. En fait je parle de tournée commerciale mais vous l’aviez compris. C’était plutôt sympa parce que j’ai cumulé l’utile et l’agréable, nous étions chez fiston, Marianne est venue elle aussi nous rejoindre et on s’est retrouvés tous ensemble pendant quelques jours.

Même si on ne se voyait qu’au repas du soir, boulot de chacun oblige, ça a été vraiment chouette. Bon, dans un prochain post j’aurais une histoire de boulot à vous raconter, un drôle de zèbre qui nous a fait un coup d’enfer (oui oui je sais que t'aimes ça !!! ) mais pour l’instant j’ai le plaisir de vous informer que j’ai rencontré Heure Bleue.

Rencontrer une bloggeuse c’est quand même top. J’avais déjà vu Monette il y a quelques années et nous avons gardé des liens très forts. Bien sûr, maintenant que je suis en France et au fil de mes tournées de « star » j’espère bien pouvoir faire la connaissance de beaucoup d’entre vous.

Nous avions rendez-vous dans un Institut de Beauté de Caen et avant de rejoindre Honfleur où nous avions d’autres rencontres de prévues, nous avons fait un détour par le repaire d’Heure Bleue et de son Bibelot, alias Le Goût.

C’est une agréable maison qui leur ressemble, une bâtisse en pierre avec un petit terrain autour, une barrière en bois, des fenêtres à petits carreaux et un chat qui se sauve dès notre arrivée. Je ne sais pas pourquoi mais je ne suis pas dépaysée quand j’arrive dans la maison.

J’aime cet endroit qui vit et qui croule sous les jouets d’une Merveille qui est comme dans les écrits, une adorable coquine, encore bien plus belle que sur les photos.

Balagan se montre enfin, je me hasarde à quelques mots en hébreu mais elle se fiche pas mal de ce que je peux lui dire, elle miaule comme une perdue, tourne dans la maison, sort sur le perron pour faire sa loi et chasser un éventuel intrus et je ne peux m’empêcher de penser à Tel-Aviv parce que Balagan elle a bien la tête et la morphologie des chats de rue de là bas.

Des livres un peu partout, de jolis tableaux sur les murs, des journaux, des bols de ricorée, le décor est planté, je confirme nous sommes bien dans l’antre d’Heure Bleue et Heure bleue elle est comme dans son blog, authentique, elle ne triche pas, elle dit ce qu’elle pense et moi j’aime ça.

Nous allons passer un agréable moment dans leur cantine du coin. J’ai d’ailleurs mangé une crème de champignons du tonnerre, la première fois que je mange un truc aussi bon. Jules et le Goût sont face à face, (ils causent d’Israël, de politique, des vraies discussions de mecs.) Heure Bleue et moi nous revisitons des lieux de Tel-Aviv, des restaurants, des cafés…. Des endroits que nous avons connus, une vie que nous avons laissée là bas en suspend…. et qui ne reviendra pas…… Nous parlons de nos expériences respectives et nous nous trouvons un paquet de points communs. Et que dire de la Merveille, une Merveille qui fait de jolies phrases, ponctuées de « à priori » ou « en fait » une Merveille qui ne lâche pas son doudou et qui me dit calmement « un doudou ça ne mange pas !!! » quand je lui fais remarquer qu’elle va pouvoir lui donner à manger. Il ne faut pas lui raconter des sornettes à la Merveille, elle sait ce qu’elle veut et où elle va.

De retour dans la maison de pierre nous buvons un dernier café, il est déjà l’heure de partir et c’est dommage parce qu’on parlerait encore pendant des heures mais le devoir nous appelle. Je n’ai qu’un mot à dire, Heure Bleue et le Goût ils sont trop sympas et j’espère bien qu’on se reverra et d'ailleurs on se l'est promis.... alors ça se fera !!!

samedi 23 octobre 2010

Agence tous risques....

Elle n’a rien d’une Emma Eckert, ni sa beauté, ni sa grâce, ni son charisme ni même son intelligence. Elle descendrait plutôt de la droite lignée d’Olive, épouse de Popeye, pour le côté jambes maigres et arquées, avec une pointe de Bécassine pour ses tenues de chiffonnier et un soupçon de Folcoche pour son côté inhumain.

Je me demande encore comment elle a pu arriver à ce poste car ce ne sont ni son charme inexistant ni ses compétences en perpétuelles longue maladie qui ont pu l’amener là. J’ai beau chercher je ne trouve pas.

Elle a la tête de l’emploi et c’est certainement ce type de bonne femme qu’il faut à ce genre de poste. Le jour de la distribution des prix de sourire elle était absente. Le jour de la distribution du prix d’amabilité elle était malade et le jour de distribution des prix pour serviabilité elle a oublié de se présenter, ça tombe bien, elle n’était pas nominée. Finalement elle cumule tout contre elle et c’est ça qui doit plaire.

J’ai fini par la trouver pitoyable, j’aime les gens mais je n’aime pas la médiocrité et pour moi elle est vraiment en dessous de tout. J’aime les gens mais pas ceux qui font semblant et dans cet art elle excelle, je n’aime pas les gens qui ne suivent pas leurs dossiers et là aussi elle a la palme.

Répondre au téléphone elle ne sait pas, rappeler quand on lui laisse un message non plus. Elle a du mal à trouver le bouton réponse pour les Email et quand on souhaite un rendez-vous il faut s’armer de patience. Elle est débordée…..

La vérité c’est qu’elle ne sait pas gérer son temps ni ses priorités. Elle parle pour ne rien dire et sort des phrases stéréotypées, des phrases toutes faites qu’elle a du apprendre lors des diverses formations qu’elle a effectuées.

Quand je dois la rencontrer et que je la vois descendre l’escalier avec ses pantacourts bouffants sortis de nulle part ou ses jupes vaporeuses à volants, j’ai envie de pouffer de rire tellement elle semble ridicule. Franchement elle ressemble à rien… mais elle se croit importante parce qu’elle a son bureau là haut. Elle peut décrocher son téléphone et toiser les jeunes qui sont à l’accueil en bas, leur faire des remarques alors qu’ils sont mille fois plus compétents qu’elle. C’est ça le pouvoir, on peut faire n’importe quoi quand on est là haut.

Je suis arrivée au point de ne plus pouvoir la supporter. Au dernier rendez-vous j’ai cru que j’allais l’étrangler. Des gens qui ne connaissaient pas leur boulot j’en ai rencontré mais des comme elle c’est vraiment la première fois. Des gens de mauvaise foi j’en connais aussi, sur ce coup là, elle est dans le trio des médaillés et a loupé de peu la médaille d’or mais elle va certainement s’améliorer.

C’est devenu physique et quand j’ai quelqu’un dans le pif, ce n’est pas la peine d’insister, vaut mieux s’en aller. J’ai juste envie de lui dire que c’est une mal baisée et qu’elle ferait bien mieux de s’envoyer en l’air un peu plus souvent, ça lui donnerait le sourire et ça la décoincerait. Ca la rendrait plus agréable, plus humaine, plus souriante.

Oh mais je manque à toutes mes obligations, je vous présente ma conseillère, celle qui gère mes comptes , une personne sur qui on peut s’appuyer les yeux fermés ….. Quand on a besoin de rien !!!!

dimanche 17 octobre 2010

Clients mode d'emploi


Ca fait déjà 4 bons mois que je tourne maintenant pour le boulot et je peux te dire que je rencontre de tout. C’est assez plaisant finalement et la toute petite expérience que j’ai acquise me permet de savoir, dès le premier coup d’œil si le rendez-vous va bien se passer et au fil de l’entretien je sais si derrière il y aura commande ou pas. Attention, je ne te dis pas que je gagne à tous les coups, des fois je me plante magistralement, mais y a du progrès !!!

T’as le petit institut que je ne trouve pas très bien situé et qui pourtant tourne à plein régime. Le téléphone n’arrête pas de sonner et la patronne est toute seule pour tout faire. Elle bosse 6 jours sur 7 de 9 h30 à 19 heures avec interruption le midi et franchement elle assume. La jeune femme n’a même pas trente ans, elle est très avenante et nous accueille chaleureusement. Elle me plait tout de suite et je pense que c’est ça qui plait à ses clients aussi, elle est simple, pas de chichis, elle se prend pas la tête, on lui montre les produits, on lui fait des démos, on explique. Elle sait ce qu’elle veut, elle nous fait beurk quand on lui présente le jasmin parce que c’est une odeur qu’elle déteste et nous avoue qu’elle préfère les odeurs fruitées et gourmandes. Au bout d’une heure on repart avec promesse de commande, et 8 jours après on reçoit effectivement une commande.

T’as l’institut super guindé, déjà t’es stressée en y entrant. T’as rendez-vous à l’ouverture et là tu assistes à l’inspection du personnel avant l’arrivée des premières clientes. Les 5 esthéticiennes sont alignées et tu te demandes si tu ne te t’es pas trompée d’adresse et si tu n’es pas en train d’assister au défilé de Lagerfeld. Elles sont toutes blondes comme les blés, blondes pas naturelles, blondes décolorées, blondes méchées, coupes au carré ou coupes à la garçonne, tailles de guêpe, hyper bien maquillées, rien à jeter…. Toi t’es là en face et tu te sens tout à coup dans la peau de Lydie des hommes préfèrent les grosses !!! Le patron est très jeune, on dirait Steevy Boulay en moins drôle et plus coincé. Il leur donne les dernières instructions, il faut que le show soit parfait, le maître veille. Quand il daigne enfin s’occuper de toi, t’es déjà bien énervée alors tu laisses le Jules parler et tu en dis le moins possible parce que le steevy t’as envie de le baffer avec ses manières. Mais tu peux pas, tu dois faire bonne figure, c’est un client potentiel. Le Jules se débrouille comme un chef. Steevy écoute d’une oreille, il veille toujours autant les allées et venues des mannequins et par moment se lève quand une cliente vient pour prendre un rendez-vous, il se jette sur le téléphone et vole l’appareil à la blonde qui a déjà décroché. Autant te dire tout de suite que le Steevy m’est complètement antipathique, j’ai envie de lui demander si ça lui écorcherait la gueule de nous écouter ou s’il préfère que l’on se casse tout de suite….. Je suis soulagée quand on sort !!!!

Dans un autre style tu as Christiane, tu sais Christiane l’esthéticienne des bronzés. Là aussi elle est beaucoup moins drôle et au premier abord je sais que déjà ça va pas coller. Cricri elle t’annonce tout de suite la couleur, elle a 35 ans de métier et elle te fait comprendre qu’elle attend pas après toi. En même temps ça on le sait !!! Elle t’emmène dans un bureau guindé au dessus de la boutique et t’essaies de dérider l’atmosphère en lui disant que l’endroit est charmant, d’ailleurs tu le penses, tu aimes cet escalier ancien qui craque à chaque marche et les petites fenêtres qui laissent filtrer la lumière. Cricri est derrière son bureau, elle est droite comme un I et elle nous donne le top du départ. J’ai mon pied près de la jambe du Jules pour lui assêner des coups au cas ou ça n’irait pas. On fait notre démo sans fausse note, pour nous aussi tout est bien rôdé, on a jamais répété, tout se fait naturellement, la partie commerciale pour Jules, la partie technique pour moi….. Cricri fait la moue….. la Mer Morte et les bienfaits elle connaît pas ou alors de très loin mais elle a ses petites habitudes, pas envie de changer quoi que ce soit. Elle traque le moindre défaut qui pourrait désavantager le produit. Elle ne le trouve pas, on a réponse à toutes ses questions. Elle m’énerve mais elle m’énerve, j’ai envie de lui coller le pot de gommage au sel sur la tronche….. De guerre lasse elle nous répond qu’elle va réfléchir et que ce n’est pas la peine qu’on la recontacte, c’est elle qui s’en chargera. En général on sait bien que 9 fois sur 10 ils ne rappellent pas. Ceci dit on ne la recontactera pas non plus.

Je te garde le meilleur pour la fin…. la cerise sur le gâteau, alors celui là il faut que je t’en parle parce que tu vas le trouver très drôle. Il a un bel institut, balnéo, massage et tout le st Frusquin. Je le trouve un peu vide cet institut, peu de produits … ce qui fait que je ne peux même pas regarder avec quelles marques ils font les soins. T’es accueillie par une musique douce, dans un fauteuil ou tu t’endormirais presque surtout qu’il est tôt le matin et que t’es partie à l’aube. Il arrive en retard, c’est une de ses esthéticienne qui nous reçoit, elle est enthousiaste, elle aime nos produits, la texture, les odeurs, elle a entendu parler de la Mer Morte, elle connaît les bienfaits. Lui il arrive il casse un peu le truc, je me demande si il s’y connaît vraiment, si il a une formation en esthétique où s’il est simplement là pour la gestion des affaires….. quand je lui explique les différences de texture il dodeline de la tête comme si je lui parlais en hébreu. Alors parfois j’insiste comme si je devais le réveiller. Son équipière est tellement enthousiaste qu’on propose de lui laisser un produit pour essayer. Du coup, l’acolyte tend l’oreille, son œil s’arrondit et se met à briller de mille feux… oui bonne idée, il est d’accord pour essayer des produits mais il voudrait en essayer plusieurs, alors il fait son choix, parce que c’est sérieux l’histoire, il va nous commander toute la gamme… tout à coup il a plein d’idées, est ce qu’il peut prendre ça ? puis il voudrait la crème de jour aussi, (la crème de la marque la plus chère) puis il essaierait bien l’after shave pour homme, parce que avant de commercialiser faut bien tester quand même…..oh mais oui alors là c’est certain, à la fin du mois il nous passe une grosse commande…. il est tellement persuasif que le Jules se laisse embarquer et voilà notre bonhomme en train de faire son marché. Je suis méfiante, je le vois prendre les produits et tout à coup j’ai comme une espèce de vision, je sais qu’il est en train de nous mener en bateau. Une fois les produits embarqués, il abrège le rendez-vous car il en a soi-disant d’autres derrière. Il tient les paquets serrés entre ses bras, de peur que l’on ne change d’avis et il demande à sa collègue de nous raccompagner.

En sortant je dis à Jules que c’est fichu. Bien sûr le Jules est certain du contraire, il me dit que je suis trop pessimiste comme à mon habitude. Je lui fais part de ce que j’ai ressenti quand j’ai vu le mec s’accaparer les produits. Le jules rigole, j’ai une chance sur deux. Bingo, deux mois plus tard, après qu’il nous ai fait tourner en bourrique plusieurs fois, qu’il nous ai fait faire un tas de paperasse et devis en tous genre, le gars nous annonce qu’il ne commandera pas, les produits sont bons mais il a eu une autre proposition plus alléchante. Son esthéticienne est très embêtée et ne sait quoi dire…..elle sembe gênée....

 A mon avis il est coutumier du fait, il doit faire ça à beaucoup de représentants. Grâce à lui on décide de ne plus laisser de produits à tester aux clients, ou alors exceptionnellement, vraiment quand on le sent. Du coup j’ai gagné mon pari, j’en étais sûre à 120 %.

J’en ai encore plein en stock des comme ça, mais je vais pas t’embêter non plus…. Bon bein si t’aimes bien tu me le dis et de temps en temps je ferais un petit billet spécial….. Je te rassure quand même, il n’y a pas que des mauvais côtés, on fait de belles rencontres aussi…

Bien sûr j'aime mes produits, je les connais par coeur et je sais qu'ils marchent, je les vendrai les yeux fermés..... je dis juste tant pis pour ceux qui ne veulent pas tenter.


lundi 11 octobre 2010

Tous les matins d'Ysa


Toute ressemblance avec une personne ou une situation existante ou ayant existé ne saurait être que fortuite !!!

dimanche 3 octobre 2010

Errances nocturnes


Il fait nuit claire, j’aperçois la lune à travers les rideaux, elle semble me regarder, du coup je la regarde moi aussi. Tout est calme, je cherche le sommeil et bientôt je m’y enfonce tout doucement lorsqu’un mouvement dans la pièce attire mon attention. J’ouvre les yeux et là, horreur, je vois un espèce de serpent se glisser vers Jules, il est énorme, affreux, effrayant, je le reconnais, c’est le Basilic, celui qu’Harry Potter traque sans relâche dans les fins fonds de Poudlard mais celui là se singularise parce qu'il a un bandanas autour du cou !!!

Je suis tétanisée et je le fixe, son œil s’arrondit et sa pupille se dilate, il est juste au dessus de Jules maintenant et je suis prête à l’intercepter, je me dis que je vais le choper par le cou et l’étrangler avec son stupide bandanas.... je me dresse et …. Comme par enchantement il disparaît.

Je regarde partout, il n’est pas sous le lit, il n’est pas scotché au plafond non plus, j’écoute et guette les moindres bruits de la chambre mais à part les ronflements de Bamba et ma respiration saccadée je n’entends rien. Je me dis que c’est encore un de ses cauchemars

Et ça fait la deuxième fois cette semaine alors que je n’en faisais plus. Il y a quelques jours c'était une tête d’homme qui se glissait vers le Jules, (décidément le pauvre, c’est toujours vers lui qu’une main malveillante se dresse pour l’attaquer) une tête bien ronde avec pour corps de la fumée, une fumée aux tons noirâtres en forme de tourbillon ….. cette tête était singulière, cheveux noirs très courts, peau légèrement basanée, l’œil vitreux, la bouche tombante et violette,  elle s’approchait de Jules en petits mouvements,  prête à le mordre…..et le scénario se reproduit, je me réveille, j’ai les yeux bien ouverts, Je me dresse doucement dans le lit, je fixe la tronche, nous sommes œil à oeil, je suis morte de trouille mais je fais la caïd, ça dure trois secondes et hop, la tête disparaît, j’suis trop forte, j’suis trop forte je te le dis !!!

Bon j’ai pensé que j’avais pt’ête bein abusé des huiles essentielles, ou que j’avais bu trop d’herbes diverses et qu’il fallait que je ralentisse un peu ma consommation, que je diffuse moins de plantes dans la maison….. (et je te raconte même pas, je viens de me commander un P….. de diffuseur zen chez mon pharmacien préféré, un truc super qui fait le bruit de l’eau avec de la lumière et tout….. promis je te le montrerai). Alors je réfléchis et réfléchis encore, j’ai pas bu de coca, j’en bois plus…. J’ai pas abusé de plats en sauce je suis au régime, je ne souffre pas de délirium tremens, je ne bois jamais d’alcool….

Plus qu'une solution, j'ai une araignée au plafond, je deviens zinzin, j'suis pas nette quoi !!!

Si tu me suis depuis longtemps et que t’es une fidèle parmi les irréductibles qui restent (bein oui y en a des qui sont parties)  tu vas te remémorer l’épisode ICI, lorsque je vivais encore en Israel.

EUREKA,  j’ai trouvé le coupable….. et je vous présente dans le rôle du perturbateur "les antibiotiques" !!! je t’explique, j’ai une vilaine râge de dents qui s’est déclenchée dimanche dernier, dentiste en urgence, il m’a filé des antibiotiques et j’ai rendez-vous la semaine prochaine pour dévitaliser ce vilain croc qui m’a tant fait souffrir (trois nuits sans dormir t’à qu’à voir !!!)

Donc tout est clair, le Basilic et le mec en fumée et bien ce n’est que l’effet de mes cachetons, ….. ouf, me voilà rassurée,  je suis saine de corps et d’esprit…… quoi que…..

mercredi 29 septembre 2010

Un cht'io coup

Quelque part entre Armentières et Lille, dans un village dont je n’avais jamais entendu le nom, nous déambulons à la recherche d’un endroit où nous pourrions boire un café. Il est 10 heures 30, nous avons quitté la maison tôt ce matin, levés depuis 6 heures, un rendez-vous déjà d’assuré, il est bon de pouvoir prendre un petit remontant avant de poursuivre vers Lille et Villeneuve d’Ascq ou d’autres rendez-vous nous attendent.

Les cafés sont soit fermés soit un peu limite et je ne veux pas m’y aventurer, force est de constater que dans ces villages le choix est vite restreint et c’est mission impossible d’éviter le troquet du coin.

Jules a terriblement envie de son expresso alors je me laisse embarquer dans un espèce de café/tabac/PMU, un truc que rien que tu passes devant t’as déjà pas envie d’y entrer.

Quand nous franchissons la porte, 8 paires d’yeux nous dévisagent, un silence éphémère envahit la pièce et nous nous asseyons bien vite à la première table près de la porte. Les conversations reprennent et j’ai tout loisir de « zieuter » comme j’aime le faire. Ici pas besoin de tendre l’oreille, tout le monde peut entendre ce qui se dit.

Le patron est un grand sec, cheveux grisonnants, lunettes et pullover près du corps, il discute avec Trois acolytes accoudés au zinc qui sifflent des verres de bière à grande vitesse. Ils ont le teint bien échauffé et on ne peut pas mettre cela sur le compte du froid parce que ce jour là, le soleil perce à travers les nuages et la température est plutôt douce.

A la table derrière nous, c’est un ballon de gros rouge qui accompagne un petit monsieur d’un certain âge qui dévore la voix du Nord avec entrain. Il tourne et retourne les pages, lève parfois la tête et acquiesce à la conversation des trois loustics en s’autorisant même de petits commentaires.

Au fond, un peu plus en retrait, deux ouvriers sortis tout droit de germinal refont le monde à coup d’absinthe. Ils nous jettent de furtifs regards et continuent leur conversation. Si l’on ne parle pas le cht’i, c’est peine perdue, on ne comprendra rien.

Mais c’est elle qui capte le plus mon attention, elle s’affaire côté cigarettes, c’est elle qui fait la vente et enregistre les tickets de loto. Quand il n’y a personne, elle rejoint le patron derrière le comptoir pour discuter avec le trio, ranger les verres, et essuyer le bar. Elle a tout d’une Madame Claude sur le retour et c’est dommage parce que son maquillage outrancier gâche les traits de son visage qui est plutôt joli, ses cheveux sont trop blonds, un blond à la Marilyne mais qui ne sied qu’à Marilyne et qui sur elle prend des allures plus que vulgaires. Son legging noir dessine des formes plus que pulpeuses et son petit pull en V trop serré laisse entrevoir une opulente poitrine qui risque à chaque instant de prendre la poudre d’escampette.

Un homme fait son entrée, journal sportif sous le bras, il est petit et trapu, un peu plus jeune que les autres et visiblement plus malin. Il est attendu de pied ferme par les mousquetaires qui lèvent les bras au ciel de soulagement quand il fait son entrée, il était temps qu’il arrive, ils n’attendaient plus que lui. On dirait une sorte de chef parce que lorsqu’il parle, la bande boit ses paroles. C’est certainement un habitué parce qu’il n’a pas besoin de commander, son café est prêt avant même qu’il ait posé le pied sur le rebord du comptoir. Il entame la discussion et il mène la danse, même le patron s’est rapproché pour pouvoir discuter…son auditoire taperait presque des mains à chaque mot qu’il prononce et c’est assez amusant à regarder.

Je capte des bribes de phrases de ci, de là…..

- j’éto chez l’véto avec l’kien (j’étais chez le vétérinaire avec le chien)

- J’vais acater l’pain et j’retourne (Je vais acheter le pain et je reviens)

- T’as allumé tein feu ?

- L’est ric et rac, l’a pas touché eusse quinzaine (il est fauché, il n’a pas touché son salaire)

- L’est fin bieau mais l’est coureux cht’homme là….. (c’est un bel homme mais il n’est pas fidèle)

Elle vaque toujours à ses occupations, fait les allées et venues entre le bar et son coin tabac et comme tous les autres jette de temps en temps un œil vers notre table. Il faut dire que l’on dénote beaucoup dans ce décor. J’ai l’impression d’avoir fait une sorte de voyage dans le temps….. on est bien loin des cafés animés de de la plage de Tel-Aviv où on se prend des petits déjeuners sucrés/salés, face à la Mer, planqués sous les parasols pour éviter la chaleur déjà bien présente le matin….

Ici c’est tout simplement….. Bienvenue chez les cht’is….